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Les langues étrangères à l’école

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« Rien ne sert de courir, il faut partir à point ! ». L’Algérie semble suivre ce conseil de La Fontaine devenu proverbe français. 64 ans après l’indépendance, la langue française, introduite en 1830 par l’armée coloniale, poursuit méthodiquement sa « marche de l’écrevisse ». Samedi dernier, au cours de la conférence nationale annuelle de préparation de la prochaine rentrée scolaire (2026-2027), notre ministre de l’Éducation nationale, Mohammed Seghir Saâdaoui, a annoncé la décision souveraine de l’Algérie de « programmer la langue anglaise en 3e année primaire et la langue française à partir de la 4e année primaire, aux côtés de l’anglais ». Il a également annoncé « le renforcement du volume de l’enseignement de la langue anglaise, notamment dans les spécialités techniques ». Le cycle primaire comprenant 5 années, l’enseignement du français débutera deux années avant le début du secondaire. Tandis que l’enseignement de la langue anglaise est avancé d’une année. Il est clair que cette primauté de l’anglais est également la place qu’elle occupe, mondialement, en sciences et en technologie. En effet et à quelques exceptions près, tout se fait en anglais dans le monde entier. Notamment dans la recherche scientifique, dans les laboratoires de l’informatique et ceux de la médecine. Enfin et dans ce contexte, le français devient une langue « morte ». C’est ce que l’administration coloniale disait de la langue arabe durant ses 132 années d’occupation de notre pays. Jusqu’en 1962, l’arabe était considéré comme langue étrangère en Algérie, terre d’Islam, et son enseignement débutait en 1ère année du cycle moyen si l’étudiant en faisait le choix. Il est vrai qu’à l’époque l’immense majorité des enfants scolarisés étaient de nationalité française. Les enfants algériens, pour ceux qui, par miracle, résidaient aux abords des villes étaient scolarisés, ne dépassaient pas la classe de « fin d’études ». Elle portait bien son nom. Après le cours préparatoire, élémentaire et moyen, seuls les enfants européens étaient admis à poursuivre leurs études secondaires et supérieures. Ce n’est qu’après la Seconde Guerre mondiale qu’un certain assouplissement de la mesure a été introduit. L’annonce de samedi dernier par Saâdaoui ne constitue pas encore tout à fait « la réponse du berger à la bergère ». En réalité, l’enseignement de l’anglais s’impose dans une Algérie qui progresse à grands pas. Les secteurs les plus stratégiques nécessitent la maîtrise de la langue de Shakespeare. Les nouvelles technologies. Toutes les recherches dans tous les domaines. Les investissements directs étrangers (IDE) sont favorisés par l’usage courant de l’anglais. L’Algérie ne pouvait se priver plus longtemps de la langue dominante à l’international. Depuis la dernière rentrée universitaire (2025-2026) la médecine est enseignée, chez nous, en anglais. Les médias français ont, dès hier, réagi très vite à la mesure en poussant des cris d’orfraie. Réveillez-vous chers voisins ! L’Algérie de papa c’est fini. Il s’agit de l’école algérienne !
Zouhir Mebarki

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