FAMINE

L’ONU SUR LES OBJECTIFS DE DÉVELOPPEMENT DURABLE : « La pandémie a eu un impact supplémentaire et profond sur la faim et la sécurité alimentaire »

La pandémie de COVID-19 a fait reculer des années, voire des décennies, de progrès vers les objectifs de développement durable (ODD), selon un rapport récent de l’ONU. Alors que la faim dans le monde était en hausse avant la pandémie, le document, rappelle que si en 2014, ils étaient 628 millions de personnes souffrant d’insécurité alimentaire, en 2019, ils étaient plus de deux milliards de personnes, enregistrant depuis une hausse, avec l’impact de la pandémie mondiale de la Covid-19, qui perdure.

Les effets de la pandémie ont inversé une grande partie des progrès réalisés dans « la réduction de la pauvreté », et l’extrême pauvreté mondiale « a augmenté en 2020  pour la première fois depuis la fin des années 1990 », selon le rapport publié mardi. Même avant la pandémie, le monde n’était pas sur la bonne voie et n’avait pas réussi à enraciner une cadence soutenue en matière de lutte contre les raisons à l’origine de la faim et la pauvreté, notamment la disparité existante entre les pays riches et pauvres, éloignant davantage les possibilités d’atteindre l’objectif de mettre fin à la pauvreté d’ici 2030. Sur la base des projections actuelles, le document fait état, d’un « taux de pauvreté mondial qui devrait être de 7 % (environ 600 millions de personnes) en 2030 », ratant ainsi l’objectif d’éradiquer la pauvreté, ODD1. Les conséquences de la pandémie mondiale de la Covid-19 sur les pays pauvres étant gravissimes, la pandémie «  a eu un impact supplémentaire et profond sur la faim et la sécurité alimentaire » note le rapport de l’ONU. Impact supplémentaire déclenché, rapporte la même source « par des perturbations dans les chaînes d’approvisionnement alimentaire, des pertes de revenus, l’aggravation des inégalités sociales, un environnement alimentaire modifié et des hausses de prix ». Les rédacteurs du document estiment de 83 à 132 millions de personnes supplémentaires dans le monde « sont susceptibles d’avoir souffert de la faim à cause de la pandémie», selon le rapport sur les objectifs du développement durable 2021. Indiquant que la pandémie « a interrompu les services de santé essentiels et posé des menaces majeures pour la santé au-delà de la maladie elle-même », une décennie de progrès en matière de santé en général, et celle maternelle et infantile « pourrait être bloquée ou inversée », selon le rapport. « La COVID-19 a anéanti 20 ans de gains en matière d’éducation » avec, selon le document onusien « 101 millions d’enfants supplémentaires de la 1re à la 8e année tombant en dessous des niveaux minimum de compétence en lecture en 2020 ». Après un an du début de la crise, « deux élèves sur trois étaient encore touchés par des fermetures totales ou partielles d’écoles », « les enfants les plus pauvres et les plus vulnérables font les frais de la crise sanitaire » en plus des crises économiques, de violences et des conflits. La pandémie affirment les rédacteurs du rapport onusien a « exacerbé les inégalités de longue date et beaucoup risquent de ne jamais renouer avec l’école », des enfants contraints à travailler et donc exploités. La pandémie exacerbe les inégalités existantes à l’intérieur et entre les pays et « frappe durement les personnes les plus vulnérables et les pays les plus pauvres », et selon les estimations, « COVID-19 devrait augmenter de 6 % l’indice moyen de Gini, qui mesure les inégalités de revenus, pour les pays émergents et les pays en développement ». Le document fait état que malgré un ralentissement économique lié à la pandémie, la crise climatique se poursuit sans relâche. Une réduction temporaire des activités humaines « a entraîné une baisse des émission s », cependant, poursuit-on « les concentrations de gaz à effet de serre ont continué d’augmenter en 2020, atteignant de nouveaux records ». L’année 2020 fut l’une des trois années les plus chaudes jamais enregistrées, avec une température moyenne mondiale d’environ 1,2 degré Celsius au-dessus des niveaux préindustriels. La biodiversité est en déclin et les écosystèmes terrestres se dégradent à un rythme alarmant, selon le rapport. Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres, dans l’avant-propos du rapport, s’est dit « préoccupé par les tendances » et le sous-secrétaire général de l’ONU aux affaires économiques et sociales, Liu Zhenmin, a déclaré que « des changements transformationnels sont nécessaires et que les ODD fournissent la feuille de route ». Il s’agit notamment de renforcer considérablement « les systèmes de protection sociale et les services publics », «  accroître les investissements dans la science, la technologie et l’innovation; », «  créer un espace budgétaire dans les pays en développement; adopter une approche d’économie verte et investir dans l’énergie et l’industrie propres » et a insisté sur « la transition vers des systèmes alimentaires durables »
Karima B.