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LES OPÉRATIONS SONT EN COURS DANS LES PHARMACIES : Les compléments alimentaires sous contrôle désormais

Les autorités semblent décidées à mettre un terme à l’anarchie dans la vente des compléments alimentaires qui est devenue depuis quelques années une tendance commerciale aux risques majeurs sur la santé publique et la sécurité sanitaire, suite aux campagnes publicitaires ayant envahi nos écrans et diffusées à longueur de journée par l’ensemble des chaînes de télévisions.

Des opérations de contrôle de ces produits, vendus en pharmacies, sont en cours, sur l’ensemble du territoire national passant ainsi au crible toutes les marques proposées à la consommation dont la plupart pourraient être même nocifs pour la santé. Un comité de contrôle mis en place par les autorités veillera à ce que la vente des compléments alimentaires soit réglementée. Il faut savoir que ces produits échappent aux règles de la « pharmacovigilance », la surveillance et le suivi des autorités sanitaires spécialisées après leur mise en vente, notamment par les circuits de l’informel sur le marché. La production de ces compléments alimentaires ne suit aucun résultat d’étude clinique, et peuvent avoir plus d’effets indésirables que bénéfiques. Dans ce sens, le vice-président du Syndicat national algérien des pharmaciens d’officine (Snapo), Karim Merghemi, avait appelé les autorités sanitaires « à reprendre en main ce marché», soulignant que suite à l’avènement de la pandémie de la Covid-19, les compléments alimentaires produits localement ou importés, sans aucun accompagnement ni surveillance de ce processus. De son côté, le représentant de l’Association de protection des consommateurs, Tamim Fadi, avait indiqué que « les lois algériennes doivent être actualisée afin de mettre fin à l’usage abusif et non contrôlé de ces compléments alimentaires ». Face à la vente non réglementée de ces produits, leur consommation en dehors de tout contrôle, médical et autres, est porteuse de risques sur la santé, notamment, d’insuffisances rénale et hépatique et autres pathologies, qui « sont élevés », avait-il averti. Le 20 novembre dernier, le ministre de l’Industrie pharmaceutique, Ali Aoun, avait annoncé la mise en place prochaine d’un texte réglementaire régissant la filière des compléments alimentaires pour un meilleur encadrement de ces produits. Selon le ministre, il y a « actuellement » un décret en préparation pour réglementer ces produits soulignant que ça va être une réglementation très stricte car des agréments pour la production de ces compléments alimentaires seront imposés et qui seront régis comme les médicaments.
Le même responsable avait révélé, dans le même contexte, la suspension des spots publicitaires de ces produits, notamment sur les chaînes de télévision. Il est à rappeler, qu’en févier dernier, le ministère du Commerce avait annoncé l’interdiction de vente de 20 compléments alimentaires, testés en laboratoire nocifs pour la santé du consommateur et contenant des constituants non déclarés dans la composition. Selon le ministère, les analyses de laboratoire menées par les parties compétentes sur une variété de compléments alimentaires ont démontré que certains contenaient des composants chimiques utilisés dans l’industrie pharmaceutique, consistant essentiellement en des médicaments utilisés comme traitement de l’impuissance sexuelle, déconseillés sans l’avis d’un spécialiste, car contenant des constituants non déclarés dans la composition de ces produits.
À cet effet, le même département avait mis en garde les consommateurs contre ces produits non sûrs et dont la consommation pourrait représenter un danger pour leur santé, les incitants à les boycotter. Il avait également informé les commerçants de détail et de gros et ceux concernés par la production et l’importation de l’interdiction totale de proposer ces produits à la vente ou de les commercialiser pour un quelconque motif, en sus de l’interdiction de leur stockage en dépôts.
Ania Nch