Tout le monde sait que les diplômes ouvrent les portes d’un avenir radieux pour celles et ceux qui les décrochent. Notamment sur le marché du travail. À cela il faut ajouter le bénéfice de la grâce que le président de la République accorde aux détenus qui obtiennent le BEM ou le Bac ou un diplôme professionnel. Mercredi dernier, un communiqué de la Présidence nous a appris que « le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, a signé un décret présidentiel portant mesures de grâce au profit des détenus admis aux examens du Brevet d’enseignement moyen (BEM) et du Baccalauréat, ainsi qu’à ceux ayant obtenu un diplôme dans l’un des différents modes de formation professionnelle (FP) et des métiers au titre de l’année scolaire 2025-2026… Près de 5 000 détenus de différentes catégories et de divers modes sont concernés, cette année, par ces mesures de grâce présidentielle ». Certes mais certains pourraient dire que l’évènement n’a rien de nouveau. C’est vrai ! Sauf que l’aspect le plus important est dans l’objectif d’une telle mesure. Est-il atteint, en voie de l’être ou pas du tout ? Pour le savoir, il faut remonter le temps. Une précision s’impose, les mesures de grâce ne sont pas uniformes pour tous les lauréats. De nombreux autres critères, prévus par la loi, entrent en jeu et qu’il serait trop long d’étaler ici. Cependant, un indice permet d’avoir une réponse. Celui des détenus inscrits aux cours. Cette année, ils étaient 5.181 inscrits à l’épreuve du BEM alors qu’ils étaient, en 2020, 3 861. Pour le Bac, ils ont été 6.100 détenus à avoir été candidats alors qu’ils étaient 4 647 en 2020. Plus de 74.000 détenus ont participé à des programmes de F.P alors qu’en 2020, ils étaient 41 284. Rappelons qu’il ne s’agit pas des lauréats mais ceux et celles qui, parmi les détenus, étaient inscrits aux cours et qui ont passé les épreuves du BEM, du BAC et aux différents diplômes de la F.P. L’évolution du nombre de détenus, hommes, femmes et mineurs qui se lancent à la conquête du savoir est réelle. Comme est réel l’effet de la grâce présidentielle sur cette évolution. Inutile de préciser que la réinsertion d’un détenu muni d’un diplôme est plus assurée que pour celui qui n’en possède pas. Une finalité qui permet de dire que l’objectif de cette mesure de clémence du Chef de l’État est doublement atteint. D’abord elle participe à la lutte contre la délinquance sous toutes ses formes dans notre pays. Ensuite, elle suscite un double espoir auprès des détenus qui finissent par intégrer que le savoir est une clé de réhabilitation. Enfin, avec son diplôme le détenu recouvre sa dignité avant d’être rendu à la vie civile. Assurément, les bienfaits de la grâce sont incontestables. Pour être complet, il est nécessaire de préciser que la grâce présidentielle n’est pas systématiquement accordée aux détenus. Les articles 4 et 5 du décret présidentiel n° 26-259 du 20 juillet 2026 énumèrent les cas d’exclusion du bénéfice de la grâce. L’intérêt général comporte des lignes rouges !
Zouhir Mebarki










































