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L’association française des conducteurs sur la loi ZFE : «Elle rallume la mèche d’un mouvement populaire  »

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Le gouvernement lors du vote final sur la loi de simplification économique, hier tente «une manœuvre de dernière minute pour sauver les zones à faibles émissions (ZFE) ». 

Pour l’association des conducteurs en France, pays comptant plus de 40 millions d’automobilistes «en proposant de laisser le choix aux collectivités locales, l’exécutif espère contourner la suppression déjà votée par le Parlement ». Après le vote clair des députés et sénateurs en faveur de la suppression totale des ZFE, le gouvernement, par un amendement surprise, passé au vote, hier, à l’assemblée « veut déléguer aux maires et présidents d’intercommunalité la responsabilité d’instaurer ou non ces zones et leurs restrictions de circulation».

 « Les ZFE frappent d’abord les ménages modestes »

« Une façon de se défausser tout en maintenant une mesure jugée punitive par des millions de Français ». Pour les millions d’automobilistes opposés à cet amendement, soumis hier, au vote des parlementaire c’est  « c’est la goutte de sans-plomb qui fait déborder le réservoir » et l’association des automobilistes et les opposants à cette mesure « ne décolèrent pas » selon les médias locaux. La Ligue de défense des conducteurs, qui a recueilli près de 100 000 signatures en deux semaines sur sa pétition « Supprimez les ZFE ! », dénonce une stratégie déjà vue avec les 80 km/h ou les radars urbains : « Cette manœuvre permet à l’État de se défausser sur les territoires tout en maintenant des mesures impopulaires ». L’association 40 millions d’automobilistes renchérit : les ZFE frappent « d’abord les ménages modestes, ceux qui n’ont pas les moyens d’acheter un véhicule neuf et dépendent pourtant de leur voiture au quotidien ». Son président, Philippe Nozière, juge « incompréhensible » de relancer le débat. lundi dernier, sur Sud Radio a affirmé : « C’est une déclaration de guerre aux automobiles ».

« Une exclusion sociale pure et simple »

 Pour beaucoup d’automobilistes, l’argument économique est ici central tandis que le pouvoir d’achat des français est en berne. Alors que le prix de l’essence et du diesel flambe, interdire aux véhicules Crit’Air 3, 4 ou 5 l’accès aux centres-villes revient, pour beaucoup, « à une exclusion sociale pure et simple ». Pierre Chasseray, de 40 millions d’automobilistes, promet « des lendemains qui déchantent si l’exécutif s’obstine ». Déclarant « la goutte de trop », qui pourrait bien, avertis-t-il de «rallumer la mèche d’un mouvement populaire comme celui des Gilets jaunes » en 2018. À quelques heures du vote, la fébrilité règne au sein de la majorité. L’amendement de compromis vise à éviter le rejet pur et simple du texte de simplification économique, mais rien n’est acquis et l’exécutif joue gros à un an de la présidentielle.

R. I.

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