La visite de MBS prend fin sans aboutir à des accords de partenariat entre l’Algérie et l’Arabie saoudite : Où sont les 10 milliards usd promis par les Al Saoud ?

La visite du prince héritier saoudien, Mohamed Ben Salmane, s’est achevée discrètement, tranchant net avec l’annonce qui a été faite tambour battant, soulevant au passage polémiques et débats.

Après deux jours passés à écouter et à proposer, MBS a clôt sa visite sans la couronner par la signature d’accords de partenariat entre l’Algérie et l’Arabie saoudite, même si des projets et des promesses d’investissement ont été avancés.
Le périple algérien de MBS lui a été bénéfique sur le plan politique, puisqu’il lui aurait permis de sortir de son isolement international, tout en démontrant sa capacité d’être encore «recevable» dans le monde arabe et musulman, après le scandale planétaire de l’assassinat du journaliste Khashoggi.
L’Algérie s’est est sortie aussi indemne d’une visite minée. Quelques jours seulement avant de recevoir le dignitaire saoudien, elle a diffusé un communiqué qui dénonçait clairement et condamnait sans appel le crime commis. À partir de là, la visite prenait pour l’Algérie une tournure économique et d’intérêts, limitant les controverses soulevées à leur plus basse échelle. Malgré une importante délégation d’hommes d’affaires qui l’accompagnait, MBS n’a pas sorti le chéquier, préférant sans doute jouer au politique aguerri et non plus au financier prodigue. Cette rencontre entre les dirigeants et les hommes d’affaires des deux pays censée constituer une occasion pour la signature des accords, a été réduite à l’inauguration de cinq (5) projets de partenariat avec quatre sociétés saoudiennes.
Un communiqué commun a été accouché au forceps, sans laisser transparaitre de grands projets en commun : «Dans le cadre des relations de fraternité privilégiées et des liens historiques solides liant la République algérienne démocratique et populaire et le Royaume d’Arabie saoudite, et conformément aux orientations de son excellence le président de la République, Abdelaziz Bouteflika et son frère, le Serviteur des deux Lieux Saints de l’islam, le Roi Salmane Ben Abdelaziz Al Saoud, il a été convenu de créer un Haut conseil de coordination algéro-saoudien…”, a indiqué un communiqué du ministère des Affaires étrangères.
L’Algérie n’a pas manqué de dire tout haut ce qu’elle pensait du volume insignifiant des échanges commerciaux entre les deux pays, qui s’établit à quelque 500 millions de dollars. Il s’agit en effet des chiffres qui ne traduisent pas fidèlement les expressions incluses dans le communiqué, ils suscitent en revanche des interrogations sur les recommandations faites lors de la 12ème session de la commission mixte algéro-saoudienne, tenue en février 2017 à Alger.
À cette occasion, rappelons-le, les deux parties se sont quittées sur la promesse de création de nombre de projets pour un montant de 10 milliards de dollars. Mais, aucun de ces projets n’a été lancé et rien ne préfigure qu’ils le seront dans le court terme.
I.M. Amine

Il accuse MBS d’avoir plongé l’Algérie dans une récession financière en baissant les prix du baril
Le reproche de Makri
Le président du Mouvement de la société pour la paix, Abderrazak Makri, a reproché aux dirigeants algériens d’avoir reçu le prince héritier saoudien, Mohamed Ben Salmane. « Ceux qui lui (MBS) ont déroulé le tapis rouge ne se soucient point de l’Algérie”, a lâché le président du MSP. « Nos dirigeants ont détruit l’économie du pays et après que Ben Salmane ait plongé le pays (Algérie) dans une crise financière en baissant les prix du pétrole en réponse aux injonctions de Trump, et ont fini par perdre la « virilité algérienne » en acceptant d’être indemnisés par le tueur des enfants du Yémen avec des dollars qu’il a mal acquis, soit dans le pillage des richesses de la péninsule arabique après avoir emprisonné des hommes libres et tué ses propres concitoyens”, a-t-il posté sur son compte facebook.
R.S.