Libye

LA PAIX CHEZ NOTRE VOISIN LUI VAUDRA 30 MILLIARDS DE DOLLARS DE DIVIDENDES D’ICI 2025 : Le pari gagné de l’Algérie en Libye

Dans une étude de 50 pages publiée hier sur son site web, intitulée « Bénéfices de la paix en Libye : pays voisins et au-delà », la Commission économique et sociale des Nations unies pour l’Asie occidentale (CESAO) a mis le focus sur potentiel de l’économie libyenne et, si peu que la paix dure, ses incidences bénéfiques, dans les court et moyen termes, sur les économies de la région. Au-delà des retombées du facteur stabilité sur la sécurité dans le voisinage, le processus de la reconstruction de la Libye reviendra gagnant non seulement pour les Libyens, mais aussi pour les pays immédiats. L’Algérie y compris, elle qui a donné tout récemment un nouveau souffle à la coopération économique avec son voisin de l’Est.
En effet, selon ce rapport onusien, la paix en Libye, si peu qu’elle soit maintenue et que le processus de stabilité suit son cours, aura un énorme apport en termes de gains économiques, aussi bien pour la Libye que pour ses pays voisins. Cette étude, basée sur des indicateurs macroéconomiques de la Libye et les perspectives de son économie à l’horizon 2025, montre que trois pays voisins auront fort à bénéficier des dividendes du facteur paix. Ainsi notre pays qui a eu récemment le privilège d’abriter le Forum économique algéro-libyen, lequel s’est soldé par la conclusion de plusieurs accords de coopération, est cité dans ce rapport comme étant le deuxième, après l’Egypte, à pouvoir tirer une bonne part des dividendes, à raison de 30 milliards de dollars d’ici 2025. Quant au premier, l’Egypte aura à gagner jusqu’à 100 milliards USD, la Tunisie 22 milliards USD et, enfin, le Soudan (10 milliards USD). Tout compte fait, la paix en Libye est pourvoyeuse au cours des 4 prochaines années d’un jackpot de 162 milliards USD.
Cette étude, qui met en évidence l’ « évolution de positive » que connaît la Libye, se traduira par « une croissance économique et une augmentation des investissements et de la création d’emplois en Libye et dans ses pays voisins, notamment l’Égypte, la Tunisie, l’Algérie et le Soudan », pouvait-on retenir dans l’introduction du document. Partant du fait que la Libye est remise sur les rails de la stabilité et du processus d’édification de ses propres institutions, le document onusien a mis le cap sur la prochaine étape. C’est-à-dire, « la réalisation de la paix en Libye lancera, en effet, des efforts de la reconstruction dans le pays, ce qui contribuera à relancer les économies des pays voisins compte tenu de leurs liens économiques forts avec l’économie libyenne ».
Ces perspectives prometteuses sur le plan économique semblent ne pas échapper à l’Algérie qui, lors du Forum économique entre les deux pays organisé fin mai dernier à Alger, a convenu avec son voisin de relancer les accords déjà conclus et en a projeté d’autres visant l’accompagnement des autorités dans la reconstruction de la Libye. Ceci sur le plan économique, alors que le volet échange commercial a débouché sur la réouverture prochaine du poste frontalier terrestre Debdeb-Ghadamès.
Par ailleurs, le document évoque en sus l’impact positif de la paix en Libye sur le plan international, notamment pour les principaux partenaires commerciaux de ce pays voisin. Ainsi, d’ici 2025, cite la même source, les gains devraient atteindre 13 milliards de dollars pour l’Italie, 7,5 milliards pour l’Allemagne, 6 milliards pour la France et 5,5 dollars pour la Turquie.
Enfin, le chef de l’équipe de rédaction de ce document a souligné en guise de conclusion que la CESAO « a jeté la lumière sur les répercussions socio-économiques du conflit libyen depuis son début, non seulement par l’évaluation quantitative des ravages qu’il a causés, mais aussi par le calcul des avantages de paix sur la Libye et les pays voisins ». Et de finir par exprimer le souhait de voir que cela « stimulera le dialogue entre les parties libyennes et avec les acteurs régionaux et internationaux ».
Farid Guellil