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IL Y A UN TRAITEMENT « SUBJECTIF» DE L’ACTUALITÉ NATIONALE : Des chaînes privées dans le viseur de Belhimer

Il semblerait que des chaînes de télévision nationales ne sont pas en odeur de sainteté auprès du ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement, Ammar Belhimer. Et pour cause, lorsqu’il déclare avoir constaté, chez certains médias lourds du secteur privé, un traitement « subjectif et contraire à la déontologie » de l’actualité nationale, il n’y pas à chercher loin pour comprendre par là un avertissement à peine déguisé à leur endroit.

En effet, s’exprimant hier dans les colonnes du quotidien El Watan, Ammar Belhimer fait part de la nécessité, dans les conditions actuelles d’exercice, de réguler et d’organiser l’activité des chaînes de télévision privées. Au-delà d’une nécessité, le ministre fait de la question une « urgence » même dans son plan d’action. Étant l’un des chantiers sur le quel il compte apporter sa touche pour « révolutionner » le paysage médiatique national qui baigne, des années durant, dans l’anarchie, le ministre classe au demeurant ses priorités. Il juge ainsi impératif de commencer par « moraliser » les chaînes de télévision, du fait de la large audience dont elles jouissent auprès de l’opinion nationale, et donc de l’impact médiatique qu’elles exercent sur le téléspectateur.
« L’urgence de réguler cette activité est dictée par le traitement subjectif et contraire à la déontologie, voire subversif, de certaines chaînes privées à l’encontre de notre pays », dira, à ce propos, Belhimer, allusion aux médias dont le recours au sensationnel et la course au scoop en fait peu cas, pour peu dire encore, des règles du métier.
Comme cette démarche vise-elle aussi, précise la même source, à « permettre l’encadrement des chaînes de télévision privées par la loi algérienne». Pour ce faire, et comme ces entreprises de presse exercent sous couvert du droit étranger, et diffusent même depuis des pays étrangers, le projet du ministre serait à même de « contribuer à l’amélioration de l’exploitation des capacités du satellite +Alcomsat-1+». Au titre de la législation régissant les chaînes de télévision, le ministre renvoie au cadre existant, notamment la loi organique sur l’information, qui « va inévitablement engendrer la révision de la loi relative à l’audiovisuel, notamment en ce qui concerne l’élargissement du champ audiovisuel au privé pour englober les chaînes à caractère général et non plus +thématiques+, comme elles sont injustement qualifiées aujourd’hui», explique le ministre.
D’autre part, depuis l’ouverture du champs audiovisuel au privé, à partir de 2011 avant qu’il ne soit adopté en 2014, les télévisions privées exercent dans une opacité totale à tel titre que leur nombre se multiplie pour atteindre, aujourd’hui, « cinquante (50) organes qui s’adressent au public algérien » et qui sont « régies par le droit étranger », détaille le ministre. Il convient enfin de souligner que dans ce lot, six (06) chaînes seulement jouissent d’une accréditation  « provisoire » pour l’ouverture de bureaux en Algérie. Ce qui, de l’avis du ministre, n’est pas synonyme d’une autorisation des autorités algériennes pour la « création » de ces mêmes chaînes.
Farid Guellil