L’affaire de la participation annoncée d’Imane Khelif aux Jeux méditerranéens de Tarente soulève des interrogations qui dépassent largement le simple cadre sportif. Selon les déclarations rapportées, le président du Comité olympique et sportif algérien (COA), Abderrahmane Hammad, avait annoncé l’inscription de la boxeuse dans la délégation algérienne. Quelques jours plus tard, Imane Khelif affirmait pourtant qu’elle ne participerait pas à ces Jeux et surtout qu’elle n’avait été ni informée ni consultée sur cette inscription.
Plus troublant encore, la championne aurait indiqué avoir sollicité une bourse de préparation en vue de cette échéance, sans obtenir de réponse. Si ces déclarations sont exactes, elles révèlent une défaillance préoccupante dans la gestion d’une athlète de haut niveau.
La première question concerne naturellement la coordination entre le COA, la Fédération algérienne de boxe et l’athlète. Peut-on sérieusement inscrire une sportive à une compétition internationale sans s’assurer au préalable de son accord, de sa disponibilité et de ses conditions de préparation ? Une délégation sportive ne devrait pas être construite comme une simple liste administrative. Derrière chaque nom figurent un projet sportif, une préparation, des objectifs et, surtout, une personne directement concernée.
Dans cette affaire, le silence de la Fédération algérienne de boxe interpelle particulièrement. Une fédération est censée représenter et défendre les intérêts de ses athlètes, dialoguer avec eux et assurer la transparence dans les décisions qui les concernent. Lorsqu’une athlète affirme publiquement n’avoir été informée ni par le COA ni par sa propre fédération, l’absence d’explications rapides et précises ne fait qu’alimenter le doute. Il serait toutefois prématuré de tirer des conclusions définitives sans entendre toutes les parties. Le COA et la Fédération algérienne de boxe doivent pouvoir présenter leur version des faits et expliquer les éventuelles raisons administratives ou sportives de cette situation. Mais une chose demeure essentielle : la confiance ne peut exister sans communication, transparence et respect des athlètes. Cette affaire impose donc des explications claires. Au-delà du cas d’Imane Khelif, c’est la crédibilité de la gouvernance sportive algérienne qui se trouve questionnée.
H. S.














































