Accueil LA CHRONIQUE DU JEUDI Un reporter dans la foule : Des femmes à l’assaut de l’ONU

Un reporter dans la foule : Des femmes à l’assaut de l’ONU

0

Dans quelques semaines, le poste de secrétaire général (SG) de l’ONU changera de titulaire. Le deuxième mandat d’Antonio Guterres, l’actuel SG, arrive à expiration le 31 décembre prochain. Le processus de succession est en marche. Cela commence au Conseil de sécurité dont les 15 membres (cinq permanents et 10 non permanents) votent sur le candidat de leur choix. En théorie le scrutin est secret. En réalité, celui qui a eu lieu le 30 juillet dernier a fuité. À l’issue de cette élection, trois candidats sur 7 sont restés en course. En principe, les membres du Conseil de sécurité votent autant de fois jusqu’à ce qu’un ou une candidate, tout en évitant le veto d’un des membres permanents, atteigne les 9 voix pour. Ensuite, c’est l’Assemblée générale qui, suivant les recommandations du Conseil de sécurité, élit le SG. En général, elle valide le choix du Conseil de sécurité. Ces précisions sont utiles car, le choix semble déjà « emballé ». Au scrutin du 30 juillet dernier, c’est une femme, Rebeca Grynspan, secrétaire générale de la Cnuced, qui a décroché le pompon avec 10 voix pour, une contre et quatre abstentions. C’est une autre femme, ambassadrice de Guyana à l’ONU, Caroline Rodriguez Birkett, qui est arrivée seconde avec 9 voix pour et deux contre. En troisième position il y a Rafael Grossi, Directeur général de l’AIEA avec sept voix pour et deux contre. Avant le vote, il y avait quatre autres candidats dont deux femmes. Ce sont : Michelle Bachelet, 75 ans, ancienne présidente du Chili. Maria Fernanda Espinosa, 62 ans, ancienne ministre des Affaires étrangères de l’Équateur et ancienne présidente de l’Assemblée générale des Nations unies. Olara Otunu, 75 ans, diplomate Ougandais. Caroline Rodriguez Birkett, 53 ans, ancienne ministre des Affaires étrangères de la Guyane et Macky Sall, 65 ans ancien président du Sénégal. En fait, nous apprenons sur le site des Nations unies que « les prochaines auditions des candidats (es), prévues en décembre 2026, se tiendront devant l’ensemble des États membres réunis en séance informelle de l’Assemblée générale, sous la conduite du président de l’Assemblée. Chaque candidat·e présentera d’abord sa vision de l’avenir de l’Organisation, puis répondra pendant environ deux heures aux questions des représentants(es) des États membres ». En fait c’est le deuxième assaut de femmes pour prendre le siège de SG de l’ONU. En 2016, sur treize candidats dont sept femmes, aucune n’a obtenu les voix nécessaires. Cette fois, tout semble prêt en faveur d’une femme. Sauf extraordinaire, c’est donc Rebeca Grynspan qui semble la favorite. Avant de diriger la Cnuced, elle avait occupé le poste de Vice-présidente du Costa-Rica. Âgée de 71 ans elle est de confession juive et a fait toutes ses études en Israël. Elle a déclaré que ses parents juifs avaient fui la Pologne pour l’Union Soviétique (actuelle Russie) pour échapper aux nazis. Si elle succède à Guterres, elle deviendrait la première femme et la première personne juive à diriger l’ONU. Ceci étant dit, sur ce même sujet mais sur un autre plan, seules deux femmes ont dirigé leur pays avec un rayonnement exceptionnel à l’international. Par ordre chronologique, la première est Madame Margaret Thatcher surnommée « la dame de fer » qui a dirigé l’Angleterre au poste de premier ministre de 1979 à 1990. C’était la première femme à ce poste en Angleterre. Fille d’un épicier et d’une couturière elle est, jusqu’à aujourd’hui, la plus renommée des dirigeants britanniques après Winston Churchill. La seconde est Madame Angela Merkel qui dirigea l’Allemagne fédérale pendant 16 ans (du 22 novembre 2005 au 8 décembre 2021) première femme au poste de Chancelière. Elle garde sa renommée de dirigeante d’une grande humilité et d’une intégrité exemplaire. Parmi les trois candidats masculins au poste de SG de l’ONU se trouve Macky Sall ancien président du Sénégal. C’est le Burundi qui a présenté sa candidature en raison des divergences dont il fait l’objet dans son pays le Sénégal. Y compris Amnesty international qui a activé ses réseaux pour s’opposer à sa candidature à l’ONU. Certainement aussi, pour laisser la voie libre à la candidate du Costa Rica. Pour rappel, avant lui, l’Afrique a eu deux secrétaires généraux de l’ONU. Le premier, l’égyptien Boutros Boutros-Ghali (de 1992 à 1996) suivi du Ghanéen Kofi Annan (de 1997 à 2006). Il n’est pas exclu que la promotion de la femme puisse servir à des manœuvres politiques !
Zouhir Mebarki
zoume600@gmail.com

Article précédentL’Algérie Célèbre son Héritage Millénaire : Djanet accueille le Festival international de l’art rupestre
Article suivantGÉNOCIDE À GHAZA ET DÉPLACEMENT FORCÉ EN CISJORDANIE : Les crimes contre le peuple palestinien se poursuivent