Siège de familles palestiniennes, privation d’eau et de médicaments, attaques de colons, confiscation de terres, démolition d’habitations, tirs contre des civils : en Cisjordanie occupée, les crimes contre les Palestiniens se multiplient sur fond d’expansion coloniale et de déplacement forcé.
À Ghaza, où la destruction du système de santé se poursuit, 186 travailleurs humanitaires ont été tués en 2025, soit plus de la moitié du bilan mondial. Des chiffres qui témoignent de l’ampleur des crimes de guerre et des accusations de crimes contre l’humanité et de génocide qui entourent les opérations de l’entité sioniste dans les territoires palestiniens occupés. La situation dans les territoires palestiniens occupés continue de se détériorer, avec une multiplication des attaques visant directement les civils, leurs habitations, leurs terres et leurs moyens de subsistance. En Cisjordanie, le siège imposé à des familles palestiniennes dans la localité de Qusra, au sud de Naplouse, constitue l’un des exemples les plus récents de cette politique de terreur et de dépossession. Depuis plusieurs jours, des familles palestiniennes sont encerclées dans leurs habitations par des colons terroristes, avec des restrictions qui les empêchent de se déplacer librement et les privent de ressources essentielles. L’accès à l’eau, aux médicaments et aux autres besoins de première nécessité a été fortement entravé, tandis que les habitants sont contraints de rester à l’intérieur de leurs maisons. La situation a pris une dimension internationale alors que des équipes humanitaires ont finalement pu atteindre les familles concernées. Des sources internationales ont rapporté hier l’arrivée d’équipes auprès de familles palestiniennes restées piégées à Qusra pendant plusieurs jours.
Qusra, symbole du terrorisme colonial
Le président du Conseil national palestinien, Rawhi Fattouh, a dénoncé le siège imposé aux familles de Qusra comme l’expression d’un système délibéré de terrorisme colonial. Selon lui, les familles assiégées ont un besoin urgent d’eau et de médicaments et l’aide qui leur est parvenue demeure insuffisante. Il a particulièrement dénoncé l’utilisation des besoins humanitaires comme instrument de punition collective et de coercition contre la population palestinienne. Fattouh a également mis en cause la protection politique et sécuritaire dont bénéficient les groupes de colons de la part du gouvernement de l’entité sioniste. Il a estimé que leurs agissements ne relevaient plus d’actes isolés, mais d’un terrorisme colonial organisé, qui s’étend à plusieurs régions de la Cisjordanie occupée, notamment Qusra, Masafer Yatta et Umm al-Khair. Les faits rapportés à Qusra illustrent une réalité plus large. Les attaques contre les Palestiniens et leurs biens se poursuivent dans différentes localités, alors que les colonies et les avant-postes coloniaux continuent de s’étendre. Le responsable palestinien a également souligné l’ampleur des moyens dont disposent certains groupes de colons, notamment les armes, les véhicules tout-terrain et les armes lourdes, estimant que leur niveau d’armement s’apparente à celui d’une force militaire organisée. Il a averti que la Cisjordanie occupée risquait de voir les colonies et les avant-postes transformés en une entité coloniale armée autonome, dans le but d’imposer une nouvelle réalité territoriale au détriment du peuple palestinien, de ses terres et de ses droits. Cette évolution, a-t-il souligné, s’inscrit dans un projet plus vaste d’annexion et de déplacement forcé, visant à vider progressivement certaines zones de leurs habitants palestiniens et à empêcher la création d’un État palestinien viable. Des informations internationales récentes décrivent également Qusra comme l’un des principaux foyers de violences de colons en Cisjordanie. L’OCHA a documenté une multiplication des attaques contre les Palestiniens et leurs biens, tandis que plusieurs sources internationales font état de déplacements de familles palestiniennes à la suite des violences.
Terres confisquées, maisons détruites : la dépossession continue
Parallèlement au siège des familles palestiniennes, les opérations de confiscation des terres et de démolition se poursuivent dans plusieurs secteurs de la Cisjordanie occupée. Dans le nord de la vallée du Jourdain, les autorités de l’occupation ont émis un ordre militaire portant sur la saisie de 160 dunums de terres palestiniennes appartenant à des habitants des communautés de Samra et Makhoul. Selon le militant des droits humains Aref Daraghmeh, cette décision prévoit la confiscation de ces terres sous prétexte d’utilisation à des fins militaires. Cette mesure intervient dans une région particulièrement exposée aux politiques de confiscation et de déplacement. Pour les habitants, la perte des terres signifie également la remise en cause de leurs activités agricoles et de leurs moyens de subsistance. À Masafer Yatta, au sud de Hébron, les forces d’occupation sionistes ont procédé à de nouvelles démolitions dans la localité de Fakhit. Des habitations en tôle, des étables, des enclos, des installations sanitaires et des puits d’eau ont été détruits. L’habitation de Yasser Ali Abo Shobha, composée de deux chambres et d’une cuisine et couvrant une superficie d’environ 80 mètres carrés, abritait cinq personnes. Elle a été démolie, avec un enclos, une étable et une installation sanitaire.
Les forces d’occupation ont également démoli une chambre d’habitation appartenant à Younes Yasser Abo Sobha. Les destructions ont également touché les ressources hydriques. Deux puits appartenant à des habitants de la localité ont été détruits, privant davantage les populations de moyens essentiels à leur survie et à leurs activités quotidiennes. Ces démolitions ne peuvent être dissociées des restrictions imposées aux communautés palestiniennes de cette région. La destruction des habitations, des installations agricoles et des points d’eau fragilise directement les conditions de vie des habitants et contribue à créer les conditions d’un déplacement forcé.
Salfit sous restrictions, les déplacements des Palestiniens entravés
À Salfit, les forces d’occupation ont fermé hier l’entrée nord de la ville au moyen d’un portail métallique et renforcé leur présence dans la région. La fermeture interdit aux véhicules palestiniens d’emprunter cette entrée et contraint les habitants à utiliser des itinéraires alternatifs, compliquant leurs déplacements quotidiens. Ce type de fermeture constitue l’une des nombreuses restrictions imposées à la circulation des Palestiniens en Cisjordanie occupée. Les barrages, les portails métalliques, les zones militaires fermées et les incursions rendent les déplacements plus longs et plus difficiles, avec des conséquences directes sur l’accès au travail, aux établissements de santé, aux écoles et aux services essentiels. À Beit Imrin, au nord-ouest de Naplouse, un Palestinien âgé de 65 ans a également été blessé après avoir été agressé par les forces d’occupation sionistes. Les secouristes du Croissant-Rouge à Naplouse ont pris en charge le blessé avant son transfert vers un hôpital.
Les civils pris pour cible dans plusieurs localités
La multiplication des attaques contre les civils constitue un autre aspect de l’escalade en Cisjordanie occupée. À Ajul, au nord de Ramallah, un jeune Palestinien de 23 ans a été grièvement blessé par des tirs à balles réelles à la tête. Il a été évacué vers un établissement hospitalier pour recevoir les soins nécessaires. À Al-Ram, au nord de d’El-Qods, un autre jeune Palestinien a été blessé mardi matin par des tirs des forces d’occupation alors qu’il se trouvait à proximité du mur de l’apartheid.
Un habitant de Beït Furik avait également été abattu auparavantà Al-Ram
Ces incidents s’inscrivent dans une escalade plus générale des incursions militaires, des arrestations, des tirs et des restrictions imposées aux Palestiniens en Cisjordanie et à el Qods.
Depuis le début de la guerre contre Ghaza, cette escalade s’est accompagnée d’une expansion des avant-postes coloniaux, de l’ouverture de nouvelles routes au profit des colonies et du renforcement des restrictions, fermetures et sièges visant les localités palestiniennes. L’OCHA continue de documenter les attaques de colons ayant causé des blessures ou des dégâts matériels dans différentes régions de Cisjordanie. Son dernier rapport de situation fait état de dizaines d’incidents impliquant des colons et ayant entraîné des victimes palestiniennes ou des dommages aux biens.
Les colons terroristes s’en prennent également aux véhicules
Les attaques ne se limitent pas aux habitations et aux terres agricoles. Lundi soir, des colons terroristes ont attaqué des véhicules palestiniens près du rond-point de Tuqu’, au sud-est de Bethléem. Plusieurs véhicules ont subi des dégâts matériels. Aucun blessé n’a été signalé dans cette attaque. Ce type d’incident fait partie d’une série d’attaques visant les moyens de transport, les habitations et les propriétés palestiniennes. Les agressions contre les agriculteurs et la destruction des terres et des biens font également partie de cette escalade. Dans plusieurs régions, les Palestiniens sont confrontés à une combinaison de violences physiques, de menaces, de destructions et de restrictions de circulation. Une situation qui contribue à créer un climat d’insécurité permanent et à pousser certaines familles à quitter leurs terres.
Ghaza, territoire le plus meurtrier au monde pour les humanitaires
Alors que la Cisjordanie occupée est confrontée à cette multiplication des crimes, la bande de Ghaza continue de subir une catastrophe humanitaire d’une ampleur exceptionnelle. Un nouveau rapport des Nations unies vient d’en donner une illustration particulièrement frappante : 350 travailleurs humanitaires ont été tués dans le monde en 2025, dont 186 dans la seule bande de Ghaza.
Autrement dit, plus de 53 % des travailleurs humanitaires tués dans le monde l’an dernier ont perdu la vie à Ghaza. Le chiffre est d’autant plus alarmant que Ghaza demeure, pour la troisième année consécutive, le territoire le plus meurtrier au monde pour les travailleurs humanitaires. Le Soudan arrive derrière, avec 71 travailleurs humanitaires tués en 2025. L’OCHA a également indiqué que 907 travailleurs humanitaires avaient été tués, blessés ou kidnappés dans le monde au cours de 2025, tandis que 82 travailleurs humanitaires ont déjà été tués, 97 blessés et 39 enlevés depuis le début de 2026.
Le bilan de Ghaza prend une dimension particulière en raison de la mission même de ces personnels. Les travailleurs humanitaires sont présents pour apporter de la nourriture, des médicaments, des soins, de l’eau et des abris aux populations civiles. Leur ciblage ou leur mise en danger compromet donc directement l’accès des populations aux secours.
À Ghaza, le danger ne concerne pas uniquement les travailleurs humanitaires. Les personnels médicaux et les infrastructures de santé ont eux aussi subi des attaques répétées. Selon l’Organisation mondiale de la santé, près d’un millier d’attaques contre les établissements de santé ont été enregistrées dans la bande de Ghaza.
Ces attaques ont lourdement réduit les capacités du système sanitaire et contribué à la paralysie d’une grande partie des structures hospitalières encore disponibles. La destruction d’un établissement de santé ne signifie pas uniquement la perte d’un bâtiment. Elle entraîne également la disparition de blocs opératoires, de services d’urgence, de lits, de pharmacies, de laboratoires et d’équipements indispensables à la prise en charge des patients. Dans un territoire où les besoins médicaux ont explosé, chaque établissement rendu inutilisable augmente la pression sur les structures restantes et réduit les possibilités de traitement. Les données palestiniennes et internationales font par ailleurs état de la mort de plus de 1.172 membres du personnel de santé, parmi lesquels 115 médecins et 290 infirmiers.
Le personnel médical décimé, les hôpitaux paralysés
À ces morts s’ajoutent des cas documentés d’arrestation et de torture de professionnels de santé. La disparition de ces personnels représente une perte considérable pour un système sanitaire déjà profondément déstructuré. Elle prive la population de compétences médicales indispensables au moment où les besoins en chirurgie, en traumatologie, en soins d’urgence et en traitements chroniques sont particulièrement élevés. Des experts des Nations unies ont qualifié la destruction systématique du système de santé à Ghaza de «meurtre de la médecine», en raison de son caractère ciblé et continu.
« Meurtre de la médecine» et destruction des moyens de survie
L’expression employée par les experts de l’ONU souligne la dimension particulièrement grave de la destruction du système sanitaire. Lorsque les hôpitaux sont détruits ou rendus inopérants, lorsque les ambulances ne peuvent plus circuler normalement, lorsque les médecins et les infirmiers sont tués ou empêchés d’exercer et lorsque les médicaments et équipements viennent à manquer, l’ensemble de la chaîne de soins s’effondre.
Les conséquences sont particulièrement lourdes pour les civils blessés
Une personne ensevelie sous les décombres doit être secourue rapidement. Un blessé grave doit pouvoir être transporté vers un établissement capable de l’opérer. Un patient souffrant d’une maladie chronique doit pouvoir accéder à son traitement. Or, lorsque les capacités de secours et de santé diminuent simultanément, chacune de ces étapes devient plus difficile. La destruction du système sanitaire constitue donc également une menace directe pour la survie des civils. Ces faits ont conduit de nombreux responsables et organisations à dénoncer de graves violations du droit international humanitaire, des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité. Des accusations de génocide sont également portées à l’encontre de l’entité sioniste devant les instances internationales, sur la base notamment de l’ampleur des destructions et des atteintes infligées à la population palestinienne.
La Défense civile, une capacité de secours réduite à 25 %
Les équipes de la Défense civile palestinienne à Ghaza sont elles aussi confrontées à des conditions de travail extrêmement dangereuses. Depuis le début de la guerre, la Défense civile a affirmé à plusieurs reprises que ses équipes étaient directement prises pour cible par les forces d’occupation sionistes alors qu’elles tentaient de récupérer les victimes sous les décombres ou d’éteindre les incendies. Pour les secouristes, les opérations sont particulièrement complexes. Les bâtiments détruits, les routes endommagées et l’absence d’équipements lourds rendent difficiles les opérations de recherche et d’extraction.
À cela s’ajoutent les attaques visant les équipes elles-mêmes
La direction de la Défense civile palestinienne a qualifié ces attaques de crimes de guerre, estimant que les secouristes doivent pouvoir accomplir leur mission sans être pris pour cible. Le manque d’équipements et de véhicules aggrave encore la situation. Selon les données communiquées par la Défense civile, la capacité de réponse de ses équipes ne dépasserait désormais pas 25 % de leur niveau opérationnel réel. Cette réduction est particulièrement lourde de conséquences. Lorsqu’une équipe de secours ne dispose pas du véhicule ou de l’équipement nécessaire, elle peut être incapable d’atteindre une zone détruite ou de dégager une personne ensevelie. Chaque heure supplémentaire passée sous les décombres réduit alors les chances de survie des victimes. Le chiffre de 25 % résume ainsi l’effondrement des capacités de secours dans un territoire où les besoins sont pourtant immenses.
Secourir devient une mission à haut risque
Le bilan des travailleurs humanitaires tués dans le monde vient renforcer ce constat. Sur les 350 travailleurs humanitaires tués en 2025, 186 ont été tués à Ghaza. La proportion est sans précédent et place le territoire palestinien au sommet du classement mondial pour la dangerosité des opérations humanitaires. Le phénomène ne touche pas seulement les grandes organisations internationales. Les équipes palestiniennes du Croissant-Rouge, de la Défense civile et d’autres structures locales sont elles aussi directement confrontées aux dangers. Chaque victime parmi les personnels de secours représente une double tragédie : la mort d’un professionnel venu aider la population et la diminution des capacités disponibles pour secourir d’autres victimes.
Dans un contexte de destructions massives, cette dynamique produit un effet cumulatif. Plus les infrastructures sont détruites, plus les besoins de secours augmentent ; mais plus les secouristes et les personnels médicaux sont exposés, plus les capacités d’intervention diminuent. La population civile se retrouve ainsi au centre d’un système où les moyens de protection et de secours sont progressivement réduits.
71 personnes évacuées médicalement via Rafah
Malgré l’effondrement de leurs moyens, les organisations humanitaires continuent leurs opérations. Hier, les équipes du Croissant-Rouge palestinien ont participé à une opération d’évacuation médicale vers le point de passage de Rafah, concernant 71 personnes, dont 32 patients et 39 accompagnateurs.
Les patients avaient été préparés et pris en charge au niveau de l’hôpital de campagne d’Al-Mawasi, géré par le Croissant-Rouge palestinien. Les équipes médicales et humanitaires ont assuré les soins nécessaires et suivi l’état de santé des patients avant leur transfert, en coordination avec l’Organisation mondiale de la santé. Ces évacuations constituent une bouée de secours pour les patients qui ne peuvent bénéficier des traitements nécessaires à l’intérieur de la bande de Gaza.
Elles illustrent également les conséquences de la destruction du système sanitaire : des patients doivent être transférés hors du territoire pour accéder à certains soins, alors même que les possibilités de déplacement restent extrêmement limitées. Le Croissant-Rouge palestinien poursuit ses efforts pour assurer les soins aux blessés et aux malades et participer aux opérations d’évacuation médicale, malgré les conditions extrêmement difficiles dans lesquelles ses équipes exercent.
Une même réalité de Ghaza à la Cisjordanie
De Qusra à Ghaza, les faits rapportés ces derniers jours dessinent un tableau marqué par une multiplication des atteintes contre la population palestinienne.
En Cisjordanie, les familles sont confrontées aux attaques des colons, aux sièges, aux restrictions de circulation, aux confiscations de terres et aux démolitions. À Ghaza, les travailleurs humanitaires, les médecins, les infirmiers et les secouristes sont tués alors que les infrastructures sanitaires sont systématiquement détruites. Les formes de violence diffèrent, mais leurs conséquences convergent : affaiblir les conditions de vie de la population palestinienne, réduire son accès aux services essentiels et favoriser son déplacement hors de ses terres. À Qusra, le siège des familles et la privation d’eau et de médicaments illustrent la pression exercée directement sur les civils.
À Masafer Yatta, la destruction des maisons, des étables et des puits prive les habitants de leurs moyens de subsistance. Dans la vallée du Jourdain, la confiscation des terres fragilise davantage encore la présence palestinienne.
À Ghaza, la destruction des hôpitaux et des infrastructures de secours atteint directement les moyens nécessaires à la survie de la population.
Une situation qui interpelle la communauté internationale
La succession de ces événements intervient alors que les organisations internationales continuent d’alerter sur la situation humanitaire dans les territoires palestiniens occupés. Les chiffres sur les travailleurs humanitaires constituent à cet égard un signal particulièrement fort. Plus de la moitié des humanitaires tués dans le monde en 2025 l’ont été à Ghaza, et le territoire reste pour la troisième année consécutive le lieu le plus meurtrier au monde pour ces personnels. En Cisjordanie, l’OCHA continue parallèlement de documenter les violences de colons, les dommages aux biens palestiniens et les déplacements provoqués par ces attaques. La multiplication de ces faits pose donc avec une acuité croissante la question de la protection des civils palestiniens et du respect du droit international humanitaire.
Le droit international prévoit une protection particulière pour les personnels médicaux et humanitaires, précisément parce que leur mission consiste à sauver des vies. Le bilan enregistré à Ghaza montre pourtant que cette protection reste largement théorique pour les personnes qui travaillent sur le terrain. La situation de la Défense civile, dont les capacités seraient réduites à seulement 25 %, illustre de manière dramatique cette contradiction : alors que les besoins de secours sont plus importants que jamais, les moyens permettant de répondre à ces besoins sont considérablement affaiblis.
Des crimes qui s’inscrivent dans une politique de dépossession
En Cisjordanie, la multiplication des attaques de colons, la confiscation des terres et les démolitions sont également dénoncées comme les composantes d’une politique visant à modifier progressivement la réalité démographique et territoriale. Les familles assiégées de Qusra, les communautés de Masafer Yatta et les habitants de la vallée du Jourdain font face à des formes différentes de pression, mais toutes affectent leur capacité à rester sur leurs terres.
Le président du Conseil national palestinien a ainsi averti du risque de transformation des colonies et des avant-postes en une entité coloniale armée autonome, dans le cadre d’un projet visant, selon lui, à imposer l’annexion et le déplacement forcé. Les événements de ces derniers jours montrent que cette politique ne se limite pas à la construction de colonies. Elle se traduit également par des attaques contre les véhicules, des agressions physiques, des restrictions de circulation, des fermetures de routes, des destructions d’habitations et de puits et des confiscations de terres.
À Beït Imrin, un homme de 65 ans a été blessé ; à Ajul, un jeune de 23 ans a été grièvement atteint par balle ; à Al-Ram, un autre jeune a été blessé ; à Tuqu, des véhicules palestiniens ont été attaqués. Ces faits s’ajoutent aux démolitions et confiscations enregistrées dans d’autres secteurs.
Ghaza, l’épreuve ultime pour l’action humanitaire
À Ghaza, l’ampleur du bilan humain donne une dimension encore plus dramatique à la crise. La mort de 186 travailleurs humanitaires en une seule année signifie que les personnes venues apporter une assistance à la population ont elles-mêmes été massivement victimes du conflit. À cela s’ajoutent les plus de 1 172 professionnels de santé tués, les attaques contre les établissements médicaux, les destructions d’infrastructures et la réduction des capacités de la Défense civile.
Le résultat est un territoire où la population civile ne dispose plus des mêmes possibilités de protection, de soins et de secours qu’en temps normal, alors que ses besoins ont atteint un niveau exceptionnel. Le drame humanitaire est donc double : les besoins explosent tandis que les capacités permettant d’y répondre s’effondrent. La destruction du système de santé, la mise en danger des travailleurs humanitaires et l’affaiblissement de la Défense civile ont une conséquence directe : les civils sont de moins en moins protégés face aux bombardements et aux destructions.
Dans ce contexte, les accusations de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité et de génocide prennent une dimension particulière. Elles portent non seulement sur le nombre de victimes, mais également sur les conditions dans lesquelles la population tente de survivre, sur la destruction des infrastructures indispensables à sa survie et sur les obstacles auxquels sont confrontés ceux qui cherchent à lui venir en aide. De la Cisjordanie occupée à la bande de Ghaza, les événements rapportés ces derniers jours montrent ainsi une dégradation continue de la situation palestinienne. Siège de familles, terrorisme des colons, confiscation des terres, démolitions, tirs contre les civils, destruction du système de santé et ciblage des travailleurs humanitaires: autant de faits qui témoignent d’une crise dont les conséquences dépassent largement le seul champ militaire et touchent directement les conditions d’existence et de survie du peuple palestinien.
Ania N.











































