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GAÏD SALAH SUR LA DEMANDE DU PEUPLE : «Les revendications fondamentales ont été entièrement réalisées»

Attendu depuis qu’il est annoncé en visite de travail et d’inspection, faite jeudi à Blida, en 1ère Région miliaire, le chef d’état-major de l’ANP, Ahmed Gaïd Salah, s’est exprimé une nouvelle fois sur la situation de crise dans notre pays. Le discours prononcé à l’occasion porte essentiellement sur trois volets : les marches populaires, le dialogue initié par le État et la lutte contre la corruption.
Au titre du premier point, le vice-ministre de la Défense qui ne quitte pas d’une semelle le peuple algérien, qui revendique un changement de système radical, estime d’emblée que «tout» ce que demandent les manifestants est «fondamentalement» réalisé. Gaïd Salah renvoie de ses propos à la lutte contre la corruption qui ciblent un grand nombre d’ex-haut cadres de l’État parmi lesquels ceux qui ont travaillé sous le pouvoir de l’ex-président Bouteflika, lui-même poussé à la porte de sortie au lendemain des marches populaires contre le 5e mandat et les mises en garde du Commandement de l’ANP qui a appelé à la déclaration de l’état d’empêchent du président alors en exercice.
Ainsi, après avoir écarté toute ambition politique de l’Institution militaire, Gaïd Salah réitère l’accompagnement de l’ANP au peuple algérien, continuer à assurer la sécurité des citoyens et de l’intégrité territoriale, ainsi que la préservation de l’unité, la stabilité et des Institutions du pays. Il met en garde toutefois, contre les «aventuriers», «les ennemis internes et externes» de l’Algérie qui «tentent» de porter atteinte au pays en cette conjoncture de crise politique. Mais, «l’Algérie est entre de bonnes mains», assure le chef d’état-major, comme pour donner des garanties quant au rôle de l’ANP à faire face à toute menace qui ciblerait l’Algérie. Gaïd Salah s’est réjouit même de ce qui a été réalisé par l’Institution militaire qu’il dirige.

«Nous valorisons les efforts du Panel»
Ainsi, abordant le développement sur la scène politique nationale, le vice-ministre de la Défense encourage l’initiative de dialogue lancée par Bensalah et salue les membres du Panel de médiation dirigé par Karim Younès. Initiative qui prône un dialogue inclusif, à organiser sous forme d’une conférence nationale, dont les pourparlers tourneraient autour des modalités d’organisation d’une élection présidentielle «dans les plus brefs délais».
Gaïd Salah considère même qu’il s’agit d’un rendez-vous consacrant «définitivement» la volonté populaire, surtout qu’il estime les revendications populaires fondamentales d’«entièrement réalisées». «Nous soulignons que l’ANP, qui a accompagné depuis le début les revendications du peuple algérien, exprimées à travers les marches pacifiques, considère aujourd’hui, en compagnie des vaillants fils de la patrie, que les revendications fondamentales ont été entièrement réalisées, et ne reste plus que l’étape des élections présidentielles et la prise des mesures y afférentes qui sont nécessaires à leur réussite», cite le chef d’état-major de l’ANP. Dans le même sillage, il charge ceux qui prônent une solution à la crise passée sous une période de transition.
Une initiative à laquelle s’oppose fermement le vice-ministre de la Défense, qui rappelle d’ailleurs son soutien et au gouvernement Bedoui et au chef d’État Bensalah. Comme il exclut également, comme rappel, les préalables posés avant d’aller vers un dialogue, à l’exemple de la libération des détenus du Hirak. Pour ce faire, Gaïd Salah s’est appuyé sur les propos de l’avocate Fatma-Zohra Benbraham (membre du Panel), sans toutefois citer son nom, et laquelle femme de droit n’a pas «reconnu» le statut de détenu d’opinion aux personnes arrêtées dans les marches avant qu’elles ne soient incarcérées par le juge peu après. À ce propos, Gaïd Salah écrit : «Nous veillons à ce que ces Institutions continuent à exercer leurs missions jusqu’à l’élection d’un nouveau Président… Ceux qui sont en charge de ces Institutions sont des responsables qui s’acquittent convenablement de leurs missions. Ce n’est ni de la complaisance ni une altération des faits, mais cela découle de notre suivi quotidien de la performance de ces Institutions».

«Rouvrir les dossiers lourds de la corruption»
Au titre de la lutte contre la corruption, Gaïd Salah rebondit sur les grands dossiers judiciaires rangés pêle-mêle dans les tiroirs au fil des années. Allusion faite peut être aux dossiers Khalifa et Sontarach ? En tout cas, le vice-ministre de la Défense, qui s’engage à «accompagner» l’Institution judiciaire dans son travail, appelle à l’assainissement du lourd contentieux du passé et promet, encore une fois, de mener une lutte sans merci contre les responsables de la corruption.
Farouk Bellali