Abderrahmane Benhamadi

GROUPE CONDOR : Abderrahmane Benhamadi placé en détention provisoire

Après s’être attaquée aux hommes d’affaires activant dans le montage automobile, la justice algérienne a ouvert le dossier du patron de l’industrie électroménagère, Abderrahmane Benhamadi, qui a été placé, en compagnie de ses deux frères, sous mandat de dépôt. Un communiqué du procureur de la République près la Cour d’Alger a précisé que « suite à l’enquête préliminaire diligentée par la section de recherches de la Gendarmerie nationale (GN) d’Alger, sur instructions du procureur de la République près le tribunal de Sidi M’hamed, 35 personnes ont été présentées, le 07 août 2019, pour des faits à caractère pénal devant le procureur de la même juridiction ». Après avoir entendu ces derniers, le procureur de la République a transmis le dossier de l’affaire au juge d’instruction près la même juridiction qui a mis en accusation quarante (40) personnes physiques et six (06) personnes morales.
Par la suite, le juge d’instruction a ordonné le placement en détention provisoire de douze (12) prévenus dont Benhamadi Abderrahmane (gérant et actionnaire dans le groupe Condor), de ses deux frères, du directeur général de la société Travocovia, trois cadres à Mobilis, deux cadres à la direction de la santé et de la réforme hospitalière, l’ex-directeur des domaines de l’État d’Alger, du chef d’inspection des impôts de Chéraga, le directeur d’une agence de la Banque extérieure d’Algérie (BEA) ainsi que le chargé des opérations financières lors de la campagne électorale de l’ex-président de la République.
Le juge d’instruction a également ordonné le placement sous contrôle judiciaire des 20 autres prévenus. Il s’agit des deux frères de l’accusé principal en sus de 18 cadres et fonctionnaires dans les secteurs mentionnés. Un cadre et deux fonctionnaires ont été mis en liberté. Quant aux personnes restantes et eu égard à leurs fonctions au moment des faits, le volet de leur dossier a été transmis au Procureur général près la cour d’Alger pour prendre les mesures nécessaires à leur encontre. Il s’agit des deux ex-Premiers ministres Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal, de l’ancien ministre de la Poste et des Technologies de l’information et de la Communication Benhamadi Moussa et de l’ex-wali d’Alger Abdelkader Zoukh.
À noter que les faits retenus contre les accusés sont liés au « blanchiment d’argent et transfert de biens obtenus par des faits de corruption à l’effet d’en dissimuler la source illicite dans le cadre d’un groupe criminel, dilapidation et utilisation de fonds de banque, incitation d’agents publics à exploiter leur influence effective et supposée dans le but de bénéficier d’indus privilèges ». Et pour les délits de « financement occulte des partis politiques, bénéfice du pouvoir et de l’influence des agents de l’État, des collectivités locales, des entreprises et des institutions publiques de droit public, des entreprises publiques-économiques, des entreprises publiques à caractère industriel et commercial lors de la passation des contrats, des marchés et d’avenants à l’effet d’augmenter les prix ou de modifier, en leur faveur, la qualité des produits et des services et de l’approvisionnement ».
Il s’agit également des délits d’«abus de fonction délibéré à l’effet d’octroi d’indus avantages à autrui en violation des dispositions légales et réglementaires, de passation de contrats en violation des dispositions législatives et réglementaires en vigueur en vue d’accorder d’indus privilèges à autrui et de dilapidation de deniers publics ».
Lamia B.