En l’espace de quelques heures, chefs d’État, dirigeants d’organisations internationales et responsables d’alliances régionales se sont succédés pour saluer l’accord conclu entre Washington et Téhéran, qui met fin à cent huit jours d’un conflit dont les répercussions se faisaient sentir bien au-delà des frontières des deux belligérants.
Un accord aux implications mondiales
L’accord, dont les grandes lignes ont été rendues publiques ce dimanche, prévoit un cessez-le-feu immédiat et permanent, la levée des sanctions américaines imposées à l’Iran, ainsi que la réouverture du détroit d’Ormuz — artère vitale par laquelle transite une part considérable du pétrole mondial. Les marchés énergétiques internationaux ont immédiatement réagi à cette annonce, dans l’attente d’une reprise des exportations pétrolières via ce passage stratégique. Le porte-parole du Secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a été l’un des premiers à réagir, saluant un accord qu’il a qualifié de « pas décisif vers une résolution pacifique du conflit », notant qu’il prévoit un cessez-le-feu immédiat et permanent ainsi qu’un cadre pour la poursuite des négociations. Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’Homme, Volker Türk, a, pour sa part, appelé à exercer « le maximum de retenue » durant la période à venir.
L’Europe unanime, mais vigilante
Du côté européen, la réaction a été unanimement positive, bien que teintée d’une vigilance affirmée sur la question nucléaire. Dans une déclaration commune, les dirigeants de la Grande-Bretagne, de la France, de l’Allemagne et de l’Italie ont réaffirmé leur position de principe : l’Iran ne doit en aucun cas accéder à l’arme nucléaire, et ils se sont dits prêts à travailler avec Washington, Téhéran et l’Agence internationale de l’énergie atomique pour atteindre cet objectif. Le président français, Emmanuel Macron, a salué le résultat de ce qu’il a décrit comme « un effort diplomatique auquel ont contribué de nombreux partenaires », appelant toutes les parties belligérantes à une mise en œuvre rapide et complète de l’accord. Il a insisté sur la nécessité de rouvrir le détroit d’Ormuz « de manière urgente et inconditionnelle », précisant qu’une mission internationale, constituée conjointement avec le Royaume-Uni, se tient prête à soutenir cette réouverture. Le chancelier allemand Friedrich Merz a, quant à lui, adressé ses félicitations au président Trump et à la partie iranienne pour ce qu’il a qualifié d’ « accomplissement diplomatique » susceptible de « pavé la voie vers une économie mondiale revitalisée et un Moyen-Orient plus sûr ». Le Premier ministre britannique Keir Starmer a insisté sur la restauration de la liberté de navigation sans péage dans le détroit d’Ormuz, réaffirmant que l’Iran ne doit « jamais » disposer d’arme nucléaire.
La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a fixé ses priorités : « La priorité est désormais la mise en œuvre rapide et complète de l’accord par toutes les parties ». La représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères, Kaja Kallas, a de son côté décrit l’accord comme « la première étape » vers la réouverture du détroit d’Ormuz, avant d’engager des négociations sur d’autres dossiers cruciaux pour la stabilité régionale, à commencer par le nucléaire iranien.
La Première ministre italienne, Giorgia Meloni, a tenu à remercier les médiateurs, citant notamment le Qatar et le Pakistan, estimant que cet accord représente « une opportunité pour la paix qu’il faut saisir ». Rome s’est déclarée prête à contribuer à une présence maritime internationale accompagnant la réouverture complète du détroit.
La région se mobilise
À l’échelle régionale, les réactions ont afflué de toutes parts. La Turquie, par la voix de son président, Recep Tayyip Erdoğan, a décrit l’accord comme « un développement important pour instaurer la paix et la sérénité dans notre région », appelant à éviter tout discours ou acte provocateur susceptible de compromettre la période à venir. Erdoğan a également salué le rôle de médiation « distingué » joué par le Pakistan. L’Arabie saoudite a exprimé son accueil favorable à l’accord, tout en faisant part de son souhait de voir s’engager des négociations détaillées dans un délai de soixante jours, en vue d’un accord permanent prenant en compte les « intérêts sécuritaires » de la région. L’Égypte et les Émirats Arabes unis, lors d’une rencontre bilatérale entre les présidents Abdel Fattah el-Sissi et Mohamed ben Zayed Al Nahyane, ont conjointement salué l’annonce, y voyant « une étape vers la réduction des tensions et le renforcement de la sécurité de la navigation et du commerce dans la région ». L’Irak a exprimé son plein soutien à tous les efforts visant à privilégier le dialogue et les solutions diplomatiques, espérant que cette étape contribue à « ouvrir de nouveaux horizons de compréhension et de coopération au service des peuples de la région ».
Le secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe, Jassem Al-Budaïwi, a salué la conclusion du mémorandum d’entente, exprimant l’espoir qu’il aboutisse à un accord permanent permettant de résoudre tous les dossiers en suspens. Le ministre des Affaires étrangères d’Oman, Badr Al-Busaïdi, est allé plus loin, qualifiant l’accord de « victoire au bon moment pour la diplomatie et le bon sens ».
L’Asie et le Pacifique : la route maritime en ligne de mire
En Asie, les réactions ont été marquées par une préoccupation commune : la sécurité du trafic maritime. Le Pakistan, dont la médiation a été saluée par de nombreux acteurs, a vu son ministre des Affaires étrangères Mohammad Ishaq Dar se féliciter de l’accord, soulignant qu’il « envoie un message rassurant à la communauté internationale et offre confiance et stabilité aux marchés et à l’économie mondiale ».
La Chine a exprimé son espoir de voir le détroit d’Ormuz rouvrir au trafic sécurisé « dans les plus brefs délais ». Le Premier ministre indien Narendra Modi a souligné l’importance de l’accord pour « soutenir la stabilité régionale et garantir la liberté de navigation maritime, une question vitale pour le commerce international ». Le Japon, l’Australie et la Nouvelle-Zélande ont abondé dans ce sens, voyant dans cet accord une opportunité de normaliser les flux commerciaux et énergétiques.
Un tournant géopolitique à confirmer
Cent huit jours après le début des hostilités, le monde semble retenir son souffle face à l’espoir d’un tournant. Si la mobilisation diplomatique internationale est remarquable par son ampleur et sa rapidité, nombreux sont ceux qui, à l’image du ministre des Affaires étrangères néo-zélandais Winston Peters, rappellent que « le dialogue et la diplomatie demeurent les moyens les plus efficaces pour résoudre les crises qui perdurent depuis longtemps ». La mise en œuvre effective de l’accord constituera le véritable test de cette percée historique.
M. Seghilani












































