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EN GRÈVE DEPUIS HIER : Les taxieurs d’Alger s’élèvent contre les VTC

Le recours à la grève est devenu, ces derniers jours, un phénomène contagieux. Après les syndicats autonomes et les magistrats, ce sont maintenant les taxieurs d’Alger qui ont observé hier une grève ouverte, et qui risque de perdurer si leurs revendications ne recevraient pas d’écho favorable. Cette grève est menée par un collectif de jeunes taxieurs, qui n’est affilié à aucune structure syndicale ils réclament l’annulation des licences de chauffeurs de taxi accordées aux moudjahidine, la mise en place d’un cadre légal devant régir les applications VTC (Voiture de transport avec chauffeur) et l’augmentation des tarifs appliqués sur les compteurs qu’ils jugent dérisoires.
«Nous avons observé une grève aujourd’hui pour demander une solution urgente à nos diverses revendications», a déclaré l’un des chauffeurs de taxis qu’on a rencontré et qui a tenu encore une fois à énumérer les principaux points soulevés par la corporation.
«Les taxis se sentent lésés dès lors qu’ils sont soumis à plusieurs taxes fiscales, nous avons beaucoup de charge à payer concernant les différentes cotisations et l’assurance». Ajoute-t-il. « La tarification du nuit c’est de 30 Dinar à partir de 21heures et c’est très peu vu le risque qu’on subit chaque soir et on est peur de subir le même sort de taxieur de Bab El Oued tué dernièrement à Blida qu’il a laissé deux enfants » ajoute un autre taxieur qui a observé la grève d’hier. Et concernant l’application «Yassir» et autres applications, nous parle l’un des protestaires «depuis le lancement dès 2017 de «Yassir», «Temtem», «Wesselni», «Coursa» et autre «Amir», le marché de Voiture de transport avec chauffeur (VTC) en Algérie connaît une forte dynamique avec une audience certaine. En effet, près d’une dizaine de prestataires se sont lancés entre temps et la concurrence fait rage, raison pour laquelle les taxis voient d’un mauvais œil les applications VTC, qui leur font de l’ombre». «C’est avec une grande patience qu’on attend de nous réintégrer parmi l’une des procédures de logement et ce après notre quatrième revendication consistant à notre accès aux différentes formules de logement, notamment (AADL et LPA). Le taxieur n’a pas le droit de s’inscrire ou de bénéficier de logement ou d’un crédit bancaire parce qu’on le considère comme un chômeur et on demande de nous donner un statut», a déclaré un taxieur qui est locataire d’un appartement depuis 9 ans. D’autre part, le président de L’Union nationale des chauffeurs de taxis (UNACT), Aziouez Boukerrou, ce dernier déclare que «la grève des taxieurs est illégale vue que leur affiche ne contient aucune signature ou cachet officiel». «Aujourd’hui, la corporation devient incontrôlable vu le grand nombre de chauffeurs de taxi (20 000) en activité rien qu’à Alger», souligne M. Boukerrou.
En marge de leur rassemblement devant la Direction générale des transports, sise à El Biar, les taxieurs ont déposé leur plateforme de revendications et espèrent de recevoir un écho favorable des responsables de la tutelle et satisfaire leurs revendications dans les plus brefs délais.
Abdenour Alia