Dans un climat électrique et indigne d’une demi-finale continentale, l’USM Alger a validé son billet pour la finale de la Coupe de la CAF au Maroc. Entre provocations, graves défaillances sécuritaires et pression extra-sportive permanente, les Rouge et Noir ont résisté à tout pour continuer leur marche vers un nouveau sacre africain.
L’USM Alger disputera une nouvelle finale africaine. Les Rouge et Noir ont arraché leur qualification après un match nul (1-1) face à l’Olympique de Safi, au terme d’une rencontre marquée autant par la bataille sportive que par un environnement hostile rarement observé à ce niveau de compétition. Déjà vainqueur de la Coupe de la CAF en 2023, le club algérois confirme son statut continental en atteignant la troisième finale africaine de son histoire. Mais avant même le premier coup de sifflet, la rencontre avait déjà basculé dans le chaos. Des centaines de supporters du club marocain ont envahi la pelouse quelques minutes avant le début du match. Des joueurs ainsi que des membres du staff de l’USM Alger ont été agressés, tandis que des supporters usmistes présents dans le stade ont été pris pour cible. Face à l’absence flagrante de sécurité, la délégation algérienne a dû regagner en urgence les vestiaires. Les images diffusées ont choqué les observateurs. On y voit une organisation totalement dépassée, incapable de contrôler une demi-finale africaine. Des scènes dignes d’un championnat amateur de division inférieure, loin des standards attendus d’une compétition continentale majeure. Le coup d’envoi, initialement prévu à 20h00, sera finalement donné avec près d’une heure et demie de retard, symbole d’une gestion sécuritaire défaillante. L’entraîneur adjoint de l’USM Alger, Tarek Hadj Adlane, n’a d’ailleurs pas mâché ses mots après les incidents. Intervenant au micro d’El Bilad, l’ancien international algérien a dénoncé une situation qu’il estime préméditée : « Tout était planifié depuis le début et nos supporters ont été victimes d’agressions sauvages. Les joueurs ont également été victimes d’agressions lâches, moi y compris. » Il s’est également interrogé sur les conditions d’homologation du stade : « Le stade ne dispose même pas des conditions minimales de sécurité. Comment a-t-il pu être homologué ? Ce qui nous importe maintenant, c’est la sécurité de nos supporters. »
Une qualification arrachée contre tout
Malgré ce contexte explosif et la menace d’une défaite administrative en cas de refus de jouer, les hommes de Lamine N’Diaye ont choisi de répondre sur le terrain. Dès l’entame, les locaux tentent d’imposer une forte pression, mais se heurtent à un Oussama Benbot impérial. Le portier usmiste multiplie les interventions décisives et maintient son équipe en vie dans les moments les plus compliqués.
Progressivement, l’USMA sort de sa coquille et mise sur des transitions rapides. Kamagaté se montre dangereux à plusieurs reprises, mettant en difficulté la défense adverse. À la 45e+1 minute, la VAR signale une main dans la surface marocaine. Ahmed Khaldi ne tremble pas et transforme le penalty d’un tir à ras de terre. L’USM Alger prend l’avantage au meilleur moment, refroidissant un stade déjà sous tension. Au retour des vestiaires, les Algérois affichent une grande maîtrise collective. Mahrouz manque de peu le but du break, tandis que Benbot continue son récital derrière avec plusieurs arrêts décisifs. L’USMA semble contrôler les débats, malgré une atmosphère constamment électrique autour de la pelouse.
À la 75e minute, Moussa Koné égalise de la tête sur corner et relance la rencontre. Dès lors, le match bascule dans une succession d’interruptions, de protestations et de tensions permanentes. L’arbitre ajoutera un incroyable temps additionnel de 19 minutes, preuve d’un match haché par des événements extra-sportifs incessants. Loin de céder, les Rouge et Noir font preuve d’une solidité mentale remarquable. Radouani organise la défense, Likonza stabilise le milieu et Benayad apporte de la profondeur offensive. Face aux assauts marocains et à une pression constante venue des tribunes, les Algérois résistent avec sang-froid. Cette qualification prend alors une dimension symbolique. L’USMA n’a pas seulement joué un adversaire sportif, mais un environnement hostile où provocations, messages politiques et intimidations semblaient destinés à déstabiliser la délégation algérienne. Malgré cela, les joueurs de Soustara ont répondu par la discipline et la maturité.
Une image ternie du football africain
Les incidents de Safi relancent de sérieuses interrogations sur la capacité du Maroc à organiser sereinement des rencontres continentales sensibles. À l’heure où le football africain cherche à renforcer sa crédibilité internationale, de telles scènes constituent un recul inquiétant. Envahissement de terrain, agressions, retard historique du coup d’envoi : tous les ingrédients d’un fiasco organisationnel étaient réunis. Plusieurs responsables usmistes ont dénoncé un climat hostile et des conditions de sécurité largement insuffisantes pour un rendez-vous de ce niveau. Malgré tout, l’USM Alger a refusé de céder à la provocation. Le club algérois a choisi la réponse sportive, transformant une soirée de tension extrême en démonstration de caractère.
Cap sur la finale africaine
Grâce à ce résultat acquis à l’extérieur, l’USMA rejoint le Zamalek d’Égypte en finale de la Coupe de la CAF. Les Algérois recevront lors de la manche aller avant de se déplacer au Caire pour le verdict final les 9 et 16 mai prochains. Après le sacre de 2023, un nouveau titre continental se profile. Mais au-delà du résultat, cette qualification restera comme celle du courage et de la résilience face à un contexte que beaucoup d’équipes auraient refusé d’affronter.
À Safi, l’USM Alger n’a pas seulement gagné une finale : elle a rappelé que le football se joue sur le terrain, pas dans le chaos.
Mohamed Amine Toumiat













































