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CéLEBRATION DE YENNAYER À JIJEL : Une tradition ancestrale qui se perpétue

Considérée comme une tradition ancestrale incontournable, la fête de Yennayer, ou Yennar comme certains aiment l’appeler, a toujours été accueillie à bras ouverts à Jijel.

Ancrée dans les us et coutumes des Jijeliens, notamment ceux habitant les zones rurales, cette tradition amazighe marquant le nouvel an amazigh est un moment de convivialité qui réunit les familles autour d’un repas culinaire préparé à base de poulet. «Très tôt le matin de la journée de Ras El Aâm, on sacrifie un coq noir dont la viande est de très bonne qualité» dira un habitant de Texenna qu’on a rencontré au marché hebdomadaire de Harraten. Fidèle aux traditions léguées par ses parents, notre interlocuteur dira que Yennayer est un événement qui a marqué tout le Nord Afrique «Nous ne devons pas le laisser passer comme ça, nous avons l’obligation de transmettre cette tradition à nos enfants comme l’ont si bien fait nos parents et nos grands-parents», tient à expliquer notre interlocuteur qui était accompagné de ses petit enfants.

De Ziama-Mansouriah à El-Milia…
Du côté de Ziama-Mansouriah, commune limitrophe avec la wilaya de Béjaïa, les habitants tiennent toujours à marquer le début de chaque cycle du calendrier amazigh en préparant un couscous traditionnel à base de poulet et de légumes de saison pour le repas de midi. Un coq et une poule sont sacrifiés très tôt le matin par les chefs de familles tandis que les femmes offrent aux enfants des œufs durs, des bonbons, des crêpes traditionnelles, appelées Tighrifine, et des beignets préparés par les jeunes filles du village. Dans certains villages de cette petite région du littoral Jijelien, les habitants sacrifient un veau et organisent ce qu’ils appellent «Lewziâa» ou «Timechrit». Une action de solidarité et de valeurs humaines qui consiste à collecter une somme d’argent pour acheter un veau et permettre à toutes les familles d’avoir leurs parts peu importe leur rang social. L’année passée, une invitation a été postée sur facebook pour inviter tous les citoyens de passage à Ziama-Mansouriah à marquer une pause déjeuner parmi les villageois.
A l’extrême Est de Jijel, les régions d’El-Milia, Sidi-Maârouf, Settara, Ghebala et Ouled Yahia, Yennar, comme l’appellent les habitants de ces contrées, est considéré comme le socle commun de tous les habitants de la Kabylie orientale (Kbayel El Hadra). Pour eux, cette fête traditionnelle, célébrée la nuit du 12 janvier, incarne les valeurs ancestrales de partage, de générosité, de solidarité et de convivialité. Durant cette journée, qualifiée souvent d’exceptionnelle, les villageois se réunissent pour sacrifier plusieurs coqs qui seront soigneusement préparés par les femmes et les filles du village. Le plat tant attendu, à savoir une Chekhchoukha traditionnelle, sera servi au diner.

El-Fetacha, la vieille dame qui débarque la nuit
Une fois réunis autour de ce repas copieux tant apprécié, les parents, les grands parents et les ainés de la famille abordent divers sujets liés au quotidien, avant d’évoquer l’histoire du guerrier amazigh Chachnaq qui a mené une bataille sans merci contre le pharaon Ramsès II et qui s’est soldée par la victoire de Chachnaq, appelé aussi Chichnaq, devenu pharaon d’Egypte durant presque deux siècles. D’autres histoires sont racontées aux enfants afin de les faire participer à la soirée de Yennayer mais aussi pour freiner leur appétit. Selon un ancien habitant d’El-Milia, l’histoire ou le mythe d’El Fetacha a été inventé spécialement pour les enfants pour stopper leur appétit et leur éviter les maladies qui peuvent être engendrées par les différents plats lourds posés sur la table durant la soirée. Selon notre interlocuteur, El Fetacha est une vieille femme à faible corpulence, d’une laideur qui effraie même les plus intrépides du village. Habillée d’une Gandoura noire, cette vieille femme tenant une canne à la main et un couffin dans l’autre main débarque, à des heures tardives de la nuit, et fait la tournée des maisons du village. Sans se donner la peine de frapper à la porte, elle rentre et se dirige vers les enfants qui ont trop mangé pour récupérer la nourriture de leurs petits ventres. Pour les protéger, les parents étalent les plats préparés en l’occurrence Chekhchoukha, sur un récipient en argile au coin de la cuisine pour attirer la fameuse Fetacha (inspectrice) qui quittera la maison aussitôt le ventre plein. Une histoire qui n’a rien de réel, mais qui a donné un goût particulier à Yennayer depuis plus d’un siècle.
Ramdane S.

NOUVEL AN AMAZIGH A BOUIRA
Panoplie d’activités aussi riches que variées
A l’instar de plusieurs régions du pays, la wilaya de Bouira a célébré la fête de Yennayer 2960, qui coïncide avec le jour du 12 janvier, dans une grande ambiance. La nouveauté cette année est que les festivités ont touché l’ensemble des établissements scolaires sous leurs trois paliers implantés dans les quatre coins de la wilaya. Des expositions, des concours de dessins et des recettes de repas traditionnels ont été une panoplie des activités organisées à travers les écoles qui ont vu une présence massive des élèves. Au chef-lieu de la wilaya,  de nombreuses expositions ont été étalées depuis plus de trois jours sur l’esplanade de l’Odej (Office des établissements de la jeunesse) et ce en plus des activités sportives qui ont eu lieu au niveau du stade OPOW et de la salle omnisports. Dans les localités de M’chedallah, Taghzout, Bechloul et Haïzer, en particulier, des repas traditionnels amazighs  ont été servis aux gens sur les places publiques. De son côté, la direction locale de la Culture a organisé plusieurs manifestations, à l’exemple d’un concours de chant et de poterie, et la préparation d’un couscous géant. Pour ce qui est du mouvement associatif, de nombreuses associations culturelles de jeunes, activant notamment à travers les villes et villages de la wilaya de Bouira, ont mis en œuvre, chacune de son côté, des activités aussi nombreuses que variées, et qui ont été suivies avec beaucoup d’attention et à cœur joie par les visiteurs et la population locale en général.
Omar Soualah