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BELHIMER À PROPOS DU DOSSIER MÉMORIEL AVEC LA FRANCE : « Le règlement dépend de la reconnaissance des crimes coloniaux »

L’Algérie relance le dossier de la mémoire commune qu’elle partage avec la France à l’occasion de la Journée nationale de la mémoire, qui coïncide avec la date commémorative des massacres du 8 mai 45. À commencer par le chapitre des crimes abjects commis durant les 132 ans de présence coloniale française, dont l’Algérie, aujourd’hui, et par la voix de son ministre de la Communication, porte-parole du Gouvernement, Ammar Belhimer, réclame une reconnaissance officielle. Une condition sine qua non, soit- à côté d’autres telles l’ouverture des archives et la réparation morale et matérielle des dégâts des essais nucléaires etc.- au règlement du dossier de la mémoire. En effet, dans un message à l’occasion de cette date historique prélude à la Guerre de libération nationale, Belhimer persiste et signe que l’Algérie fait de la mémoire avec la France une question de principe sur laquelle elle ne ferait pas marche arrière. « l’Algérie reste attachée au règlement global du dossier mémoriel », a-t-il affirmé dans des propos cités par l’APS, soulignant que les efforts de l’Algérie engagés dans ce sens « commencent à payer ».
Plus précisément, explique le ministre de la Communication, le règlement du dossier mémoriel passe par la réunion de trois à quatre conditions. « La reconnaissance officielle, définitive et globale, par la France, de ses crimes, qualifiés par Macron lui-même de crimes contre l’humanité, la repentance et des indemnisations équitables », énumère-t-il, non sans rappeler l’autre préjudice moral et matériel causé par le France que les essais nucléaires dans le Sahara algérien (1960-1966). Un épisode de l’histoire sombre de la France qu’elle doit, aujourd’hui, assumer par, outre l’indemnisation des victimes « la remise des cartes d’enfouissement des déchets de ces explosions, considérées par des experts et des historiens algériens et français parmi les pires crimes commis en Algérie conformément à la politique génocidaire prônée par la colonisation française », réclame le porte-parole du Gouvernement.
Cela dit, en dépit de la volonté affichée de part et d’autre sous l’autorité des deux chefs d’État ainsi que les résultats des actions engagées, les cercles hostiles au nouveau rapprochement algéro-français font tout pour bloquer le processus, estime Belhimer. Faut-il rappeler en ce sens, en effet, le rapatriement des ossements des résistants algériens, l’ouverture d’une partie des archives françaises, ainsi que la reconnaissance de la torture et de l’assassinat des militants de la cause algérienne, Maurice Audin et Ali Boumendjel. « Nous sommes conscients que les lobbies hostiles à l’Algérie, en France et ailleurs, continueront à faire pression par tous les moyens pour entraver le processus du dossier mémoriel, mais nous resterons attachés à notre position de principe sur ce dossier qui fait l’unanimité auprès de la nation algérienne tout entière: citoyens, officiels, historiens, experts, organisations de la société civile et médias, notamment à travers la chaîne de télévision dédiée à la Mémoire, lancée en 2020 à l’occasion du 66e anniversaire du déclenchement de la glorieuse Guerre de libération nationale », a-t-il fait remarquer.
F. Guellil