La Somalie intensifie ses préparatifs d’urgence en prévision de la saison des pluies d’octobre à décembre afin d’atténuer les impacts potentiels des inondations, alors que les experts du climat avertissent qu’un renforcement d’El Niño pourrait entraîner des pluies exceptionnellement abondantes.
Le ministère somalien de l’Environnement et du Changement climatique et l’Agence somalienne de gestion des catastrophes (SoDMA) ont tenu des réunions stratégiques de dimanche à lundi avec des partenaires locaux et internationaux afin de renforcer la prévention des inondations et la préparation aux situations d’urgence inter-agences en prévision des pluies attendues. Ce forum a réuni des institutions gouvernementales, des experts du climat et des partenaires internationaux afin de renforcer les systèmes d’alerte précoce et de promouvoir une action rapide contre les inondations, les sécheresses et autres phénomènes météorologiques extrêmes, y compris les impacts potentiels d’El Niño. La réunion a également évalué les impacts des saisons climatiques précédentes, en particulier la saison des pluies Gu 2026, et a présenté les perspectives climatiques pour la prochaine saison Deyr, qui s’étend d’octobre à décembre. L’importance d’agir rapidement a été soulignée par Khadar Sheikh Mohamed, directeur de la gestion des risques de catastrophes de la SoDMA, qui a exhorté les communautés vulnérables à prendre des précautions dès maintenant à l’approche des pluies de Deyr lors d’une réunion stratégique de trois jours organisée par la SoDMA en partenariat avec le Comité international de secours (IRC) à Mogadiscio et qui s’est conclue dimanche. « Des pluies sont attendues pendant la saison du Deyr, en octobre, novembre et décembre. Il est conseillé aux communautés des zones vulnérables de prendre des précautions dès maintenant », a déclaré Mohamed dimanche. Mohamed a indiqué que l’agence de gestion des catastrophes avait déjà placé 29 districts répartis dans 14 régions en état d’alerte maximale en raison des risques de crues fluviales et d’inondations soudaines.
Les agences de gestion des catastrophes soulignent le rôle crucial d’une action précoce et préventive pour atténuer les impacts des inondations avant l’arrivée de phénomènes météorologiques extrêmes. De fortes pluies saisonnières à travers la Somalie et les bassins versants supérieurs en Éthiopie devraient faire monter les rivières Jubba et Shabelle à des niveaux dangereux, tandis que des averses de courte durée et de forte intensité menacent de déclencher de graves crues soudaines dans les zones urbaines et rurales. La SoDMA a conseillé aux résidents de suivre les alertes officielles, d’identifier les itinéraires d’évacuation et de préparer des trousses d’urgence contenant de la nourriture, de l’eau, des fournitures médicales et des documents essentiels. Les communautés situées le long des rivières Jubba et Shabelle sont invitées à suivre en permanence le niveau de l’eau. Selon l’agence, les autorités locales doivent préparer des centres d’évacuation, des embarcations de sauvetage, des abris temporaires et des unités d’intervention d’urgence. La SoDMA a également appelé les dirigeants communautaires, les entreprises commerciales et les médias à diffuser activement les avis de sécurité publique et les alertes aux inondations. Les responsables des agences de gestion des catastrophes ont souligné le rôle crucial d’une action précoce et préventive pour atténuer les impacts des inondations avant l’arrivée de phénomènes météorologiques extrêmes. Le commissaire de la SoDMA, Mahamuud Moallim, a récemment souligné qu’une action collective et unifiée est essentielle pour compenser les risques climatiques prévus, appelant à une coordination inter-agences urgente pour renforcer la préparation locale et protéger les communautés vulnérables. Les prévisions du Bureau des Nations Unies pour la réduction des risques de catastrophe concernant l’impact climatique d’El Niño en Somalie soulignent un risque crédible d’inondations graves dans les corridors fluviaux de la Jubba et de la Shabelle si El Niño se renforce parallèlement à un dipôle positif de l’océan Indien. Bien que ce scénario ne soit pas certain, le rapport, publié le 7 septembre, souligne l’importance d’une action rapide compte tenu du délai disponible et de la capacité limitée de la Somalie à absorber des chocs supplémentaires. Il identifie les corridors fluviaux de la Jubba et de la Shabelle comme des zones à haut risque et décrit les priorités essentielles en matière de préparation, notamment la finalisation du cadre d’action collective anti-inondation, l’établissement de protocoles de déclenchement, le renforcement des systèmes d’alerte précoce et d’évacuation, l’amélioration de l’accès à l’eau, à l’assainissement et à l’hygiène et de la préparation sanitaire, et la gestion des déplacements cumulés. En outre, les perspectives examinent les stratégies de financement et de relance, en intégrant les leçons tirées des inondations de 2023 afin de favoriser une transition harmonieuse entre les mesures préventives et la relance à long terme. Selon l’ONU, El Niño pourrait avoir des effets dévastateurs en Somalie, tels que de fortes pluies et des inondations le long des fleuves Juba et Shabelle, des crues soudaines dans le centre de la Somalie et au Puntland, et une aggravation des sécheresses dans certaines parties du Somaliland, mettant ainsi plus de 600 000 personnes en danger. Ces conséquences pourraient être particulièrement graves pour les communautés vulnérables qui font déjà face à une situation humanitaire désastreuse en Somalie. Plus de 3 millions de personnes ont besoin d’une aide humanitaire, dont 1,1 million de personnes déplacées à l’intérieur du pays. Les précédents épisodes d’El Niño ont provoqué des inondations massives en Somalie. Quelque 900 000 personnes ont été touchées en 1997-1998 et plus de 440 000 en 2006-2007. Selon l’ONU, les effets de cette année pourraient se prolonger pendant plusieurs mois jusqu’en 2027.
R. I.














































