Accueil CULTURE « La Palestine photographiée par Joss Dray » : Nouvelle exposition en septembre à...

« La Palestine photographiée par Joss Dray » : Nouvelle exposition en septembre à l’IMA de Paris

0

Du 19 septembre au 1er novembre, l’Institut du monde arabe (IMA) consacre une exposition poignante à la photographe française Joss Dray. Intitulée « La Palestine photographiée par Joss Dray », cette présentation d’œuvres en grande partie inédites retrace le quotidien et les luttes du peuple palestinien entre 1987 et 2001, offrant un regard intime et documentaire sur les camps de réfugiés et les territoires sous occupation.

Une rétrospective entre deux Intifadas

Un an après l’exposition « Trésors sauvés de Ghaza », l’IMA poursuit son engagement autour de la mémoire et de l’histoire palestiniennes. Cette nouvelle exposition prend place au sein de la bibliothèque de l’Institut, symboliquement nommée d’après la diplomate palestinienne Leïla Shahid, décédée en février 2026. À travers une sélection de soixante-cinq photographies, dont plusieurs n’avaient jamais été montrées au public, les visiteurs peuvent découvrir quarante années d’engagement visuel.

Réalisés lors de multiples reportages — le plus récent ayant été commandité par l’IMA —, ces tirages couvrent une période historique allant de 1987 à 2001. Ces deux dates balisent les débuts respectifs des première et seconde Intifadas, encadrant une époque également marquée par les accords de paix signés au milieu des années 1990.

L’intimité d’un peuple et la réalité des camps

L’objectif de Joss Dray capte avec justesse la résilience et les nuances de la vie quotidienne palestinienne. Sa focale immortalise l’effervescence de l’étal d’un marchand rue de la Porte de Damas à Al-Qods, les moments de partage autour du pain au zaatar, mais aussi l’omniprésence de l’occupation, illustrée par les barrages militaires sionistes et les jeunes palestiniens munis de pierres.

Son travail de terrain documente en profondeur les espaces de la diaspora et les camps de réfugiés, traversant Jabalia, Shati, Kalandia, Dheisheh et Jenine, ainsi que plusieurs camps établis au Liban. Cette immersion prolongée a notamment fait l’objet de l’ouvrage Revenir à Jenine. Une histoire vivante du camp de réfugiés (1989-2018), paru en 2020 et préfacé par Leïla Shahid.

Le fil rouge de Khan Younes

Au fil du parcours, plusieurs photographies du camp de réfugiés de Khan Younes s’imposent comme le fil rouge de l’exposition. Établi en 1948, ce camp revêt aujourd’hui une résonance particulièrement tragique. Historiquement visé par les bombardements de l’armée sioniste, Khan Younes se retrouve aujourd’hui presque totalement rasé. Cette destruction massive s’inscrit dans le contexte de plus de deux ans d’une agression qui a fait plus de 70 000 martyrs palestiniens, un bilan dramatique ayant conduit plusieurs instances internationales à dénoncer un génocide.

Rencontres littéraires et Journées du Patrimoine

Pour accompagner l’ouverture de l’exposition et célébrer les Journées du Patrimoine, l’IMA organise deux événements thématiques les 19 et 20 septembre. Le public pourra assister à une rencontre inédite réunissant Joss Dray et les auteurs de bande dessinée Amal Khaleefa et Samir Salameh. Leurs échanges exploreront les mémoires de réfugiés dans les camps à travers les arts croisés de la photographie et de la bande dessinée. Un atelier interactif sera également animé par ces auteurs autour de leur dernier ouvrage, De Mémoire de réfugié, publié en juillet dernier pour questionner l’exil et la transmission.

Article précédentLES GÉOPOLITOLOGUES BACHIR CHAÏB ET AHMED MIZAB À L’UNISSON : Le dialogue et la coopération au cœur de la nouvelle dynamique algéro-malienne
Article suivantOBJECTIF « FAIRE TAIRE LES ARMES » EN AFRIQUE  : Un consensus dégagé à Alger