Depuis le début de l’année, la wilaya d’El Tarf met l’accent sur la professionnalisation et la modernisation de son secteur apicole.
Grâce à un vaste programme d’apprentissage ayant déjà profité à 450 apiculteurs, la région ambitionne d’optimiser la gestion des ruches et de renforcer une production locale déjà riche d’une quinzaine de variétés de miel.
Le développement des compétences des professionnels de la ruche est au cœur de la stratégie agricole de la wilaya. Selon Saci Laâbadlia, président de la chambre d’agriculture locale, ces stages de perfectionnement s’inscrivent dans une dynamique partenariale solide. Ils sont le fruit de conventions signées avec les directions des services agricoles, le secteur de la formation professionnelle, l’université Chadli-Bendjedid et le bureau de wilaya de l’Union nationale des femmes algériennes (UNFA). Encadrés par des spécialistes issus d’instituts agricoles nationaux et locaux, les participants ont ainsi pu s’approprier les méthodes les plus récentes, notamment en matière d’élevage de reines et de gestion quotidienne des ruchers.
Cette montée en compétence vise à soutenir une filière traditionnellement bien ancrée dans les zones forestières, montagneuses et pastorales de la région. El Tarf compte en effet près d’un millier d’apiculteurs dont le travail permet de récolter annuellement entre 1 500 et 1 600 quintaux de miel. Afin d’encourager cet essor et de soutenir la relève, les autorités prévoient de distribuer prochainement quelque 1 200 nouvelles ruches aux agriculteurs ainsi qu’à leurs enfants ayant suivi ces cycles de formation avec succès. L’engouement pour le développement de cette filière s’est par ailleurs illustré lors d’une récente journée d’étude dédiée à l’extraction des produits de la ruche, organisée à la maison de jeunes Ahmed-Betchine en coordination avec l’association « Manahil Ech-Chark ». L’événement, dont le coup d’envoi a été donné par l’inspecteur général de la wilaya, Abdenacer Zeraoulia, a pris une envergure inter-wilayas. Il a rassemblé des passionnés et des professionnels venus non seulement d’El Tarf, mais également de Relizane, Khenchela, Oum El Bouaghi, Tébessa, Souk Ahras et Annaba.
Les débats ont permis d’aborder des thématiques techniques très pointues telles que l’extraction du venin d’abeille, l’insémination artificielle ou encore la préservation de la santé des colonies. Une exposition mettant en valeur le matériel apicole moderne et la diversité des produits issus du travail des abeilles est venue couronner cette rencontre riche en partage d’expertise.
R. R.














































