Afripol : un outil pour améliorer l’efficacité des polices africaines

La création du mécanisme africain de coopération policière, Afripol, permettra notamment l’adoption d’une vision globale permettant d’améliorer l’efficacité et l’efficience des services de police africains, à travers le renforcement des capacités organisationnelles, techniques et opérationnelles.
Les chefs de police africains se réuniront ainsi, dimanche et lundi à Alger pour entériner les textes juridiques relatifs au lancement de l’Afripol, prévu en 2016. L’idée de création d’Afripol commençait à se matérialiser réellement, lors de la 22e Conférence régionale africaine d’Interpol, qui s’est tenue du 10 au 12 septembre 2013 à Oran, et qui a vu l’adhésion unanime des 41 Chefs de police africains présents. Plus concrètement, la Conférence africaine des directeurs et inspecteurs généraux de police sur Afripol, tenue à Alger les 10 et 11 février 2014, a « constitué la principale ligne de démarcation, qui a traduit dans les faits les aspirations légitimes des Chefs de police, à travers l’adoption unanime du document conceptuel et de la Déclaration d’Alger ». Ainsi, à l’occasion du 23e Sommet de l’Union africaine qui a eu lieu, à Malabo en Guinée Équatoriale du 20 au 27 juin 2014, les Chefs d’État et de gouvernement africains ont adopté « la vision commune partagée par les Chefs de police à travers la déclaration d’Alger ». Cette organisation continentale « fonctionnera conformément aux principes de démocratie, de respect des Droits de l’homme, de l’état de droit et de la bonne gouvernance », souligne-t-on. Elle fonctionnera également « conformément à l’acte constitutif et à la Charte africaine, sans ingérence aucune dans les affaires intérieures des États membres et dans le respect total de leur législation nationale ». Le principal objectif de ce mécanisme africain de coordination policière est de lutter contre le crime organisé transfrontalier, le terrorisme, le trafic d’armes et de drogue, ainsi d’encourager la coopération sécuritaire régionale, rapprocher les vues des chefs des organes de sécurité en matière d’évaluation des menaces, de définition des politiques, et de renforcement des capacités policières en matière de formation et au profit de la police scientifique. Une fois mise en place, l’Afripol permettra l’élaboration d’une stratégie africaine harmonisée de lutte contre la criminalité, couvrant la conception, la mise en œuvre, l’évaluation et la coordination, notamment dans le cadre des programmes d’appui et d’assistance initiés par les organisations internationales concernées. Elle facilitera également le renforcement des capacités analytiques des polices africaines, en matière d’évaluation des menaces criminelles et d’élaboration de réponses appropriées et la consolidation de la coordination des forces de police déployées dans le contexte des opérations de soutien de la paix. L’Afripol aura pour mission le développement des capacités des polices africaines, notamment à travers des programmes de formation ciblés et adaptés aux réalités des contextes africains d’exercice, la mise en place de centres d’excellence africains, en matière particulièrement de police scientifique et technique, d’analyse criminelle, de lutte contre la cybercriminalité et de la lutte contre le trafic illicite des drogues. Elle permettra aussi la vulgarisation des bonnes pratiques en matière de gouvernance des forces de police, de respect des Droits de l’homme et de l’éthique policière de gestion démocratique des troubles à l’ordre public, ainsi que la mise en place de politiques de police de proximité et de communication avec les populations dans le but d’une participation citoyenne dans la prévention et la lutte contre la criminalité, sous toutes ses formes.
La mise à niveau des compétences, des moyens scientifiques et technologiques et des capacités d’intervention des polices africaines seront des objectifs à réaliser dans le cadre de l’Afripol, à travers l’assistance technique mutuelle dans la formation, l’échange d’expérience, d’expertises et de bonnes pratiques particulièrement en criminalistique et en analyse criminelle, et en utilisation de nouvelles technologies et de solutions novatrices de sécurité.