Pétrole

Riyad répond favorablement à la demande de Trump d’augmenter sa production pétrolière pour faire baisser les prix : L’Arabie saoudite, un allié pétrolier encombrant pour l’AlgérieL’Arabie saoudite, un allié pétrolier encombrant pour l’Algérie

Voilà un tweet qui va faire très mal à de nombreux pays exportateurs de pétrole, comme l’Algérie. Le tweet en question est signé Donald Trump : «Just spoke to King Salman of Saudi Arabia and explained to him that, because of the turmoil & disfunction in Iran and Venezuela, I am asking that Saudi Arabia increase oil production, maybe up to 2,000,000 barrels, to make up the difference…Prices to high! He has agreed !»

La traduction française donne à peu près ceci : «Les prix sont trop hauts». «Je viens de parler avec le roi Salmane d’Arabie saoudite et lui ai expliqué que, en raison des tensions et dysfonctionnements en Iran et au Venezuela, je demande que l’Arabie saoudite augmente la production de pétrole, peut-être de 2.000.000 de barils, pour combler la différence. Les prix sont trop hauts! Il a été d’accord ». Alors que l’Algérie accueillait avec satisfaction la hausse des prix depuis quelques semaines, la baril oscillant entre 75-80 dollars, voilà que l’accord entre Ryad et Washington sur une augmentation importante de la production saoudienne risque de faire baisser les prix à un seuil très préjudiciable.
Déjà, dans les calculs d’épicier des spéculateurs pétroliers, l’information a été intégrée dans les décomptes, si bien que la baisse des prix va immédiatement se répercuter dans les Bourses spécialisés dans l’énergie, comme Nymex.
L’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) a avalisé le 23 juin avec la Russie et ses autres partenaires, un groupe de 24 pays qui assurent plus de 50% de la production mondiale d’or noir, le principe d’une hausse de production. Selon l’Arabie saoudite et la Russie, cela représenterait une hausse d’«un million de barils par jour», ce qui répondrait à la hausse attendue de la demande mondiale. Le cartel et ses alliés sont liés depuis fin 2016 par un pacte de limitation de la production pour faire remonter les cours. Ce qui a semble-t-il fonctionné puisque le baril de Brent, référence sur le marché mondial, est passé d’environ 50 dollars fin 2016 à plus de 80 dollars en mai. «J’espère que l’Opep va augmenter son débit de manière significative. Il faut garder les prix bas! », avait tweeté Trump au moment où l’Organisation publiait sa décision. En avril, il avait accusé le cartel de maintenir des prix «artificiellement très élevés». Surveillez les prix du baril sur les marchés pétroliers et vous saurez quel en sera la valeur réelle d’un tel tweet…
F.O.