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RÉUNIE AUJOURD’HUI SOUS LA CHAPELLE DU FJD ET SON PRÉSIDENT DJABALLAH : L’improbable candidat unique de l’opposition

Peut-on murir un projet d’importance, à l’envergure d’une Présidentielle, à moins de deux mois de l’échéance électorale elle-même ? A priori et connaissant les enjeux autour d’un tel rendez-vous, il en est peu-probable, pour les partis d’opposition, de se donner le mot, en ce temps imparti, pour dégager un candidat unique en course à la magistrature suprême. Et si la chose est faite en tout cas, il reste à s’interroger sur le profil de ce candidat qui aura la carrure consensuelle dans un camp hétéroclite où ses membres sont issus de divers courants politiques.

En effet, en réunion aujourd’hui, sous la chapelle du Front de la justice et du développement (El-Adala) et sur initiative de son président Abdellah Djaballah, les partis d’opposition devront discuter de l’idée de participer à l’élection présidentielle du 18 avril avec un candidat unique, dégagé parmi ses rangs. Cette rencontre est l’aboutissement d’une série de consultations, menées, depuis quelques semaines, par le chef du parti islamiste.
Dès lors, on ne peut parler de l’objectif d’ensemble sans revenir aux intentions du chef de fil Djaballah à savoir. Lui qui s’invente une option de participation en bloc alors qu’il a refusé de prendre part à la Présidentielle au niveau de son parti. Après les dissensions qui ont miné les rangs des partisans de la Plate-forme de Mazafran, précipitées par les Législatives de 2017, chacun des acteurs de cette coalition, et quand bien même le minimum de contact soit maintenu, se consacre aux affaires de son parti.
Si maintenant le cadre le lui permet, l’initiative de Djaballah ne répond pas aux principes tracés par le projet de Mazafran qui va au-delà du simple fait de s’entendre sur un candidat consensuel ou de se présenter aux élections. Mais, et plus tôt, la ligne va vers une transition politique suivie de l’organisation d’un processus électoral. Sur le plan de participation, toutefois, le chef islamiste aura de quoi se réjouir même si, en ce timing précis, il est difficile de cerner toutes les intentions derrières lesquelles courent les acteurs attendus au rendez-vous d’aujourd’hui. À noter en ce sens, qu’exception faite à certains, les acteurs les plus en vue parmi les signataires de la plateforme de Mazafran ont répondu présents à ce conclave, le plus important de l’opposition après l’avènement de la CNLTD.
À commencer par Ali Benflis, président de Talaï El Hourriyat, Abderrezak Makri, président du MSP, Tahar Benbaïbèche (Fedjr El-Djadid), Karim Tabbou, porte-parole de l’Union démocratique et sociale (UDS-non-agrée), Abdelkader Bengrina (El Binaâ), Mohamed Saïd, (PLJ) ou encore le président de l’UFD, Nouredine Bahbouh. Des personnalités nationales aussi y sont favorables à l’idée d’un candidat unique, comme Abdelaziz Rahabi, diplomate et ancien ministre de la Communication et Ahmed Benbitour, ancien chef du gouvernement.
Dans ce lot, Abderrezak Makri, réputé pour ses volte-faces, entrevoit comme un échec de l’idée de présenter un candidat unique de l’opposition. Hier, son parti pond un communiqué dans lequel il annonce une réunion pour aujourd’hui, où il sera question de dévoiler le programme électoral du MSP. À la clé, un slogan révélateur : «Le rêve algérien», qui en dit long sur l’intérêt accordé à l’initiative de Djaballah, où tout au moins annonciateur d’un échec avant l’heure.
Pour un échec, Makri en a déjà à ses dépens après le maintien de l’élection présidentielle dans les délais constitutionnels. En effet, après avoir mené tambour battant l’idée d’un report de la Présidentielle, il revient à «de meilleurs sentiments», ainsi rappelé à l’ordre du Conseil consultatif, qui l’a plébiscité candidat du parti.
Pour le reste, il y a aussi à voir le registre des défections, où l’on retrouve le président du RCD, Mohcine Belabbas, le Front des forces socialistes (FFS), le Parti des travailleurs de Louisa Hanoune, et d’autres parmi ceux consultés de façon directe ou indirecte par le chef du FJD, qui ont décliné l’invitation. Également annoncés aux abonnés absents, les Ali Yahia Abdennour, Sid-Ahmed Ghozali ou encore Mouloud Hamrouche, alors que Ahmed Taleb El Ibrahimi dit soutenir l’initiative. Prétendant à la candidature présidentielle, le général à la retraite Ali Ghediri boude, lui aussi, cette rencontre malgré les incessants appels de Djaballah.
Farid Guellil