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RÉACTIONS APRÈS L’ÉLECTION DE BOUCHAREB : Allégeance et opposition à couteaux tirés

S’il bénéficie du soutien de toute la majorité présidentielle, le nouveau président de l’Hémicycle «Zighoud- Youcef» reste cependant décrié et rejeté par la majorité de l’opposition, qui conteste la manière «illégale» avec laquelle il est propulsé à la présidence de l’APN. Le seul député des Indépendants qui a refusé de le soutenir, Benbelkacem Belkacem, a motivé sa position par une «raison administrative et non pas politique ». Il a dit être révolté après avoir vu les députés de la majorité, dimanche dernier, «utiliser des chaînes métalliques et des cadenas pour bloquer les accès à l’Assemblée», invoquant « une erreur politique». Après le refus collectif des députés de l’opposition de cautionner la décision du Bureau de l’APN, notamment celle de retirer la confiance à Bouhadja, ils ont boycotté hier la plénière pour dénoncer «un coup de force» contre «la légalité et les lois de la République», si l’on tient compte de la réaction de Mohcine Belabbas du RCD, aux côtés du FFS, MPS, PT qui ont aussi boycotté la séance plénière.
Lakhdar Benkhalef, député de l’alliance Nahda-Adala-Bina, a appelé le président de la République à procéder « à la dissolution de l’Assemblée », car « l’APN a désormais perdu sa crédibilité, sa légitimité et sa raison d’existence ». « Nous soutenons la légalité et la Constitution et nous nous dressons contre ceux qui osent piétiner les lois de la République, surtout que ceci émane de ceux-là même chargés de veiller sur ces lois après les avoir eux-mêmes approuvées », a-t-il dénoncé. Interrogé s’il compte tout de même traiter avec le nouveau président, Benkhalef s’est montré prudent : «Nous allons étudier cette question au niveau de notre groupe parlementaire et aussi avec les autres groupes de l’opposition. À ce moment-là, nous prendront une décision, en temps opportun, après avoir pris aussi effet de la position de la présidence de la République et du Conseil constitutionnel sur cette crise». La veille de la tenue de la séance de vote, le député Belkacem Sahli, également président de l’ANR, a annoncé sa démission surprise de l’Assemblée, annonçant aussi qu’il se dresse contre la décision de retrait de confiance à Bouhadja. D’autres démissions s’ensuivront-elles? «Tous les scénarios sont possibles», prévient Benkhalef. En réponse aux députés de l’opposition, Mohammed Djemaï a suggéré à la «minorité parlementaire de respecter la décision de la majorité». « Nous n’avons pas enfreind la loi. Les règles démocratiques édictent clairement que le pouvoir revient à la majorité. Aujourd’hui, la majorité a voté pour la décision de retrait de confiance adoptée par une commission composée également de députés de l’opposition. Alors, être démocratique c’est aussi accepter la décision de la majorité», a-t-il répliqué de son côté. Saïd Lakhdari, ancien président du groupe FLN, a déclaré quant à lui : « il faut tourner la page du passé et regarder vers ce moment historique auquel nous assistons aujourd’hui. Un jeune de 47 ans qui accède à la tête de l’APN pour la première fois dans l’Histoire du pays. Ce qui est un signe fort de la par du président de la République à l’adresse des jeunes. C’est à cela que les regards devront se tourner», suggère le député FLN.
H. M.