SNPSP

PROJET DE LOI DE FINANCES COMPLÉMENTAIRE 2018 Les craintes syndicales

En réaction au climat de tension marqué par l’érosion du pouvoir d’achat, induit par des hausses vertigineuses des prix des produits de large consommation et l’instauration de nouvelles taxes pour combler le déficit budgétaire, l’intersyndicale de la Fonction publique s’est réunie le 2 juin au siège du Syndicat national des praticiens de la santé publique (SNPSP) pour tirer, d’ores et déjà, l’alarme quant aux nouvelles taxes qui sont contenues dans le projet de loi de finances complémentaire pour l’exercice de 2018. À travers un communiqué de presse qui met à nu les tensions sociales des Algériens, l’Intersyndicale déplore et met en garde contre « les répercussions des nouvelles dispositions contenues dans le projet de loi de finance de 2018, sans oublier, les danger de s’orienter vers un modèle de subventions ciblé ».
L’entité syndicale, qui regroupe 14 syndicats des secteurs de l’éducation et de la santé, rappelle, en ce sens, son attachement à la plateforme des revendications, notamment en ce qui concerne les dossiers des libertés syndicales, le pouvoir d’achat, la retraite, ainsi que le Code du travail.
Ainsi, elle lance un appel à l’ensemble des politiciens et députés élus par le peuple « à assumer leurs responsabilités historiques » et à « faire barrière » à l’ensemble des projets de lois et les décisions qui remettent en cause le caractère social de l’État algérien. «Ce sont des projets de lois qui portent atteinte à la sécurité et la paix sociale», estime la même source. Plus loin, le même document souligne l’engagement des syndicats autonomes des différents secteurs «à défendre les intérêts sociaux et professionnels de chaque adhérent», appelant le gouvernement à «être conscient de la nécessité promouvoir le dialogue et les négociations avec les partenaires sociaux, tout en adoptant une politique économique et sociale qui tient compte des sacrifices de la classe ouvrière et à maintenir son pouvoir d’achat». Par ailleurs, en ce qui concerne le point relatif au droit de l’exercice syndical, le communiqué dénonce «la persistance des pratiques arbitraires, des abus et des restrictions imposées aux organisations syndicales et à ses cadres». Autrement, ces agissements sont qualifiés en tant que «répression syndicale». C’est le cas notamment des «dernières mesures unilatérales et illégales en matière de représentativité syndicale», exigeant, ainsi, du gouvernement «le respect des conventions internationales ratifiées par l’État algérien». Rappelons, à cet égard, qu’au mois de mars dernier, le ministère du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale a appelé les syndicats autonomes de se conformer aux dispositions de la loi 90-14, qui stipule qu’un syndicat doit être représenté d’au moins 20%, dans les structures professionnelles pour qu’il ait l’autorisation d’exercer. Rappelons, enfin que les revendications des syndicats éducation de l’Intersyndicale sont se résument à l’amélioration du pouvoir d’achat, les libertés syndicales, sans oublier le Code du travail et la retraite anticipée.
Lamia Boufassa