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LEVÉE « PROGRESSIVE » DE CONFINEMENT DANS LE BTP : La reprise des chantiers face au coronavirus

Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a annoncé la levée progressive du confinement dans le secteur du bâtiment et des travaux publics. Ne dit-on pas, en effet, que  quand le bâtiment va, tout va ? La décision, prise lors du Conseil des ministres de ce dimanche sera appliquée suivant un plan étudié par le Premier ministère en collaboration avec le ministère de la Santé et le Comité scientifique en charge du suivi de l’évolution de la pandémie. Il a été également décidé l’examen avec les partenaires sociaux de « la formule idoine pour la levée progressive du confinement pour certains métiers et activités commerciales à moindres risques de propagation du coronavirus, outre les activités ayant un impact direct sur la vie du citoyen après un long arrêt », ainsi que des « possibilités d’aide aux petits commerçants impactés, y compris leur éventuelle exonération partielle des impôts ». Dans ce contexte, le président de la République s’est dit « satisfait quant à l’amélioration progressive relevée en matière de lutte contre la propagation de la pandémie de coronavirus, mettant l’accent sur l’impératif respect des mesures préventives, notamment le port des masques de protection et le respect de la distanciation physique ». Louant les « sacrifices des personnels de la santé, tous corps confondus », le président de la République a fait part de son « admiration personnelle pour eux et la reconnaissance de la nation pour leurs sacrifices », soulignant qu’ils représentent « le symbole du sacrifice et que l’Algérie en est fière et ne les oubliera jamais ». Le président de la République a, en outre, appelé les citoyens à « la nécessité de persévérer dans le respect des mesures de prévention en vue de soutenir les résultats obtenus », exhortant les walis des wilayas où le déconfinement total a été décidé de « suivre de près la situation et de veiller au respect de ces mesures, notamment l’interdiction des rassemblements, des fêtes et de mariages ». De son côté, le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière,  Abderrahmane Benbouzid, a présenté un exposé qui a fait état d’une « stabilité de la situation sanitaire dans le pays ayant permis une reprise des activités sanitaires au niveau des hôpitaux, y compris les interventions chirurgicales non urgentes et l’enregistrement d’indicateurs positifs à la faveur de l’activation et du renforcement des mesures sanitaires, dont le protocole de traitement adopté depuis le 23 mars dernier, lequel a prouvé son efficacité avec le rétablissement de 98,2 % des patients atteints sur un total de plus de 16 000 cas traités ». Sauver les emplois et l’outil de production Depuis la détection du premier cas de contamination du Covid-19 dans notre pays, de nombreuses mesures de confinement ont été prises. Ce qui a conduit au ralentissement général, voire la paralysée, de l’activité économique. Les entreprises de bâtiment et des travaux publics n’ont pas échappé pas à cette situation. Ce qui a contraint à l’arrêt des chantiers de construction et l’arrêt d’activité des entreprises de BTP. En conséquence, des milliers de travailleurs sont poussés au chômage technique, au congé forcé lorsqu’encore ils ne sont pas licenciés. Selon le directeur général du logement au ministère de l’Habitat, de l’Urbanisme et de la Ville, Anis Bendaoud, plus de 24 000 entreprises de bâtiment sont à l’arrêt. Cependant, l’accumulation des commandes et des retards de livraison – plus de 450 000 logements AADL, PLS, LPA, qui attendent à être livrés –, a contraint le gouvernement à dégeler la situation. C’est d’ailleurs pourquoi le gouvernement a décidé la levée de confinement dans ce secteur réputé être la locomotive de la croissance et véritable baromètre de toute économie. Quelle protection pour les ouvriers sur les chantiers ? Mais maintenant que l’activité du BTP est relancée, qu’en est-il de la protection des travailleurs et ouvriers sur les chantiers ? Face à la menace de contamination au coronavirus, les lieux de travail doivent être assurés à travers des procédures adaptées, notamment pour respecter les gestes barrières et maintenir la distanciation physique entre travailleurs. Dans ce cas, il faut qu’il y ait aussi des réorganisations et réaménagements des lieux de travail et la mise à la disposition des ouvriers des équipements nécessaires de protection, pour permettre la poursuite des activités dans de meilleures conditions et éviter surtout une contamination massive au Covid-19. Il est clair que la responsabilité de l’employeur est pleinement engagée, selon le droit du travail qui l’oblige à prendre des mesures de prévention utiles pour la protection des employés. Le communiqué du Conseil des ministres n’a toutefois pas évoqué les sanctions encourues par les employeurs qui ne respectent pas les mesures sanitaires édictées par les autorités. Ce qui est une responsabilité du ministère du Travail, de la Sécurité sociale et de l’Emploi. Autrement qu’à lui maintenant de se prononcer sur la question.

Hamid Mecheri