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Révision de la constitution : Le projet n’est plus la priorité

La démarche présidentielle s’impose déjà d’elle-même : l’un des projets axiaux de son programme électoral, l’amendement de la Constitution n’est plus à l’ordre de jour pour le président Tebboune.
Lors d’une rencontre avec les médias mardi soir, le président de la République a souligné que « la Constitution n’est plus notre priorité, ce qui nous inquiètent le plus est la vie de nos citoyens ». La décision était déjà très prévisible. Dans une vie politique paralysée par la pandémie, avec un Parlement désert et des formations politiques soucieuses de problèmes internes, cette démarche va aider certainement l’État qui mène un combat ardu conte le Covid-19. Seuls les appels nombreux à la solidarité devraient occuper la scène nationale en cette crise sanitaire aiguê. La situation est rendue encore plus compliquée avec la chute vertigineuse des cours de pétrole, même si l’État rassure toujours que tous les moyens financiers à disposition sont sufisants. Dans un communiqué rendu public la semaine dernière, la Présidence de la République a fait part du report du chantier de la révision de la Constitution, invoquant la crise sanitaire que traverse le pays. Le président Tebboune avait reçu le président du Comité d’experts chargé de formuler des propositions pour la révision de la Constitution, le professeur  Ahmed Laraba, qui lui a remis la mouture de l’avant-projet sur les amendements proposés par le Comité. « Lors de cette audience, le président de la République a reçu la mouture de l’avant-projet sur les amendements proposés par le Comité dans le cadre des sept axes contenus dans la lettre de mission », avait souligné la Présidence de la République. Selon El-Mouradia, « le Président a exprimé ses remerciements aux membres du  Comité pour les efforts fournis, deux mois durant, pour traduire la volonté de changement radical en articles constitutionnels qui constitueront  les fondements de l’édification de la nouvelle République, une fois cautionné par le peuple dans sa version consensuelle finale ». « Vu la conjoncture que vit le pays, en raison de la pandémie du Coronavirus, la distribution de ce document aux personnalités nationales,  chefs de partis, de syndicats, d’associations et les organisations de la  société civile ainsi qu’aux médias a été reportée, jusqu’à l’amélioration  de la situation », a conclu le communiqué de la Présidence. Pour nombre d’observateurs, le caractère exceptionnel de la crise du coronavirus oblige l’État et le Gouvernement de changer de priorités pour faire face tant aux conséquences sanitaires de la pandémie qu’aux difficultés économiques et sociales l’accompagnant. L’urgence impose la nécessaire coordination de la classe politique, société civile et citoyens de tous bords, alors que le pays est confronté, ces dernières semaines, à la montée en puissance de cette pandémie et une appréhension de plus en plus prise au sérieux par les citoyens. Les mesures nationales doivent gagner l’adhésion de toute la communauté nationale, car le véritable combat actuellement est celui mené par le personnel médical et les équipes nombreuses de bénévoles qui veillent à la désinfection des infrastructures publiques.
Hamid Mecheri