Marché

LE MODE OPÉRATOIRE DES MARCHES LE LAISSE BIEN SUPPOSER : L’ONG Otpor manipule-t-elle le mouvement populaire en Algérie?

Loin de l’idée de douter du patriotisme des Algériens et l’amour qu’ils vouent à leur Patrie, comme ils l’ont démontré à travers le rejet de toute ingérence étrangère dans les affaires internes de l’Algérie, il est tout aussi du même devoir de chercher «à déjouer» les manipulations de ce mouvement tentées depuis ailleurs.
On a bien vu l’expérience sinistre de l’ONG serbe Otpor (en collusion directe avec les officines américano-sionistes) et ses plans, exécutés en Ukraine, en Egypte, et tout récemment au Venezuela, pour lever le doute sur les velléités de l’agenda de destruction visant les pays de la région MENA, dont l’Algérie y figure comme cible prioritaire. Bref, l’adage dit : Laver le linge sale en famille ! Qu’il en soit ainsi en Algérie !
En effet, le 22 février dernier, les Algériens étaient sortis par centaines de milliers à travers les rues, cités, villes et même certaines localités peuplées de l’Algérie profonde, pour réclamer le départ du système, son changement, et créer les conditions d’une mutation ouvrant la voie à une 2e République. Ce qui était un droit citoyen absolu pour un peuple, à l’origine d’une dynamique populaire sans précédent dans l’histoire du pays, si ce n’était à comparer au défilé qui a suivi la proclamation de l’Indépendance en 62.
On ne va pas parler des signes précurseurs du plan qui vise l’Algérie, déjà opéré par des individus identifiés par l’opinion publique nationale eu égard à leurs agissements suspects, et connus à chaque rendez-vous politique d’importance et décisif pour l’Algérie. Aujourd’hui, il est question d’une foule algérienne qui pèse plus de 10 millions, 17, voire même 20 millions pour d’autres estimations. Bref, au fur et à mesure que les vendredis se succédaient, les rangs des marcheurs grossissaient davantage. Et comme par enchantement, hormis quelques incidents isolés, signalés à Alger, les manifestations se distinguaient par un mode opératoire que seul un ordinateur pourrait exécuter avec un tel ordre, une telle minutie et spontanéité pour achever l’opération avec un résultat presque parfait.
Ce qui taraude l’esprit donc ce n’est ni le fond des revendications, ni la mobilisation populaire en elle-même. Mais c’est le mode et les moyens de faire qui rappellent bien une feuille de route, digne d’un produit de labo, comme en fait sienne le Mouvement Otpor, une officine parmi celles qui ont détruit déjà l’Irak, la Lybie, l’Égypte et la Syrie.

Une Révolution joyeuse dit-on?
Le mouvement a été vite «orienté» et il retrouve comme nom : «La Révolution joyeuse ! » A défaut de déclarer la guerre à l’Algérie ou de l’entrainer dans un conflit armé, ce qui était voué à l’échec sachant de par une diplomatie qui repose sur le principe de non-ingérence dans les affaires de pays tiers, autant chercher d’autres moyens. Là encore, le mode opératoire a été bien calculé: «La Guerre de 4e Génération !» La crise politique prévalant dans notre pays est le timing qui s’y prête le plus aux complotistes, d’autant que 70% de la population est jeune. À cela s’ajoute quelque 18 millions d’Algériens, qui utilisent l’internet et bien entendu le Smartphone.
Se savant qu’il est dans l’ordre de l’impossible de faire entrainer l’Algérie, à nouveau, dans le scénario des années 90, dont l’expérience périlleuse et l’isolement du pays sont toujours gravés dans les mémoires, on tentera de jouer jusqu’à avec la fibre patriotique des Algériens, qui rejettent par ailleurs toute forme d’expression violente dans leurs manifestations. «La lutte non-violente !» : voila donc un principe adopté à dessein par l’ONG Otpor, dont l’investissement consiste à recruter des partisans au niveau local, leur donner une formation, et les orienter ensuite à l’aide de «programmes-logiciels», pour faire exécuter le plan qui vise, non pas «à démocratiser» comme on le prétend, mais pour avoir directement un contrôle sur l’État. Rien que ça !
À ces recrues internes connues déjà à l’Algérie à la veille de la Présidentielle de 2014, à travers le mouvement «Barakat» qui s’était opposé à ce même mandat présidentiel rejeté dans sa cinquième version en 2019, s’ajoute une charge explosive lancée depuis des «corbeaux» instigués de l’étranger pour faire précipiter l’Algérie dans l’inconnu. Tout le monde se rappelle en effet de la première marche du 22 février dernier dont l’appel «anonyme» avait été dirigé à partir des mosquées du pays, puisque le rendez-vous de la manifestation a été annoncé pour l’après prière du vendredi. Quoique le plan d’instrumentaliser encore une fois les radicaux islamistes pour faire «tomber le régime» algérien soit loin d’être perçu par l’oreille des Algériens, il n’en demeure pas moins que la carte islamiste est toujours entre les mains de ces mêmes officines, qui n’ont d’objectifs que ceux de faire courber l’échine aux pays comme l’Algérie, un pays qui dérange tant par ses prises de position en faveur de l’autodétermination des peuples palestinien et sahraoui, que par sa position stratégique et les richesses dont regorge son sol.

Lorsqu’on observe en effet un certain Larbi Zitout, un islamiste invétéré qui s’exprime sous sa casquette de pseudo-ex-diplomate algérien, un exilé qui résidait depuis des années à Londres, s’agitait, chaque jour que Dieu fait, sur  la situation en Algérie, par le moyen de vidéos par lesquelles il tente d’influencer le cours des événements en Algérie pour faire passer le projet islamiste, rien ne laisse le doute sur l’ombre de cette même ONG qui, aux dernières nouvelles a elle-même recruté des partisans parmi l’appareil du MSP, dont les militants ont été injectés  dans les carrés des manifestants algériens.
Dans cette feuille de route cousue de toutes pièces, il y a comme un Sant’ Egidio-bis qui se profile à l’horizon, sachant qu’un certain Abdellah Djaballah, au niveau interne, présente, lui-aussi, toutes les caractéristiques  pour la mise en marche du dernier «Printemps arabe», qui a ruiné des pays arabes, qui se sont retrouvés du jour au lendemain, sans institutions, ni civile, ni militaire, avec des peuples laissés pour compte. Pour d’autres considérations en effet, on voit mal comment un activiste politique comme Karim Tabou, se réclamant du reste d’un projet de parti qui s’appelle l’Union démocratique et sociale, se retrouver se frotter à un courant dont la politique jusqu’au-boutiste a mis le pays à feu et à sang dans les années 90.
Et comme toutes ces cartes, même si elles trouvent toujours preneurs parmi les acteurs les plus zélés et les plus ambitieux par la Magistrature suprême, n’ont pas porté, on fait désormais appel à une campagne d’intox, aussi paradoxalement qu’elle est attribuée aux partis du pouvoir, à des rumeurs faisant par exemple apparaitre qu’une partie du gaz algérien est offert «gracieusement» à la France.
Farouk Bellali