Cour suprême

LE FEUILLETON JUDICIAIRE SE POURSUIT : Plusieurs anciens ministres devant le juge

Les différentes juridictions ont été, hier encore, le théâtre de nouvelles auditions des anciens ministres. Ainsi, le feuilleton judiciaire, déclenché il y a quelques mois, est loin de connaître son épilogue. Hier encore, le tribunal de Chéraga et la Cour suprême ont convoqué des anciens ministres pour les auditionner quant à leurs implications dans des affaires de corruption.

C’est le cas de l’ancien ministre des Travaux publics et des Transports, Abdelghani Zaâlane, qui a comparu devant le juge d’instruction près le tribunal de Chéraga à Alger. Selon l’agence de presse nationale, Abdelghani Zaâlane est poursuivi pour plusieurs chefs d’accusation liés principalement à l’octroi d’indus avantages à autrui au titre de l’octroi de marchés publics et contrats, dilapidation de deniers publics et abus de fonction et de conflit d’intérêts. Zaâlane avait déjà été auditionné par un juge enquêteur près la Cour suprême pour plusieurs autres affaires de corruption. Il fait partie d’une longue liste de personnalités soupçonnées de corruption. Depuis, l’ancien ministre est placé sous contrôle judiciaire. À noter que la Cour suprême est la seule instance habilité à juger les hauts responsables à l’instar des ministres et walis en cas de délit ou de crime commis pendant l’exercice de leurs fonctions. Également, selon des médias privés, Mohamed El-Ghazi, ancien ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale (2014-2017), a été entendu, par le procureur de la République près le tribunal de Cheraga. Ancien wali d’Annaba (2008-2013), de Chlef (2001-2008) et de Constantine (1995-1998), Mohamed El-Ghazi a été auditionné, avec son fils, qui est également concerné par l’enquête, à en croire le site Alg24. Le site a également précisé que Mohamed El-Ghazi a été convoqué dans le cadre d’une enquête concernant des soupçons de corruption, d’abus de fonction et de dilapidation du denier public.
Du côté de la Cour suprême, c’était l’ex-ministre de l’Énergie et ex-P-DG de la compagnie pétrolière Sonatrach, Chakib Khelil, qui a été convoqué à comparaître devant le juge d’instruction près la Cour suprême d’Alger dans les affaires Sonatrach 1 et 2. Poursuivi pour plusieurs chefs d’accusation, dont la perception de pots-de-vin, la dilapidation de deniers publics, l’infraction à la législation et à la réglementation des changes et des mouvements de capitaux de et vers l’étranger. La Cour suprême devra, dans les prochaines heures, dévoiler si elle emettra un mandat d’arrêt international contre l’ancien ministre. En effet, des rumeurs circulent quant à la présence de celui-ci aux États-Unis. D’ailleurs, à l’heure où nous mettons cet article sous presse, le concerné ne s’était toujours pas présenté devant cette juridiction.
Pour sa part, l’ancien ministre de l’Industrie et des Mines, Youcef Yousfi a été ré-auditionné par le juge enquêteur près la Cour suprême dans des affaires liées à l’ex-Premier ministre, Ahmed Ouyahia et MahieddineTahkout. Le ministre a été placé, rappelons-le, jeudi dernier, sous contrôle judiciaire par la même Cour.
Lamia Boufassa

Youcef Yousfi placé en détention préventive  
L’ancien ministre de l’Industrie et des Mines, Youcef Yousfi, a été placé, hier, sous mandat de dépôt, sur ordre du juge enquêteur près la Cour suprême, apprend cette instance judiciaire. Auparavant, l’ancien ministre qui a exercé ses fonctions sous deux ex-Premier ministre, notamment Ouyahia et Sellal, a été entendu auparavant par le même juge enquêteur au sujet d’affaires de corruption, comme l’étaient, avant lui, plusieurs autres anciens hauts cadres de l’État, aujourd’hui sous détention préventive à la prison d’El Harrach. Ainsi, celui qui a occupé plusieurs portefeuilles ministériels sous le règne de l’ex-Président déchu Bouteflika est confronté à plusieurs chefs d’inculpation, notamment, cite la même source, «l’octroi d’indus avantages au titre de l’octroi de marchés publics et de contrats en violation des dispositions législatives, dilapidation de deniers publics et d’abus de pouvoir et de fonction.»
R. N.