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UN AVOCAT SAHRAOUI MONTE AU CRÉNEAU À L’ONU : Les défenseurs des droits humains victimes de l’instrumentalisation de la justice marocaine

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L’avocat sahraoui et défenseur des droits humains, le Dr Amhamed Hali, a dénoncé devant le Conseil des droits de l’Homme des Nations unies ce qu’il qualifie d’«instrumentalisation systématique» de la justice marocaine pour réprimer les défenseurs sahraouis des droits humains et les militants réclamant le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination.
S’exprimant le 25 juin à Genève, lors de la 62e session du Conseil des droits de l’Homme, dans le cadre du dialogue interactif avec la Rapporteuse spéciale des Nations unies sur l’indépendance des juges et des avocats, le juriste sahraoui a affirmé que les autorités marocaines poursuivent une politique de représailles visant à réduire au silence les voix qui défendent les droits et les libertés au Sahara occidental occupé. Après avoir remercié la Rapporteuse spéciale pour son rapport, le Dr Hali a attiré l’attention sur ce qu’il a décrit comme une « escalade préoccupante » des mesures de représailles prises contre les défenseurs sahraouis des droits humains. Selon lui, cette répression s’accompagne d’un recours croissant à l’appareil judiciaire marocain afin de conférer une apparence de légalité aux pratiques répressives exercées contre les militants sahraouis.
Le défenseur sahraoui, lauréat du prix « Front Line Defenders» 2025 décerné aux défenseurs des droits humains en danger, a estimé que ces pratiques constituent une violation manifeste des normes internationales relatives à l’indépendance de la justice ainsi qu’à la protection des défenseurs des droits humains. Au cours de son intervention, il est également revenu sur son propre cas. Il a expliqué qu’il était interdit d’exercer la profession d’avocat depuis 2020, à la suite d’une décision du barreau d’Agadir, confirmée par les juridictions marocaines. Selon les autorités, son engagement en faveur des droits humains serait incompatible avec les règles déontologiques de la profession.
Le Dr Hali rejette catégoriquement cette justification, qu’il considère comme arbitraire et dépourvue de tout fondement juridique. À ses yeux, cette décision ne constitue rien d’autre qu’une sanction infligée en raison de ses opinions pacifiques et de son engagement en faveur des droits humains.L’avocat sahraoui a souligné que son cas n’était pas isolé, mais qu’il s’inscrivait dans une politique plus large menée, selon lui, par les autorités d’occupation marocaines pour faire taire les avocats, défenseurs des droits humains et militants sahraouis. Une politique qu’il juge contraire aux Principes de base des Nations unies relatifs au rôle du barreau, au principe d’indépendance de la justice ainsi qu’aux engagements internationaux du Maroc en matière de droits humains. En conclusion de son intervention, le Dr Amhamed Hali a appelé la Rapporteuse spéciale à agir dans le cadre de son mandat afin d’inciter les autorités marocaines à mettre un terme à ces pratiques de représailles.
Il a également demandé le rétablissement de son droit à exercer la profession d’avocat ainsi que la mise en place de garanties effectives pour protéger les avocats et les défenseurs sahraouis des droits humains contre toute forme d’intimidation, de harcèlement ou de représailles, afin qu’ils puissent accomplir leur mission sans crainte ni restrictions. Cette intervention intervient dans un contexte marqué par le recours croissant des défenseurs sahraouis des droits humains aux mécanismes des Nations unies pour dénoncer les violations présumées commises dans les territoires occupés du Sahara occidental. À travers ces démarches, ils appellent la communauté internationale à renforcer la protection des civils sahraouis et à garantir le respect du droit inaliénable du peuple sahraoui à l’autodétermination et à l’indépendance.
M. Seghilani

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