Le Camra revient à la charge en raison du silence de la tutelle : Sit-in aujourd’hui devant le ministère de la Santé

70 jours après avoir gelé leur mouvement de grève, les médecins résidents renouent avec la protestation en appelant à un sit-in devant le siège du ministère de la Santé. Le mouvement de contestation des futurs praticiens spécialistes renaît de ses cendres. En effet, alors que tout portait à croire que le ministre de la Santé, le Pr Mokhtar Hasbellaoui avait réussi à éteindre le plus long mouvement de grève qu’ait connue l’Algérie dans son histoire, voilà que les médecins résidents tentent de « redéclencher » leur contestation en cette rentrée sociale, qui s’annonce d’ores et déjà agitée. Ainsi, à travers un communiqué de presse, le Collectif autonome des médecins résidents algériens (Camra) a déploré le silence de la tutelle et a appelé, par conséquent à « protester pacifiquement le 02 septembre (aujourd’hui, Ndlr), contre le mutisme et les promesses non tenues des deux ministères de tutelles (Santé et Enseignement supérieur) ». « Les médecins résidents algériens qui ont mené un lourd et dur combat, qui a duré plus de huit mois, protesteront pacifiquement afin de demander la réouverture du dialogue », a écrit le Camra sur le document, qui a noté que « le gel de la grève a été décidé après les déclarations officielles du ministre de la Santé, permettant des négociations sereines avec des solutions concrètes et satisfaisantes ». Des promesses, qui n’ont jamais été tenues, puisque après plus de deux mois de la reprise de l’activité hospitalière, les médecins résidents continuent à appeler à relancer le dialogue. «Une fois l’activité hospitalière reprise nous avons été ébranlés par le silence et le mépris par lequel a été accueillie notre initiative », a déploré le Camra. À travers cette action, les futurs praticiens spécialistes appellent les deux ministères de tutelle à « l’application des points accordés sur le procès-verbal de la réunion qui s’est tenue avec les représentants du Camra, le 10 avril dernier, ainsi que l’application du nouveau zoning proposé par le ministère de la Santé en date du 14 avril dernier pour la nouvelle promotion de juillet 2018 ». De surcroît, le Collectif réclame « l’organisation d’une session de rattrapage pour les candidats ajournés au DEMS et la réintégration de l’ensemble des résidents exclus de leurs services ». Les résidents en sciences médicales appellent également à éclaircir le sort de l’année universitaire, le remboursement des ponctions et gels anarchiques des salaires au cours de la grève et la poursuite des négociations concernant les autres points soulevés par ce corps médical. Pour rappel, les médecins résidents ont gelé le 24 juin dernier, leur mouvement de contestation qui avait duré près de huit mois. Une période assez longue qui n’a pas abouti à des résultats probants. Depuis ce gel, aucune invitation au dialogue n’a été formulée par le ministre de la Santé, le Pr Mokhtar Hasbellaoui. Néanmoins, il avait assuré que le gouvernement s’attelait à l’examen des revendications formulées par ce corps médical. Dans une déclaration en marge de la clôture de la session parlementaire, le ministre avait indiqué «les portes du dialogue demeurent ouvertes pour se concerter avec tous les partenaires sociaux de tous les secteurs, conformément aux orientations données, à maintes occasions, par le président de la République». Pour sa part, le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Tahar Hadjar, s’est contenté de saluer la décision, affirmant que «les portes du dialogue avec eux sur les questions pédagogiques demeurent ouvertes». Depuis cette déclaration, aucune invitation officielle au dialogue n’a été formulée à l’adresse du Camra.
Lamia Boufassa