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Lamamra à propos de la directive de Riyad sur l’Algérie : «une tempête dans un verre d’eau»

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Les informations rapportées par des médias sur le manquement des institutions algériennes, quant à la prévention du blanchiment d’argent et du financement du terrorisme, n’était qu’«une tempête dans un verre d’eau, sans fondement aucun». C’est en ces termes que le ministre d’État, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Ramtane Lamamra, a répondu à la directive du ministère saoudien des Affaires étrangères, relayée par des médias, informant les ministères de l’Industrie et du Commerce et le Conseil de la monnaie, saoudiens, de faire preuve de «plus de vigilance dans leurs transactions financières avec onze pays, dont l’Algérie». Ciblée dans des rapports d’Organisations internationales et déclarations d’experts et de responsables politiques au niveau, local, régional et international, d’être pourvoyeuse de l’extrémisme religieux par sa diffusion, son soutien politique et financier du wahhabisme, Riyad reste muette à ce propos, et préfère la fuite en avant, selon la conjoncture et l’actualité. Pour Alger, «du point de vue technique, le Groupe international (Gafi, ndlr) rend publics des bulletins, et recommande aux institutions bancaires de faire preuve de vigilance avec certains pays qui n’ont pas encore adapté leurs législations», a indiqué Lamamra, avant d’ajouter que «l’Algérie l’avait fait à travers l’enrichissement de ses lois, et la mise en place de mécanismes qui veilleront à leur application». Soulignant que l’Algérie «a actualisé ses lois en la matière», a rappelé Lamamra, jeudi, à la presse, au terme d’une audience accordée à la présidente de l’Assemblée nationale de la République serbe, Maja Gojkovic, précisant que la question était «très simple». Pour rappel, la directive en question des autorités saoudiennes a été rapportée par le journal saoudien «Mekka», dimanche dernier, indiquant que le ministère saoudien des Affaires étrangères a informé les ministères de l’Industrie et du Commerce, et le Conseil de la monnaie, saoudiens, de faire preuve de «plus de vigilance dans leurs transactions financières avec onze pays», parmi eux l’Algérie.
Il faut noter, par ailleurs, que pour bon nombre d’experts et d’observateurs, notamment de la scène arabe, Riyad a voulu à travers cette directive exprimer un médiatique à la Monarchie marocaine, qui a pris part à la Coalition militaire saoudienne dans son agression contre le Yémen. Riyad a voulu aussi, à travers sa directive en question, atténuer l’impact des difficultés survenus par l’opération de transfert, à Rabat, du soldat marocain, mort après que son appareil de l’aviation militaire du Royaume chérifien a été abattu par les Yéménites. Il a fallu plus de dix jours, pour réussir à transférer le corps du militaire marocain, du Yémen à Rabat, à cause de la position de Riyad sur cette question. Des informations non démenties, d’ailleurs, font état que la monarchie saoudienne a invité le Royaume du Maroc à renoncer à la récupération et le transfert du corps du soldat marocain, affirmant qu’«il était impossible de voir les Yéménites, notamment Ançar Allah, remettre le corps du pilote». Refusant de présenter des garanties sur le circuit que devait emprunter le transport du corps du pilote marocain, à savoir de Saâda à Sanâa, chemin choisi et décidé par les Yéménites, Riyad a rendu difficiles les efforts de Rabat sur ce dossier. À ce propos, des informations ont fait état du rôle joué par Djamel Ben-Omar, l’ex-Envoyé de l’ONU pour le Yémen, dans cette opération dans le cadre des efforts marocains, rendus difficiles par la position en question de Riyad. Des difficultés complexes rencontrées par Rabat, suite à la position de Riyad, refusant les conditions des Yéménites, dont ceux d’Ançar Allah. Ces derniers ont exigé le transport du corps, de la ville de Saâda à Sanâa, pour qu’il soit transféré au Maroc. Ce que Riyad a refusé, en ne présentant pas de garanties, quant à l’arrêt de ses frappes aériennes. C’est durant cette période que Riyad a décidé de lancer et médiatiser la directive précitée, un clin d’œil au Maroc, sur fond de ce qui vient d’être cité à propos du transfert de la dépouille du pilote marocain, et que Rabat a mal vu la position de son allié saoudien. Par ailleurs, Alger, qui durant une décennie, a fait face, et faut-il le rappeler, toute seule, à un terrorisme barbare jusqu’à ce que le monde le découvre après les attentats du 11-Septembre 2001, n’a de leçon à recevoir de personne, en matière de lutte contre le terrorisme et ses réseaux de ramifications. Aussi, depuis ces dernières années précisément, Alger n’a cessé d’œuvrer sur les scènes, régionale et internationale, pour l’adoption de textes, notamment à l’ONU, visant à incriminer le paiement de rançons aux terroristes, dont certains acteurs sur la scène mondiale n’affichent pas la même volonté. Sur la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, celle-ci «figure en tête des engagements internationaux de l’Algérie, et Il n’est pas de nature à être traité à un niveau bilatéral, avec aucun pays arabe ou autre», est-il précisé.
Karima Bennour

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