À l’occasion du 53e anniversaire de la création du Front Polisario et du 50e anniversaire de la proclamation de la République arabe sahraouie démocratique (RASD), la communauté sahraouie établie en France a réaffirmé son attachement au droit du peuple sahraoui à l’autodétermination, lors d’une célébration organisée en banlieue parisienne.
Le président de l’Association de la communauté sahraouie en France, Moubarak Rana, a indiqué dans des déclarations accordées à l’équipe médiatique « Equipe Media » que cette manifestation commémorait deux dates majeures de l’histoire du peuple sahraoui : la fondation du Front Polisario et le lancement de la lutte armée, ainsi que la proclamation de la République sahraouie. Il a souligné que ces événements demeurent profondément liés à la mémoire collective, à l’identité nationale et au combat du peuple sahraoui contre l’occupation marocaine. De son côté, la militante sahraouie Minto Moubarak Rana, membre de l’Association de la communauté sahraouie en France, a expliqué que cette rencontre s’inscrivait dans le cadre des activités annuelles organisées par la diaspora afin de préserver la mémoire nationale, renforcer les liens entre les membres de la communauté et réaffirmer l’attachement du peuple sahraoui à son droit à l’autodétermination et à l’indépendance. Elle a ajouté que l’événement s’est déroulé dans une ambiance festive marquée par des prestations artistiques, des danses traditionnelles et des expressions culturelles reflétant l’attachement des participants à leur identité sahraouie. La responsable sahraouie a également révélé que l’organisation de cette célébration avait été confrontée à des tentatives de perturbation après le retrait de la salle initialement prévue pour accueillir l’événement. Selon elle, l’association a saisi la justice française, qui lui a donné raison en reconnaissant son droit d’utiliser l’espace municipal, permettant ainsi le maintien de la manifestation. Elle a estimé que la tenue de cette célébration constitue « une preuve de l’attachement de la communauté sahraouie à son droit d’organisation et d’expression », ainsi qu’un signe de la poursuite de son engagement en faveur de la cause sahraouie sur la scène internationale. Par ailleurs, le rapport annuel d’« Equipe Media » a mis en lumière le « blocus médiatique systématique » imposé au Sahara occidental occupé. Le document couvre une année entière de violations visant journalistes, blogueurs et militants sahraouis entre mai 2025 et mai 2026. Le rapport fait état d’une intensification des méthodes de répression attribuées aux autorités marocaines, allant des agressions directes sur le terrain à la surveillance numérique des militants, en passant par les restrictions imposées aux journalistes et observateurs internationaux souhaitant accéder au territoire occupé.
Selon le document, ces pratiques viseraient à isoler le Sahara occidental du regard international et à dissimuler les violations commises contre les civils sahraouis. Le texte évoque également la situation des détenus sahraouis, notamment ceux du groupe de Gdeim Izik, qui seraient soumis à des conditions de détention difficiles, dénoncées par plusieurs organisations internationales de défense des droits humains. Dans ce contexte, les organisateurs ont affirmé que, malgré les politiques de répression et de « blackout médiatique », le peuple sahraoui continue de défendre ses revendications en faveur de la liberté et de l’indépendance. Le texte souligne également que les Sahraouis ont déjoué plusieurs tentatives visant à empêcher l’organisation d’activités de solidarité avec la cause sahraouie en Gambie et en France. À Banjul, en marge de la 87e session de la Commission africaine des droits de l’Homme et des peuples, tenue du 11 au 20 mai, la délégation sahraouie est parvenue à organiser une conférence consacrée aux violations des droits humains dans les territoires occupés du Sahara occidental, malgré les pressions exercées, selon ses représentants, pour empêcher la tenue de l’événement. À Paris, des sympathisants de la cause sahraouie et des membres de la diaspora ont participé massivement aux célébrations du 50e anniversaire de la proclamation de la République sahraouie. L’événement a été ponctué d’interventions politiques et de plaidoyers en faveur des droits humains, ainsi que de spectacles folkloriques et musicaux issus du patrimoine sahraoui. Les participants ont également assisté à la projection du documentaire « Trois caméras volées », consacré au combat des journalistes sahraouis, avant de réaffirmer leur volonté de poursuivre les actions de sensibilisation autour de la cause sahraouie sur la scène européenne.
M. S.
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