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LA COMMISSION SAHRAOUIE DES DROITS HUMAINS DONNE L’ALERTE DEPUIS BANJUL :« La situation dans les territoires sahraouis occupés est critique »

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La Commission nationale sahraouie des droits de l’Homme a pris part aux travaux de la 87e session de la Commission africaine des droits de l’Homme et des peuples, organisée dans la capitale gambienne, Banjul, consacrée à l’examen et à l’évaluation de la situation des droits humains sur le continent africain.
Dans le cadre des discussions portant sur l’état des droits de l’Homme en Afrique, le coordinateur de la commission sahraouie des droits de l’Homme en Europe, Hassan Amilid, est intervenu devant la séance plénière. Il a présenté aux membres de la Commission africaine, ainsi qu’aux représentants des États et Gouvernements membres de l’Union africaine, des institutions nationales et des organisations de la société civile, les derniers développements de la question sahraouie.
Le responsable sahraoui a alerté sur « la gravité de la situation humanitaire et des droits humains » dans les territoires occupés de la République sahraouie, affirmant que cette dégradation intervient dans un contexte marqué, selon lui, par « l’escalade des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité commis par l’occupation marocaine », après la rupture du cessez-le-feu du 13 novembre 2020. Selon son intervention, les forces marocaines poursuivent une politique de répression systématique comprenant violences, torture, arrestations, sièges et procès jugés inéquitables, ainsi qu’un harcèlement continu visant les défenseurs sahraouis des droits humains, les journalistes et les militants favorables au droit du peuple sahraoui à l’autodétermination et à l’indépendance.
Dans un exposé détaillé, le coordinateur sahraoui a estimé que la situation dans les territoires occupés suscite « une profonde inquiétude » au regard des pratiques dénoncées comme contraires au droit international humanitaire et aux conventions internationales relatives aux droits humains. Il a également évoqué le blocus médiatique imposé dans la région, l’expulsion de délégations étrangères, les restrictions concernant la création d’associations ainsi que les conditions des détenus politiques sahraouis.
L’intervenant a souligné que ces violations sont documentées dans plusieurs rapports internationaux publiés notamment par Amnesty International et Human Rights Watch, ainsi que dans des rapports du département d’État américain et des mécanismes du Conseil des droits de l’Homme de l’ONU. Il a appelé la Commission africaine à appliquer les résolutions 775 et 689 du Conseil exécutif de l’Union africaine, qui demandent l’envoi d’une mission dans les territoires sahraouis occupés afin de constater directement les violations dénoncées. À l’issue de son intervention, la Commission sahraouie des droits de l’Homme a réclamé l’ouverture d’une enquête exhaustive sur les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité présumés, la libération des prisonniers politiques sahraouis et la garantie des droits fondamentaux des militants, journalistes et défenseurs des droits humains. En parallèle des travaux officiels, une conférence consacrée aux droits humains au Sahara occidental s’est tenue jeudi à Banjul sous le thème : « Crises invisibles et espaces restreints : protection des droits humains et responsabilité dans les territoires occupés de la République sahraouie». Cette rencontre a été organisée conjointement par l’Institut Ighoa, le Centre des droits humains de l’Université de Pretoria et le groupe de travail sur les droits humains au Sahara occidental, avec la participation d’organisations non gouvernementales régionales et internationales ainsi que d’universitaires. Les participants ont abordé les dimensions juridiques et politiques de la question sahraouie, notamment le statut du Sahara occidental au regard du droit international et des résolutions des Nations unies, ainsi que le rôle de l’Union africaine dans la protection des droits humains et du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Les intervenants ont dénoncé ce qu’ils qualifient de « politique de dissimulation » menée par le Maroc concernant les violations commises contre les civils sahraouis, notamment les restrictions visant les défenseurs des droits humains et les obstacles imposés aux mécanismes indépendants de surveillance et de documentation. Ils ont insisté sur la nécessité de renforcer les mécanismes africains et internationaux de protection au Sahara occidental afin de garantir la reddition de comptes et la sécurité des militants sahraouis des droits humains, conformément à la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples et au droit international. La conférence devait initialement se tenir mardi dernier, avant d’être annulée de manière soudaine, suscitant la réaction d’environ 40 organisations non gouvernementales internationales et régionales. Dans un communiqué conjoint, celles-ci ont appelé à garantir la participation de la société civile aux travaux de la Commission africaine des droits de l’Homme et des peuples, exprimant leur « profonde inquiétude » face au rétrécissement de l’espace accordé à la société civile. Ces organisations ont considéré cette annulation comme « une tentative de museler les voix et de cibler les défenseurs sahraouis des droits humains ».
M. Seghilani

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