JOURNÉE MONDIALE DE L’ENFANCE : Pour la révision des lois et la création de tribunaux spécifiques aux droits de l’enfant en Algérie

Intervenant, hier, lors d’une conférence de presse à l’occasion de la Journée mondiale de l’Enfance, coïncidant avec le 1er juin de chaque année, le président du Réseau algérien pour la défense des droits de l’enfant «Nada», Abderrahmane Arar, a plaidoyé pour une révision des lois et des textes qui régissent la protection de  l’enfance en Algérie, notamment la loi 12/15 relative à la protection de l’enfant sur les plans judiciaire et social.  Le même responsable a également évoqué, lors de cette rencontre,  l’importance de la révision du code pénal et la responsabilité pénale des enfants.  Dans ce sillage, le conférencier considère  qu’il est important  d’aller vers une réforme organisationnelle dans le système judiciaire à travers la création de tribunaux spécifiques aux droits de l’enfant, menées aussi  par une équipe spécialisée (juges, procureurs, avocats, huissiers de justice… etc.)
Arar  s’est penché, également, au cours des débats, sur  la nécessité de la protection des droits des enfants, notamment les droits à la sécurité sociale, confirmant , dans ce sens, qu’il est important aujourd’hui  d’attribuer à tout enfant à la naissance, un numéro d’immatriculation pour la sécurité sociale : «Un mécanisme qui a donné ses fruits dans des expériences à l’échelle internationale », a-t-il poursuivi. S’exprimant, d’autre part, sur la situation difficile de l’enfant en Algérie, il a indiqué, à ce propos,  que cette situation est alarmante en matière de violence. Il a mis en évidence, dans ce cadre, le besoin  d’une  collaboration entre les différents acteurs concernés pour la protection de cette tranche de la société: «et aussi  pour que leurs droits  ne soient pas bafoués ou violentés», a-t-il affirmé encore. Évoquant les signalements de différents types de maltraitance à l’égard de l’enfant à travers le numéro vert 3033 du dispositif d’écoute et de signalement mis en place par le Réseau « Nada », Arar a fait part , à ce titre, de plus de 16 000 signalements sur des cas de maltraitance, de violence et de toutes situations de non droits, enregistrés entre 2018 et 2019, «dont 342 cas d’enfants exploités dans la mendicité et 712 cas de violence sexuelle », a-t-il conclu.
Mehdi Isikioune