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GHAZA : Cinq journalistes témoignent des abus des forces d’occupation

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L’organisation Reporters sans frontières (RSF) a révélé les témoignages de cinq journalistes palestiniens originaires de la bande de Ghaza, arrêtés par les forces sionistes après le 7 octobre 2023. Parmi eux figurent Ala’a Al-Sarraj, Diya Al-Kahlout, Shadi Abu Sido et Imad Al-Ifranji.
Leurs récits documentent des arrestations directement liées à leur activité journalistique, ainsi que des interrogatoires et des violations survenus durant leur détention. Selon le rapport de RSF, les journalistes concernés affirment avoir subi des traitements durs, des interrogatoires centrés sur leur travail médiatique et des abus répétés de la part des forces de l’occupation et des services de sécurité israéliens tout au long de leur incarcération. Les cinq journalistes interrogés affirment qu’aucun d’entre eux n’a pu reprendre son activité après sa libération, en raison des séquelles physiques et psychologiques de leur détention. Ala’a Al-Sarraj, qui a passé 692 jours en prison, a déclaré avoir perdu sa maison, son véhicule et tout son matériel professionnel. Il a également indiqué que son institution médiatique a été entièrement détruite, avec la perte de ses archives et de plusieurs journalistes tués, portés disparus ou détenus. Reporters sans frontières estime que ces témoignages révèlent une cible directe contre les journalistes palestiniens en raison de leur travail, qualifiant les pratiques rapportées d’atteintes graves et systématiques à la liberté de la presse. L’organisation appelle à la libération immédiate de tous les journalistes palestiniens détenus, précisant que 19 d’entre eux restent actuellement emprisonnés, dont certains arrêtés après octobre 2023. RSF rappelle également le cas du journaliste Ali Al-Samoudi, libéré en avril 2026 après une année de détention, durant laquelle il aurait perdu beaucoup de poids et vu son état de santé se dégrader fortement.

572 jours de détention et de sévices
Le journaliste Shadi Abu Sido a raconté avoir été arrêté le 18 mars 2024 alors qu’il couvrait des événements au sein du complexe médical Al-Shifa, où il documentait les témoignages de victimes des bombardements israéliens. Sa mission journalistique s’est transformée en une détention de 572 jours, durant laquelle il a été transféré entre la base militaire de Sde Teiman et les prisons d’Ofer et de Ketziot, dans des conditions qu’il décrit comme extrêmement dures. Selon son témoignage, il a été libéré dans un état de santé dégradé, souffrant notamment de la perte de la vision de son œil droit, de gale, d’épilepsie, d’insomnie et d’une perte d’appétit, ce qui l’a empêché de reprendre son activité professionnelle.

« Ils savaient que nous sommes des journalistes »
Les témoignages indiquent que les journalistes ont clairement décliné leur identité professionnelle lors de leur arrestation à Gaza, sans que cela empêche leur transfert vers les centres de détention. Ala’a Al-Sarraj affirme que les interrogatoires ont confirmé sa qualité de journaliste. Diya Al-Kahlout a, pour sa part, relaté son arrestation à Beit Lahia, au nord de la bande de Gaza, après avoir présenté à plusieurs reprises sa carte de presse à des soldats qui l’ont arrêté avec violence. Les journalistes décrivent un parcours carcéral passant par plusieurs centres de détention, dont la base militaire de Sde Teiman, décrite comme un lieu où auraient eu lieu des violences, humiliations et mauvais traitements. Ils évoquent des privations de soins, de nourriture et de sommeil, ainsi que de longues périodes les yeux bandés. Certains ont ensuite été transférés vers les prisons d’Ofer et de Ketziot, tandis qu’Al-Sarraj est également passé par la prison de Nafha.

Interrogatoires sur leur activité journalistique
Les témoignages mettent en lumière des interrogatoires focalisés sur leur travail de presse, leurs reportages et leurs contacts professionnels. Shadi Abu Sido affirme avoir été interrogé par le renseignement militaire israélien sur les couvertures médiatiques dans le nord de Gaza et sur d’autres journalistes ayant travaillé le 7 octobre. Ala’a Al-Sarraj et d’autres détenus disent également avoir été questionnés sur leurs parcours professionnels et leurs réseaux.

Détention sous la loi des « combattants illégaux »
Le rapport de RSF indique que les autorités israéliennes ont maintenu ces journalistes en détention en vertu de la loi sur les « combattants illégaux », permettant des prolongations répétées sans présence effective d’avocats. Les détenus affirment avoir fait l’objet de renouvellements d’incarcération indéfinis, malgré leur statut de journalistes protégé par le droit international.
M. S.

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