Etats-unis

États-Unis : Trump 2020 ? Rumeurs autour d’une primaire républicaine

Les démocrates essaient déjà de se placer dans la course face à Donald Trump en 2020. Mais le président américain figurera-t-il effectivement sur le bulletin de vote dans deux ans? Avec une cote de popularité qui tourne autour des 40% (voire moins selon certains sondages), les spéculations vont bon train sur l’idée que M. Trump pourrait devoir passer par une primaire républicaine pour être candidat à la présidentielle au nom du parti.

Le président a été très critiqué pour la récente paralysie partielle des administrations fédérales. Bien qu’il ait duré plus d’un mois, ce «shutdown» n’a pas abouti à un accord sur la promesse de campagne phare de M. Trump: un mur à la frontière avec le Mexique. Et le procureur spécial Robert Mueller doit encore livrer le rapport final sur son enquête fleuve, qui doit déterminer s’il y a eu collusion entre des membres de l’équipe de campagne de M. Trump et la Russie pour le faire élire en 2016. Il est rare pour un président en place, candidat à sa réélection, d’être défié par un membre de son propre parti, mais ce n’est pas sans précédent. En 1976, Ronald Reagan, ancien gouverneur de Californie, avait tenté d’arracher la nomination républicaine au président Gerald Ford. Quatre ans plus tard, le président Jimmy Carter avait dû se confronter au sénateur du Massachusetts, Ted Kennedy, lors d’une rude primaire démocrate. Et en 1992, le président George H.W. Bush avait repoussé la tentative du commentateur d’extrême droite Pat Buchanan. Chacun de ces trois présidents ayant dû faire face au défi d’une primaire a ensuite perdu l’élection.

Plusieurs noms circulent
Il faut remonter à 1884 pour trouver le dernier président en place à avoir échoué à obtenir l’approbation de son parti: Chester Alan Arthur, alors malade, avait perdu la nomination républicaine face à James Blaine. Bien qu’aucun républicain ne se soit pour l’instant déclaré prêt à mettre le président Trump au défi, plusieurs noms circulent, comme celui de l’ancien gouverneur de l’Ohio John Kasich. A 66 ans, ce républicain modéré n’a pas écarté d’entrer dans la course à la présidentielle, disant aux étudiants de l’université de Floride la semaine dernière que «toutes les options (étaient) sur la table». «Ça ne m’intéresse que si je peux gagner», a-t-il dit selon le journal Gainesville Sun. «Ça ne m’intéresse pas d’être candidat pour nuire à quelqu’un d’autre». Un autre politicien évoqué est le gouverneur du Maryland Larry Hogan, facilement réélu en novembre en tant que républicain centriste dans un Etat largement démocrate. Selon le Washington Post, M. Hogan, 62 ans, «mène des consultations avec des conseillers et des détracteurs de Trump au sein du parti républicain» à propos d’une candidature présidentielle. Le quotidien affirme que Larry Hogan, qui critique ouvertement le président, pourrait attirer «les dissidents républicains qui cherchent une alternative moins polarisante au président Trump». M. Hogan semble ne pas avoir encore pris de décision, et le journal cite des proches qui jugent peu probable qu’il se présente «à moins que Trump ne soit sérieusement affaibli ou décide de ne pas briguer un second mandat». Parmi les autres républicains évoqués figurent le sénateur de l’Arizona à la retraite Jeff Flake, 56 ans, un opposant au président, et le sénateur de l’Utah Mitt Romney, 71 ans, qui a perdu l’élection présidentielle de 2012 face à Barack Obama. Pour le moment, la cote de popularité de M. Trump chez les républicains reste élevée, à près de 80%. Selon des politologues, ce nombre devra probablement baisser avant qu’il soit réaliste pour tout challengeur de défier M. Trump. «Alors, même un fidèle républicain –candidat ou électeur– pourrait être amené à penser que la seule chose qui pourrait sauver le parti serait d’avoir quelqu’un d’autre», écrit Paul Waldman, du Washington Post.