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DJABALLAH SUR L’ÉLECTION DE CHENINE À LA TÊTE DE L’APN : «Son élection ne nous concerne pas : On n’est ni pour ni contre»

Ils sont sous le même chapeau partisan, mais ils ont une opinion différente. Élu, la semaine dernière, président de l’Assemblée populaire nationale (APN), Slimane Chenine ne semble pas faire l’unanimité au sein de son groupe parlementaire : notamment l’alliance des trois partis, Nahda-Adala-Bina, malgré le standing ovation que lui ont réservé les partis de l’ex-coalition présidentielle. D’où une reconfiguration politique qui pose moult interrogations.
Ainsi, Abdallah Djaballah, président du FJD, parti membre de l’alliance parlementaire islamiste, s’est quelque peu démarqué de Chenine en laissant croire, lors de son passage hier au Forum du quotidien El-Wassat, que les décisions que prennent les députés du parti au sein du groupe sont indépendantes. «Lakhdar Benkhallaf [député FJD au sein de l’Alliance] a pris une décision en sa qualité de député à l’Assemblée. Depuis la fondation de cette Alliance, on s’est convenu que les décisions soient prises d’une façon concertée et indépendante des partis politiques », a expliqué Djaballah.
«L’objectif suprême derrière la constitution de cette Alliance lors des dernières législatives est d’aller vers une conférence rassembleuse où tous les partis se fusionnent au sein d’un seul parti.
Quand cela s’est avéré irréalisable et que chaque parti a choisi son chemin, nos députés, dans le groupe, ont décidé que leurs décisions doivent être indépendantes dans ce qui concerne le travail parlementaire », a-t-il poursuivi. Il a ajouté: «Moi en tant que président du FJD, j’ai appuyé cette démarche dans ce qui concerne le travail parlementaire. Mais dans ce qui concerne le parti, les décisions sont prises par le président du parti et j’ai déjà dit que cela [l’élection de Chenine à la tête de l’APN] ne nous concerne pas. On n’est ni pour, ni contre. Ça ne concerne que les députés et ils sont libres dans leurs décisions ».
Interrogé sur l’éventualité, comme suggérée la veille par le président d’El-Bina, Abdelkader Bengrina, que Chenine mène, en sa qualité de troisième homme de l’État, le dialogue national auquel avait appelé Bensalah, Djaballah a affirmé : «Nous sommes dans l’attente de la position officielle du Pouvoir et après nous ferons des commentaires.» Dans ce sillage, Djaballah a réitéré ses conditions pour entamer un dialogue avec le pouvoir ; il a insisté sur un dialogue souverain, général et responsable. Djaballah a défendu, par ailleurs, le Forum des forces du changement du 6 juillet dernier, expliquant qu’il visait à rassembler les différentes initiatives de l’opposition au sein d’une même initiative afin d’aboutir à une vision commune permettant de réaliser les revendications du peuple et sa volonté souveraine.

Le chef du FJD relance les partis de l’Alternative démocratique
À propos de la polémique sur le communiqué final de ce Forum de l’opposition et les échanges d’accusations entre certaines parties de la rencontre du 6 juillet dernier, Djaballah a tenté d’atténuer les tensions, imputant la responsabilité aux organisateurs de ce Forum qui n’ont pas su clarifier les choses aux participants et aux médias; ce qui a encouragé la confusion et l’amalgame. Réagissant au refus des forces de l’Alternative démocratique de prendre part à ce Forum, Djaballah a souligné que la plateforme de ce Forum «est consensuelle et la plupart des premiers concernés et les forces qui ont été avec le Hirak dès la première heure ont été présentes.» Toutefois, «certaines forces, qui se définissent comme démocratiques et laïques, n’ont pas souhaité y participer malgré notre insistance.
Le problème avec eux c’est qu’ils avaient tranché déjà pour une période de transition et ensuite en faveur d’une Assemblée constituante. Nous, nous avons une plateforme commune, tout le monde s’y retrouve, certains peut-être à 100 %, d’autres à 70 %. C’est cela le consensus. Il faut faire des concessions», a-t-il expliqué.
Djaballah a fustigé aussi ce qu’il a appelé «l’échec du pouvoir à convaincre le peuple de son choix ; car ne répondant pas à sa volonté». Djaballah a refusé aussi catégoriquement tout dialogue avec le chef de l’État, Abdelkader Bensalah, critiquant «la volonté du pouvoir d’impliquer, dans ce dialogue, les symboles due régime déchu, rejetés par le peuple ».
Hamid Mecheri