Benmessaoud

IL EST LE PREMIER MINISTRE EN FONCTION À ÊTRE AUDITIONNÉ PAR LA COUR SUPRÊME : Abdelkader Benmessaoud mis en liberté provisoire

Le bal des ministres convoqués par la Cour suprême s’est poursuivi hier. En effet, pour la première fois depuis la mise en marche de la machine judicaire, un ministre en fonction a été convoqué par cette haute juridiction. Il s’agit de l’actuel ministre du Tourisme, Abdelkader Benmessaoud, qui a comparu devant le juge enquêteur de la Cour Suprême. Après son audition, le conseiller enquêteur près la Cour suprême à Alger a ordonné la mise en liberté provisoire du ministre du Tourisme.

Selon la Radio nationale, le ministre a été entendu dans le cadre de l’affaire MahieddineTahkout. Ce dernier est poursuivi dans cette affaire en sa qualité d’ancien wali de la wilaya de Tissemsilt. En effet, Benmassoud aurait octroyé des terrains à caractère agricole à MahieddineTahkout, qu’il a transformé en hangars, selon les explications de la Radio nationale.
Pour rappel, le parquet général près la Cour d’Alger avait transmis le 19 juin dernier, au procureur général près la Cour suprême, le dossier d’enquête préliminaire instruite par la police judiciaire de la Gendarmerie nationale d’Alger, pour des faits à caractère pénal, à l’encontre de MahieddineTahkout et d’autres mis en cause, dans le volet relatif aux cadres et hauts fonctionnaires.
Sous mandat de dépôt depuis le 10 juin à la prison d’El Harrach, la chute de l’homme d’affaires, qui avait le quasi-monopole sur le transport universitaire et avait lancé une usine de montage automobiles Hyundai, a déjà éclaboussé plusieurs personnalités politiques; à l’image de Ahmed Ouyahia, l’ex-Premier ministre, l’ancien ministre de l’Industrie; Youcef Yousfi, placés sous mandat de dépôt, sans oublier l’ancien ministre des Transports, Abdelghani Zaâlane, placé, quant à lui, sous contrôle judiciaire. Six walis, dont deux en exercice ; à savoir : Mohamed Djamel Khenfar, wali d’El Bayadh et Sif El Islam Louh, wali de Saïda, sont également cités dans cette affaire. Abdelkader Zoukh, ex-wali d’Alger, Djeloul Boukarabila, ex-wali de Saïda, Abd Allah Benmansour, ex-wali d’El Bayadh et Fouzi Benhocine, ex-wali de Chlef et de Skikda, sont les anciens walis cités dans cette affaire. L’autre ministre qui a été convoqué, hier par la Cour suprême, est l’ancien ministre des finances ; Karim Djoudi qui, a comparu devant le juge enquêteur de cette haute juridiction, à en croire des médias privés. Karim Djoudi avait déjà comparu devant le juge enquêteur de la Cour Suprême pour octroi d’indus avantages et dilapidation des deniers publics dans le cadre de l’affaire Ali Haddad. Il avait été placé sous contrôle judiciaire le mois passé. Il a quitté la Cour Suprême libre mais reste sous contrôle judiciaire.
L’audition des ministres par la Cour suprême répond aux dispositions de l’article 573 du Code de procédure pénale. Ils bénéficient de la règle du privilège de juridiction compte tenu de leurs fonctions au moment des faits. Visiblement, la justice passe à la vitesse supérieure en mettant en accusation des ministres et des walis en fonction.
En effet, depuis le début du mouvement populaire pacifique, seuls les anciens ministres étaient convoqués à la Cour suprême.
Lamia Boufassa