Fetta Saddat-Saidi-Djilali

DISCOURS DE GAÏD SALAH : Le RCD, Jil Jadid et le MSP réagissent

La classe politique a réagi hier au discours du chef d’état-major de l’ANP, Ahmed Gaïd Salah, prononcé lors de sa visite à la 2e Région militaire, à Oran.
La nouvelle sortie du vice-ministre de la Défense nationale intervient à la veille de la rentrée sociale et après six mois de soulèvement populaire pacifique contre le système en place, revendiquant un État de droit démocratique et civil. Dans son discours, le chef de l’ANP réaffirme son attachement à l’organisation d’une élection présidentielle comme sortie de crise. Par contre, il s’est opposé à tout processus constitutionnel à travers une période de transition comme issue. C’est ce qui à fait réagir les partis politiques de l’opposition que nous avons contactés, hier, à l’instar du RCD, Jil Jadid et le MSP chacun à sa manière.

Le RCD : «Le pouvoir réel continue son entêtement»
Pour la députée du RCD, Fetta Saddat, le pouvoir réel « continue son entêtement», en ignorant «les aspirations du peuple algérien, puisqu’il insiste sur la présidentielle comme seule voix de sortie de crise », indique-t-elle. Plus loin, Saddat affirme que « non seulement le pouvoir tourne le dos aux revendications populaires mais aussi la position de l’Armée et celle des citoyens sont inconciliables». Puisque, a-t-elle analysé, «l’armée évite l’adoptation d’une solution favorable». D’un autre côté, la responsable du RCD pointe du doigt une «ingérence de l’Armée dans les affaires politiques.» Affirmant que le peuple «est très clair» dans ses revendications, réclamées chaque vendredi dans les marches pacifiques qu’il organise. Autrement dit, «le peuple a dit plusieurs fois à travers ses marches du vendredi qu’il veut bâtir un État civil et non pas militaire ou policier», précise-t-elle.
Concernant les mises en garde de Gaïd Salah sur la période de transition comme voie d’une sortie de crise, Saddat a affirmé ces déclarations, surtout celles qui considèrent que ceux qui appellent à une transition sont des «voix malveillantes », relève de «l’affaiblissement», estime-t-elle.
Pour le Panel de médiation et de dialogue et les encouragements de la démarche par le chef d’état-major, selon Fetta Sadat «aucun fondement objectif et réel, étant donné que chaque vendredi le peuple rejette cette commission et ses membres».

Jil Jadid : «Les attaques contre les partisans d’une transition sont excessives»
Le président de Jil Jadid, Sofiane Djilali, a indiqué, de son côté, que le discours n’apporte rien de « nouveau ». «C’est un discours qu’il répète autant dans le fond que dans la forme », a-t-il fait comme lecture. Par rapport au Panel, Djilali indique que Gaïd Salah «aurait pu aider le Panel» en ouvrant le champ politique. Or «il reste toujours sur une position très crispée et très dure», estime-t-il. Concernant les critiques vis-à-vis de ceux qui revendiquent une transition démocratique, notre interlocuteur a affirmé que les déclarations sont «excessives ». Il poursuivra :« Je pense que les Algériens veulent construire une démocratie», avant de suggérer que « chacun a le droit de proposer des solutions, et c’est dans un dialogue sérieux que l’on peut trouver un consensus », souligne-t-il. Sofiane Djilali a, par contre, salué l’initiative des Dynamiques de la société civile. « Le dialogue initié par la société civile est un très bon exemple à suivre. Cela permettra de mettre à plat toute les solutions possibles et d’aller vers ce qui est mieux pour le pays», a-t-il indiqué.

Le MSP : «Gaïd Salah était plus clair dans son message»
Contrairement au RCD et à Jil Jadid, Abderrahmane Saïdi, cadre du MSP, et ex-président du Conseil consultatif du parti dirigé par Abderrezak Makri, a salué le discours du vice-ministre de la Défense, affirmant que ce dernier était «plus clair dans son message ». En effet, en se montrant très optimiste sur les déclarations du chef d’état-major de l’ANP, Saïdi a affirmé qu’ « organiser les élections dans les plus brefs délais est le bon choix pour sortir de la crise ».
Partageant ainsi avec l’ANP l’avis selon lequel « la transition est le mauvais choix ». «Le chef d’état-major a raison de traiter ceux qui souhaitent une transition de voix malveillantes », « ils ne veulent pas le bien au pays. Il faut se rappeler que ce chemin, on l’avait déjà pris et on n’a pas réussi », estime-t-il. Concernant le Panel, Saïdi a affirmé que l’instance dirigée par Karim Younes «a réussi jusqu’à maintenant dans sa mission» et qu’«elle est dans la bonne voie».
Sarah Oubraham