Sonatrach

DEUXIÈME ACTE DU PLAN DE SONATRACH VISANT LE DÉPLOIEMENT À L’INTERNATIONAL : Sonatrach s’implante en Turquie

En dépit des critiques émises devant le choix adopté par Sonatrach d’investir en Europe, le département d’Ould Kadour continue de mettre à exécution sa stratégie de s’implanter à l’international.

En effet, après l’acquisition, fort critiquée, d’une raffinerie italienne d’ExxonMobil en mai 2018, le groupe algérien se prépare à signer avec deux sociétés turques un contrat pour la réalisation d’une unité de propylène en Turquie.
Selon les déclarations faites, hier à Alger, par le PDG du groupe pétro-gazier public algérien Abdelmoumene Ould Kaddour, il s’agit de Ronesans Endustri Tesisleri lnoaat Sanayi ve Ticaret et Bayegan, les deux sociétés turques avec lesquelles la sonatrach s’apprête à signer, à la fin de l’année, un contrat portant sur la réalisation d’une unité de propylène en Turquie.
Selon les explications fournies par ce même responsable, le propylène est obtenu par déshydrogénation du gaz propane. Très demandé dans l’industrie pétrochimique, sa production mondiale avoisinerait 100 millions de tonnes/an (2014) et devrait se situer en 2023, autour de 130 millions de tonnes. Le PDG de Sontrach a rappelé, par ailleurs, que l’accord d’entente entre Sonatrach et ses deux partenaires turcs pour la réalisation d’une étude de faisabilité de ce projet a été signé il y a plus d’un an, en août 2017, précisant que la part de Sonatrach dans celui-ci sera de 30%, et c’est elle qui fournira le propane pour l’unité de production.

Un premier acte du déploiement à l’international : la raffinerie d’Augusta
Le PDG de Sonatrach, qui table énergétiquement sur la présence de Sonatrach à l’international, a opéré le premier acte par le rachat à Esso Italiana (filiale d’ExxonMobil), en mai 2018, de sa raffinerie d’Augusta (Sicile), ainsi que de trois terminaux pétroliers, pour un montant à propos duquel on nous dira qu’il correspond au sixième du prix d’une raffinerie neuve. Pour les responsables de la Sontrach cette transaction se justifie par le besoin d’améliorer l’approvisionnement de l’Algérie en produits pétroliers et par le fait que si le programme de réhabilitation et d’extension des raffineries algériennes est ambitieux, sa réalisation « prendra quatre à cinq ans, au bas mot, alors qu’avec Augusta, l’Algérie dispose d’un accès immédiatement à des capacités supplémentaires, n’en déplaise à ceux qui ont critiqué la transaction en question au motif que les grandes firmes européennes et américaines investissent moins dans le raffinage en Europe, où le marché serait encore en surcapacité.
Zacharie S Loutari