Abid Charef

Depuis la mise en quarantaine de Abid Charef après la fameuse finale de LDC : Sales temps pour l’arbitrage algérien en Afrique

Verdict sans appel ou simple mépris ? S’il ne faut pas parler d’«oubli», la CAF, par une décision pour le moins inattendue, a peut-être décidé de sévir en mettant sur la touche l’arbitrage algérien avec sa mise au frigo à l’occasion de la dernier journée des éliminatoires de la CAN 2019 en Egypte. Ça donne à réfléchir et ça exige explications. à la Faf de jouer sur un registre où malheureusement, pour les raisons que l’on sait (une question de réputation loin d’être usurpée), sa marge de manœuvre est plus que réduite. Mal- heureu-sement.

Mauvaise réputation, seulement ?
Une tendance qui s’inverse et rend compte d’une crise qui s’installe dans la durée. Alors que l’Algérie aligne, à des tours avancés des compétitions inter-clubs, un trio composé du tandem qui a pour noms la JS Saoura et le CS Constantine en LDC, et le NA Hussein Dey en CAF avec, faut-il le préciser, des chances réelles à l’amorce de l’ultime étape de groupes de continuer l’aventure, un fait loin d’être anodin s’impose à l’analyse: l’homme en noir, qui fait les frais de la réputation qu’il s’est fait intra-muros, ajoutée à la désastreuse, voire scandaleuse copie rendue par son chef de file Abid Charef lors d’une certaine finale Ahly du Caire- ES Tunis la saison dernière, disparaît des radars. Mis carrément au frigo par la CAF qui l’écarte (on parle de tous les représentants habituels du corps arbitral national sur la scène internationale dont l’étoile périclite) des rencontres prévues lors des journées des 22,23 et 24 mars en cours et à l’issue (la 6e et dernière étape des éliminatoires de la CAN 2019 en Egypte, ndlr) desquelles devraient être connus les noms des derniers heureux qualifiés, certaines rencontres étant pourtant considérées comme de simples formalités car sans réels enjeux, les sélections en présence ayant déjà le billet en poche, du moins plus du tout concernées (hors course) par le voyage sur les bords du Nil. Si donc l’EN, qui n’a pas manqué de confirmer les pronostics en s’assurant très tôt le fameux sésame ouvrant les portes des Pyramides avec un statut de potentiel favori à la succession du champion sortant, le Cameroun, et qui s’apprête à accueillir la Gambie dans un match considéré comme une simple revue d’effectifs pour le coach Belmadi avant l’établissement de la liste définitive des «23» concernés par le prestigieux tournoi de juin- juillet prochains, n’a plus aucun souci à se faire dans une course pliée sans sérieux encombres, on se félicite également et jusque-là (on touche du bois) de la bonne marche de nos représentants (la JS Saoura, le CS Constantine et le NA Hussein-Dey pour ne pas se répéter) sur cette même scène africaine, l’homme en noir n’est pas sorti de l’auberge.

Pas le … bienvenu
Broie carrément du noir en sortant des plans de la commission d’arbitrage de la CAF qui vient de décider, malgré la sortie du frigo du désormais très controversé Abid Charef pourtant blanchi de tout soupçon de corruption, de maintenir des «sanctions» à peine voilées. Qui disent ce qu’elles disent. Que, par exemple, le 23ehomme algérien n’est pas (momentanément, on l’espère) le bienvenu sur les terrains d’Afrique (qu’en pense la Faf et quelle riposte prévoit-elle ?) quand bien même nombre de ses pairs sur le continent, auteurs de prestations catastrophiques, continuent, sans risques aucuns, de sévir en pesant négativement sur le cours de nombreuses parties sentant la magouille. L’arbitrage algérien, rarement aussi contesté et plus que jamais en crise, ne semble pas près de finir sa traversée du désert maintenant qu’il vient de perdre la confiance des instances africaines après avoir, sans surprise, perdu énormément de crédit en compétitions nationales où il défraie continuellement la chronique avec une multiplication d’affaires scabreuses bonnes, pour la plupart, pour le pénal. Coupables de prestations médiocres, voire entachées de suspicion, nos «chevaliers» du sifflet, constamment traînés dans la boue, n’en finissent plus de décevoir en discréditant (les accusations et les récusations, ce n’est pas ce qui manque) toujours un peu plus des compétitions où leur peu de «neutralité» est souvent entièrement engagé. Une partialité ternissant un peu plus l’image d’un football plus que jamais sous la loupe des instances internationales. Qui a choisi un autre terrain (celui de la combine et des matches arrangés) que la performance, le seul verdict du terrain, pour s’imposer à une opinion quant à elle fatiguée par les levées de boucliers à l’arrivée de week-ends footballesques aussi houleux (la violence est omniprésente) que frappés du sceau de l’arrangement. Dans un marché animé par une drôle de faune sans scrupules, l’homme en noir (on continue malheureusement à l’appeler ainsi malgré le changement de couleur concernant leur tenue, du côté des tribunes on a applaudi au départ) n’en continue pas moins de faire l’actualité par ses mauvais côtés, le public comprenant finalement que les idées «noires» avec lesquelles ils descendent sur le terrain ont cette particularité de noircir sensiblement un tableau croulant sous le poids des affaires louches et des «services» rendus à l’approche des verdicts de fin de saison.

«Juges», qui a dit «juges» ?
Présents pour cette ultime manche et la pression en moins avant le début des grandes manœuvres (une préparation à peaufiner dans ses moindres détails avant de prendre l’avion pour le Caire avec l’intention ferme de jouer les tout premiers rôles et ne pas décevoir leurs millions de supporters qui rêvent de nouveau au sacre), les «Verts», dans une bonne dynamique depuis la nomination de Belmadi, s’ils retrouvent leur sérénité et un tant soit peu leur football (c’est ce qui peut justifier notre optimisme qu’il faut toutefois mesurer en raison de la terrible, féroce concurrence qui les attend à l’occasion de cette énième fête biennale du jeu à onze continental) retrouveront, bientôt et dans leur jardin fétiche de Blida- Tchaker, leur 12e homme avec l’intention de reprendre langue avec lui sous le signe de toutes les promesses en attendant le cadeau espéré: faire de l’édition égyptienne la nouvelle étape pour un retour aux cimes.
Avec, si possible (et c’est jouable) une ascension menant au sommet du continent réussie après près de trois décennies de disette, le dernier et unique trophée majeur remontant (c’est très loin) à Alger en 1990. Reste à savoir s’ils remarqueront (à moins qu’ils lisent nos comptes rendus ou commentaires où aucun cadeau n’est plus possible) que nos arbitres, qui font les frais (et c’est peu dire, mais pas tous) de leur parcours chaotique, ont cette particularité d’officier désormais avec un crédit gravement entaché en championnats nationaux ces dernières saisons, ne seront pas de la partie lors de cette fin du mois de mars qui décidera du sort de quelques sélections appelées à descendre dans l’arène (le mot est approprié avec les risques de dérapages justifiés qui planent sur des rencontres décisives car appelées à compléter la liste des invités à la fête égyptienne) le couteau, dirions-nous, entre les dents. Peu disposés à se faire la moindre concession sous la direction de «juges» arbitres à surveiller de près et, pour certains, habitués (on sait, il faut des preuves, et c’est le refrain à la mode chez nous et sortis par nos champions de la «combinazzione» à chaque révélation) à monnayer leurs précieux services contre dollars sonnants et trébuchant. L’arbitre algérien, dans l’œil du cyclone, sous le coup de sanctions qui ne disent pas leur nom, reste à la maison. Est invité à suivre à la télé une manche à valeur de confirmation. La confirmation qu’il ne fait plus recette. Fait peur et ce n’est pas les accusations le concernant, chez lui, dans les compétitions nationales, qui diront le contraire.

Allo la Faf…
Une bonne nouvelle toutefois relayée par des médias nationaux. Une petite (insignifiante ?) éclaircie dans une immense grisaille avec ce geste que consent la CAF d’Ahmed Ahmed (de plus en plus contesté en coulisses et qui a du mal à se défaire du legs de Hayatou) avec la désignation de Boukhalfa (c’est ce qui se fait de mieux dans nos murs, faut-il le reconnaître) pour officier dans la prochaine CAN des U17 (les Algériens, encore une fois, ne seront pas, c’est désolant, de la fête pour avoir raté la marche pour la énième fois, laissant ainsi le soin aux traditionnelles écoles de formation des jeunes talents en Afrique de bien préparer l’avenir en gagnant en expérience lors des grands défis internationaux) qui passerait, en ce qui le concerne mais ça reste à vérifier, disent des observateurs, pour un tournoi de «seconde zone» et n’exigeant pas la présence des meilleurs sifflets africains. En un mot comme en cent (dans le mille), nos arbitres n’ont pas le niveau. Peut-être seulement bons pour un simple tournoi en inter-quartiers. Ceci dit, et comme pour nombre de dossiers, il semble que l’instance en charge du football national (l’arbitrage restant une des plus grandes priorités pour le développement de la discipline, sauf que les cas de dépassements démontrent toute l’étendue de la crise et des progrès à faire), dirigée par Zetchi fait plus dans la réaction (à voir, parce que les réactions, rares pour ne pas prévoir le pire, disent le contraire) que dans l’action en faisant l’autruche au contraire de certaines fédérations (dans le lobbying et l’entrisme, la Fédération Royale marocaine qui fait feu de tout bois et s’impose à l’heure de chaque grand décision engageant le football sur le continent, demeure l’exemple à suivre) dont l’avis est écouté. Mieux, pèse de tout son poids quand il faut et au moment qu’il faut.
Faut-il regretter dès lors l’ère Raouraoua qui a su, plus ou moins, manœuvrer en maintenant un tant soit peu une présence dans des structures où la voix de l’Algérie était écoutée en dépit des contingences ? La réponse est posée avec acuité au locataire en chef du bureau de Dely Brahim appelé à monter au créneau en rendant leur crédibilité à nos arbitres, même si l’on sait que la tâche s’avère difficile avec l’étiquette qui leur colle désespérément à la peau, la répétition et l’accumulation des affaires atterrissant régulièrement sur son bureau et rendant compte d’une situation devenue incontrôlable, a cette particularité de le «ligoter» dans ses mouvements.
A quand la réaction attendue ? On peut patienter mais faites vite messieurs de la Faf en répondant judicieusement à nos appels. Allô qui ? Et si c’est (ça craint) la Fifa qui s’en chargeait?
Azzouaou Aghilas