Sahara Occidental

Décolonisation : L’autodétermination des Saharaouis réaffirmé avec force à l’ONU

Les pétitionnaires sur le Sahara occidental ont réaffirmé, à New York, le droit inaliénable du peuple sahraoui à l’autodétermination, appelant les Nations unies à prendre les mesures nécessaires pour parachever la décolonisation du Sahara occidental.

S’exprimant, lors de la session de fond du Comité spécial de décolonisation de l’ONU, dit Comité des 24, qui se tient à New York, le représentant du Front Polisario, M. Sidi Mohamed Omar, a déclaré que depuis 27 ans, le Maroc fait obstacle à l’organisation du référendum d’autodétermination, poursuit sa politique d’annexion et tente de modifier la composition démographique du territoire. «C’est l’occupation et l’annexion marocaines qui sont le principal obstacle à la décolonisation de ce territoire», a tenu à rappeler le diplomate sahraoui. «La puissance occupante persiste dans ses tentatives de porter atteinte au droit inaliénable de notre peuple à l’autodétermination et à l’indépendance. Pour ce faire, elle a eu recours à la manipulation, à la désinformation, à l’intimidation et au sabotage», a dénoncé le représentant du Front Polisario. Insistant sur le fait que le Front Polisario est le seul représentant «légitime» du peuple sahraoui, M. Sidi Mohamed Omar a souligné devant le Comité que le conflit au Sahara occidental est une question évidente de décolonisation inscrite à l’ordre du jour de l’ONU depuis 1963. Le représentant sahraoui a rejeté les arguments fantaisistes du Maroc pour convaincre le Comité du contraire, et a rappelé que le processus de décolonisation a été violemment interrompu quand le Maroc a envahi le Sahara occidental en 1975, «une invasion dénoncée par l’Assemblée générale à plus d’une occasion», a-t-il indiqué. Le Maroc, a-t-il poursuivi, tente de priver le peuple sahraoui de son droit inaliénable à l’autodétermination et multiplie les stratégies et les menaces. «Que la question du Sahara occidental soit encore à l’ordre du jour du Comité des 24 montre bien clairement que c’est bien une question de décolonisation», a soutenu le représentant sahraoui, invitant «l’ONU et la communauté internationale, dans son ensemble, à assumer leurs responsabilités en envoyant au Maroc un message fort que le droit inaliénable des peuples à l’autodétermination et à l’indépendance ne peut être indéfiniment tenu en otage par l’intransigeance d’une puissance occupante». «Si rien n’est fait, le comportement irresponsable et agressif du Maroc pourrait mettre en danger la paix et la sécurité dans toute la région», a-t-il prévenu. «Ce comité doit dire les choses telles qu’elles sont au Maroc et lui demander de mettre fin à son occupation et à son annexion pour que notre peuple puisse jouir de sa liberté et de son indépendance à l’instar des autres peuples du monde», a -t-il réclamé. Sidi Mohamed Omar a appelé le Comité des 24 à effectuer une mission sur le terrain, relevant que la dernière visite du Comité aux territoires sahraouis remonte à 1975.
De son côté le pétitionnaire, Ahmad Mohamed Fall a exhorté la France à cesser de soutenir l’occupation du Sahara occidental, dénonçant, dans son intervention, l’implantation de millions de mines par le Maroc dans la zone tampon en violation flagrante du droit international qu’il est tenu de respecter. Intervenant lors de cette séance consacrée à la décolonisation du Sahara occidental, M. Nama Chahir a condamné les élections législatives tenus dans les territoires occupés, en affirmant que le Front Polisario est le seul et unique représentant du peuple sahraoui. Nama Chahir a dénoncé, à son tour, les violations des droits de l’Homme commises par le Maroc, qui rappellent l’oppression de l’apartheid, s’indignant contre la politique de la terre brûlée mené par le Maroc qui a commis un génocide contre un peuple qui attend de pouvoir exercer son droit à l’autodétermination.
M.B.