abdelmalek Serraï

CRÉATION DE NOUVELLES COMPAGNIES AÉRIENNES : L’économiste Abdelmalek Serai applaudit la décision

Alors que la Compagnie aérienne nationale Air Algérie souffre d’un déficit financier à cause de la pandémie du Coronavirus Covid-19 qui a mis tous les secteurs à l’arrêt, et que les frontières aériennes sont toujours fermées, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a donné, lors du dernier Conseil des ministres, des instructions pour de «revoir» son mode de gestion de manière à la rendre compétitive à l’international, tout en ordonnant d’une part l’ouverture des aéroports fermés et la création de compagnies spéciales en vue d’assurer le service de transport aérien interne pour créer une dynamique économique et absorber le chômage d’une autre part.

En effet, si rien n’a été dit ou décidé lors de cette réunion concernant la réouverture des frontières de l’Algérie, qui sont fermées depuis la mi-mars à cause de la pandémie de coronavirus, et donc la reprise des vols, le président Tebboune a instruit de rouvrir les aéroports intérieurs fermés et de créer des compagnies spéciales en vue d’assurer le service de transport aérien interne pour créer une dynamique économique et absorber le chômage. Tebboune a aussi ordonné « la préparation d’une plateforme pour un hub aéroportuaire de l’Algérie à Tamanrasset en collaboration avec les spécialistes et experts pour accéder aux marchés africains », et « d’exploiter la conjoncture économique mondiale pour l’ouverture de nouvelles lignes, notamment vers les Amériques et l’Afrique ».
Selon l’expert en économie Abdelmalek Serai la décision prise par le président de la République concernant la création de nouvelles compagnies aériennes, est une « excellente chose ». Et pour cause, « le pays est tellement vaste qu’il a besoin d’une chaine aérienne très développée », nous a-t-il déclaré hier. Contacté par nos soins, l’expert économique a précisé qu’« il était temps de revenir à ce qui a été dit par le passé, et d’ouvrir le champ de l’aviation e. Et c’est quelque chose que je ne peux qu’applaudir, parce que j’avais déjà demandé plusieurs fois cela ». Concernant le hub aéroportuaire de l’Algérie à Tamanrasset, Serai a précisé que grâce à ce projet les villes du sud notamment Tamanrasset peuvent devenir un pôle « extraordinaire » du trafic africain aérien et du transit des passagers africains vers l’Europe et l’Asie.
Et d’ajouter que l’Algérie a des dispositions naturelles de certaines villes comme Tamanrasset et « nous avons également un intérêt réel puisqu’on on a été sollicités par le passé par pas mal de compagnies à l’instar de Qatar Airlines pour ouvrir une ligne aérienne sur Alger. Donc, dit-il, « cette démarche créera de l’emploi ». Également, et après avoir affirmé sa disponibilité d’aider à concrétiser ces compagnies d’aviation, Serai a souligné que ce projet concerne et le public et le privé. « Le privé doit travailler, il faut donner la chance à ce secteur. Il y a plusieurs opérateurs et techniciens et des Algériens qui ont de l’argent et qui peuvent investir dans ce domaine », affirme-t-il. « J’ai moi-même négocié avec les Américains et j’ai eu une réponse très favorable, soit pour nous louer des avions ou nous donner des crédits », conclut l’expert en économie qui opte pour la location.
Réformer la gestion d’Air Algérie
Par ailleurs, et lors de la réunion du Conseil des ministres, le Président a abordé le sujet de la gestion d’Air Algérie, au moment où le changement de mode de gestion de la compagnie nationale est devenu aujourd’hui inévitable. Ce qui passe par la nécessité de diminuer le personnel excessif de plus de
9 000 salariés, tous services confondus qu’il faudrait amputer de deux tiers, selon des experts. Également, Air Algérie dispose de nombreuses agences à l’étranger, qui représentent une part considérable dans ses charges en devises, alors que l’Algérie veut réduire les transferts de devises, en raison de la fonte de ses réserves de change, conséquence de la baisse des prix du pétrole. Sur ce, le président Tebboune a donné des instructions pour procéder à une « réduction » du nombre de ses agences à l’étranger, et de revoir sa gestion de façon à lui permettre de revenir à la compétition internationale, a précisé le Conseil des ministres dans un communiqué. Outre la fermeture d’agences à l’étranger, dont le nombre n’a pas été précisé, le président de la République veut faire de cette compagnie aérienne un transporteur compétitif au niveau international, c’est-à-dire une compagnie qui gagne de l’argent.
Sarah Oubraham