Tribunal de Sidi M'hamed

CONVOCATION JUDICIAIRE D’AHMED OUYAHIA ET DE MOHAMED LOUKAL POUR DES AFFAIRES DE CORRUPTION : Grande foule devant le tribunal de Sidi M’hamed

À la suite de la convocation de l’ex-Premier ministre, Ahmed Ouyahia et l’actuel ministre des Finances, Mohamed Loukal par le tribunal de Sidi M’hamed, à Alger, pour «des affaires de dilapidation des deniers publics et de privilèges indus», des citoyens se sont rassemblés, hier, devant ce tribunal sis à Rue Abane Ramdane.

Les manifestants ont réclamé la justice et dénoncé la corruption. Il est utile de souligner, toutefois, que les deux concernés par la convocation judiciaire, ne s’étaient pas présentés devant le tribunal, contrairement aux attentes de la foule.
Juste en face de l’entrée principale du tribunal, des citoyens sont venus nombreux manifester leur colère contre l’ex-Premier ministre, l’une des figures du régime de Bouteflika et du système en place. Aussi, les protestataires ont scandé des slogans hostiles à Ouyahia en particulier et au pouvoir en général. «Vous avez construit des prisons, vous y rentrerez tous !», « Ouyahia, l’Algérie n’est pas la Syrie !», a-t-on entendu de la bouche des manifestants. Outre Ouyahia et Loukal, l’ex-ministre de l’Énergie et homme de Sonatrach a eu pour son compte. En effet le nom de Chakib Khalil est revenu. «Mazel mazel, Chakib Khalil», (il reste encore Chakib Khalil). Un message adressé aux juges et magistrats pour qu’ils ouvrent les dossiers de corruption «sans peur, ni crainte», dans ce contexte de revendication d’un changement profond dans le pays comme une «occasion à l’assainissement des affaires de corruption».
Selon un manifestant sur place, «les citoyens entendent prendre leur revanche sur Ahmed Ouyahia, l’homme des sales besognes. Cette personne a conduit le pays droit au mûr. Donc on espère que la justice fera son travail avec une transparence totale pour réhabiliter notre Algérie. Dans le passé, Ahmed Ouyahia a estimé que les Algériens devraient se passer du yaourt ! Ou encore lorsqu’il a dit «affames ton chien, il te suivra», ces deux déclarations nous ont fait beaucoup de mal, c’est pour cela que les manifestants ont souhaité voir Ouyahia devant le Procureur général», a-t-il rappelé allusion aux déclarations controversée tenues par l’ex-PM dans le passé.
Un autre, munis d’un panier plein de pots de yaourt, estime que «pour l’instant, il n’y a pas de détails sur les affaires ayant soulevé ces soupçons. Mais le fait que la justice a actionné sa machine pour des faits de corruption, cela peut nous rassurer. Espérons que tous les gens qui se sont enrichis par l’argent sale seront poursuivis par la justice. Pour moi Ahmed Ouyahia n’est que la façade tandis que la plupart des hommes d’affaires et détenteurs d’argent sont libres dans la nature.
Il est temps d’ouvrir les dossiers de corruption, au moins pour sauver le reste», et de poursuivre la plupart des jeunes sont aujourd’hui très conscients de ce qui se passe dans le pays.
Le système politique n’a aucune chance pour les piéger cette fois-ci. Quand vous entendez des slogans appelant à l’application de la peine de mort à l’encontre des gens corrompus, vous pouvez comprendre que la corruption n’a pas de place au sein de la société algérienne», conclura notre interlocuteur.
Med Wali