Bilan : le rideau est finalement tombé sur l’exercie 2015- 2016 de Ligue 1 « Mobilis »

Moyens sans plus

CR Belouizdad : Que de regret !
Au contraire de leur colocataire de la 3e place qu’ils partagent avec le même nombre de points (45 unités au comptoir), les banlieusards algérois ont donné, en tout début d’exercice, l’impression d’avoir retrouvé leur lustre d’antan. Que le grand Chabab était de retour. Avant de décevoir leurs supporters du «20 Août 55» en accouchant d’une dernière partie de championnat décevante pour ne pas dire catastrophique. Longtemps dans la peau de sérieux candidats à la course au titre en collant constamment aux basques du futur champion usmiste, les joueurs à Alain Michel ont manqué finalement de jus nécessaire avant de marquer singulièrement le pas et faire peur sur la fin même si les intentions y étaient toujours. Avec l’impression toutefois qu’un ressort s’était cassé quelque part. Qu’il leur manquait ce petit détail, les bons ingrédients pour réaliser l’objectif de terminer au minimum sur le podium. Une saison pour le moins ratée. La raison ? Bien simple. Celle d’avoir terminé la course de la plus mauvaise des manières en calant carrément sur la fin.

ES Sétif : Une saison à oublier ou presque
Quand on n’a plus que l’Afrique pour planer. Et c’est ce que, a priori, doivent se dire les « Aigles des Hauts-Plateaux » qui terminent à un tout petit point du podium, l’ancien champion, qui passe le témoin à l’USMA, s’en tirant finalement à moindres frais après avoir raté tous les objectifs assignés même, et fidèle à la tradition, s’il se distingue à nouveau en alignant une 3e participation consécutive à la phase de « poules » de la Champion’s league africaine à laquelle il s’est habitué. Et pour laquelle il repart avec la ferme intention de sauver sa saison en mettant l’habit qui lui va si bien de favori à la succession des Congolais du tout-puissant Mazembe. Celui bien sûr de refaire le détour de Ain El Fouara au plus prisé des trophées interclubs en Afrique. Des déboires à oublier alors? Oui en retrouvant l’air si frais de l’Afrique ce dont la bande à Hammar est assurément capable.

MO Béjaïa : Pouvait mieux faire
Mine de rien, les « Crabes », loin néanmoins du niveau de l’année dernière où ils décrocheront contre tout attente mais si brillamment la Coupe d’Algérie, accomplissent sans crier gare un autre exercice peut-être pas aussi tranquille administrativement, mais somme toute honorable en terminant la main dans la main (ex-æquo à la 4e place avec 44 points) avec leurs compères sétifiens qu’ils accompagneront en Afrique en phase de « poules » de la C2 africaine (coupe de la CAF) où ils font leur petit bonhomme de chemin sans bruit mais en faisant des victimes de choix, parmi lesquelles (excusez du peu !) les deux cadors tunisiens, le Club Africain et le prestigieux ES Tunis. Une formation qui se veut discrète mais qui se révèle, encore une fois, malgré des problèmes à l’interne, efficace dans les grands rendez-vous. Que lui manque-t-il pour se transformer en incontestable grand de Ligue1 ? Peut-être plus de sérénité. On peut malheureusement craindre pour cette sympathique équipe pour le prochain exercice avec la succession de sorties africaines et l’annonce (à vérifier) d’un départ massif de ses cadres. A la direction de réagir et vite.

DRB Tadjenanet : De la frustration
Pour son coup d’essai parmi l’élite, le nouveau promu a fait du chemin en passant à côté d’un authentique exploit. Celui de le transformer en coup de maître et de terminer (entre nous, personne n’aurait crié au scandale) largement sur le podium. Aurait pu aspirer à mieux que de jouer l’apprentissage du «haut » (appréciez toujours les guillemets) niveau. De bon cru que cette formation drivée par un coach (Bougherara pour ne pas le nommer) très travailleur et qui fait son chemin. Qui a su monter un groupe aussi courageux que généreux dans l’effort. Auquel il manquait plus de l’expérience que du talent. Qui saura, on le souhaite vivement pour avoir donné bonne impression, tirer les leçons d’un exercice positif pour combler ses lacunes, repartir en septembre du bon pied et confirmer ses intentions. Confirmer qu’il a sa place dans la cour des grands. Jouer tout simplement aux grands.

Ils évitent le pire

CS Constantine : En dents de scie
Pour ne pas faillir à une fâcheuse tradition, le Chabab constantinois continue de dérouter ses milliers de fans en accouchant de copies invraisemblables. En alternant le très bon, le moins bon puis le franchement pire. Mauvais élève que l’actuel CSC qui a curieusement tout pour réussir et aspirer à mieux que de jouer constamment son avenir en Ligue 1 à la roulette russe. A se faire peur avant de sauver sa peau in extremis. Un CSC des plus irréguliers et qui repart chaque année avec de bonnes intentions. En affichant ses intentions de jouer les premiers rôles avant de se rater. Manquer ses objectifs et passer à côté de son sujet. Avec quelle mission repartira-t-il pour 2016-2017 ? On peut parier que, côté tribunes, personne n’osera parier ou le croire quand il assènera à nouveau qu’il fera mieux. Fournira plus d’efforts pour honorer ses promesses de voler haut à nouveau.

USM Harrach : Le poids insoutenable des crises internes
Une équipe qui fait l’unanimité autour de son talent et qui, de l’avis des spécialistes et observateurs, pratique le meilleur football du pays. Qui mérite donc mieux que ces secousses cycliques qui le minent de l’intérieur et l’empêchent de grandir. De jouer (un effectif qui a les moyens techniques pour) à fond ses chances de titre. El Kahla toujours aussi séduisante et à laquelle on ne peut demander plus et qui désespère (à cause d’éternelles guéguerres entre dirigeants) d’exploiter toutes ses capacités sur la route de la reconnaissance. Des résultats qualifiés d’honorables au vu de la conjoncture particulière qu’elle traverse mais dont on attend curieusement toujours plus. L’USM Harrach ? La frustration faite règle. Malheureusement…

MC Oran : Une autre saison sans
Un sigle qui n’en finit plus de dérouter. A commencer par ses fans qui ne comprennent rien sur ce qui se passe dans une maison hamraouie où direction et opposition se mènent une guerre sans merci à distance et aux secousses multiples. C’est le groupe qui en pâtit et les résultats négatifs qui suivent. C’est également les objectifs qui sont réduits à leur plus simple expression, l’équipe jouant paradoxalement, à chaque exercice que Dieu fait, pour sa survie. Peu de prétentions et l’impression pas si bizarre que cela que du côté du stade Zabana, on ne retient jamais les leçons dès lors que tout se joue en tête de la direction, la guerre de clans faisant à nouveau rage. Annonçant d’autres reproches, pour ne pas dire flops. Départ annoncé de son président, Baba, en passe de céder à la pression et de jeter l’éponge. Pour dire qu’en septembre, c’est un autre MCO, aussi moribond, qu’on retrouvera en flagrant délit de sauvetage de dernière minute. Résultats mitigés.

NA Hussein Dey : Du bon et des promesses
«Ennasria», comme on l’appelle si affectueusement du côté du Boulevard Tripoli, a rendu une copie plutôt acceptable. Avec 10 succès, 10 nuls et 10 défaites (un chiffre symbolique pour une saison tout aussi chargée de symboles et annonçant un retour au 1er plan dans ses cordes), a fait le boulot d’autant plus convenablement qu’elle a su rebondir et boucler le reste du programme sur une note positive suggérant qu’elle possédait les moyens humains d’aspirer à un meilleur classement après avoir longtemps charmé Dame Coupe qui décidera finalement de choisir, à l’issue d’une finale équilibrée, le voisin mouloudéen. En somme, des nahdistes bien dans leur rôle d’outsider et à la hauteur des espérances. A la mesure d’un coach (Bouzidi, qui aura été sans conteste le meilleur en Ligue1) aux idées bien arrêtées et qui les mènera parmi les meilleurs quand bien même ils peuvent s’estimer déçus d’être passés à côté d’une meilleure copie. Des nahdistes qui partent en vacances l’esprit tranquille. Surtout après s’être imposés en rois d’Alger pour s’être (ils n’ont concédé aucune défaite dans leurs duels au «5 Juillet», avec notamment deux victoires devant le MCA et l’USMH) contre trois nuls face à l’USMA, le CRB et le MCA) très bien débrouillés lors des derbies de la capitale. Bilan moyen pour une équipe en mesure de faire mieux. Pouvait mieux faire.

MC Alger : La Coupe pour oublier
Le Doyen qui retrouve une seconde jeunesse grâce à l’épreuve-reine et se remet à rêver d’un autre standing. Fait à nouveau rêver son peuple d’un statut africain en se préparant dès maintenant pour ne pas rater son retour sur la scène continentale. Le Mouloudia qui se donne de nouvelles opportunités, s’ouvre des perspectives futures. En sa faveur, il a su se relever (la Coupe pour le dire et le confirmer), même s’il a pris un nombre incalculable de coups tout au long d’un autre exercice à gros soucis. Une formation des plus Irrégulières qui devrait apprendre à se montrer moins bavarde (ses joueurs parlent un peu trop, sont omniprésents dans les médias et devraient se concentrer sur le seul terrain où ils ne se sont pas montrés souvent à leur avantage en se consacrant au seul maintien et en évitant de peu la relégation) s’ils veulent redevenir le grand MCA d’antan. La prochaine saison, placée sous le signe du retour, nous en dira un peu plus. Attention quand même à la marche. Il y a des sigles, comme ça, qui se banalisent en se trouant à chaque fois !

RC Relizane : Le mal était-il administratif uniquement
Ceux qui se sont posés des questions quant à la solvabilité du nouveau promu ne se sont pas tellement trompés. Un club à la dérive, lâché par ses dirigeants et qui est allé chercher au fond de lui-même, de la volonté de ses joueurs pour redresser la barre aux tout ultimes instants d’un exercice où ils n’auront que très rarement convaincu. De la confiance et plein d’autres choses, il leur en a fallu pour éviter la sanction suprême. Un billet pour l’ascenseur et un aller sans retour en Ligue 2 qu’ils ont quittée il y a une petite année. Les meubles sauvés, le « Rapid » n’a pas, loin s’en faut, mérité son nom car toujours en retard à l’allumage. Entré finalement sans casse majeure en gare, le train relizanais est appelé à revoir sa copie s’il veut éviter un dérapage dangereux. Une bonne leçon qu’il faudra bien retenir s’il veut survivre au « haut » niveau. Attention danger, quand même. Va falloir se ressaisir.

Ils sont invités à aller voir ailleurs

USM Blida : A méditer
A différentes périodes de la saison, malgré une incapacité manifeste à suivre la caravane de la Ligue1, les Blidéens donnaient l’impression de pouvoir s’en sortir. De la bonne volonté (qui n’aura pas suffi) et rien en plus. Suffisant pour se joindre au tandem Arba- ASMO dans leur exclusion. Comme pour ses deux infortunés accompagnateurs, la leçon sera-t-elle retenue ? Bon vent et du courage pour le club phare de la ville des Roses qui n’aura finalement offert que des épines à ses supporters. Une saison estivale pas de tout repos, il va sans dire, et une USMB appelée à trouver sa voie ailleurs. En D2 et son enfer. Elle en connaît un bout et sait ce qui l’attend. Ce qu’elle doit faire pour assurer la remontée.

RC Arba : Graves problèmes de famille
Les crises successives auxquelles a dû faire face le sigle ont sonné comme le clap de fin pour une formation dont le mérite a été de marquer son accession en élite par un parcours encourageant en championnat agrémenté d’une place de finaliste. Une équipe qui a vécu un vrai calvaire, le cauchemar permanent. Redouble malgré un gros potentiel. La faute à une gestion désastreuse. Une équipe apparemment pas au bout de ses peines et qui risque de passer un été des plus mouvementés avec une saignée en règle qui s’annonce, la majorité de l’effectif préparant ses valises et montre une envie débordante de changer d’air.

ASM Oran : Un exemple de gâchis
«El Djamiîa» dans la peau de lanterne rouge. C’est pourtant vrai même si c’est dur à croire pour une des plus attachantes formations de notre football. Un football qui ne reconnaît pas les siens. Constamment dos au mur, l’école oranaise a fini par baisser pavillon et accepter son sort. Celui de mettre le bonnet d’âme, de dernier de la classe en ratant nombre d’examens pourtant largement à sa portée. Fini par ne pas (quel paradoxe !) mériter sa place et glisser un étage en dessous. Trop de relâchement et de copies illisibles. A.A.