Opep

APRÈS PLUSIEURS NÉGOCIATIONS : Réunion de l’OPEP+ aujourd’hui

Prévu initialement le 9 et le 10 juin, le sommet de l’OPEP+ se tiendra finalement, aujourd’hui (heure algérienne), par le moyen de visioconférence. Alors qu’elle avait été avancée au 4 juin, cette rencontre, que présidera l’Algérie, a été reportée sine die en raison des négociations sur la prolongation de production qui peinaient.
Le décalage n’aura été finalement que de 24h, ce qui laisse présager aux marchés que la coupe de production de 9,7 millions de barils par jour, décidée en avril pour soutenir les prix, devrait être étendue de deux ou trois mois. Un moindre mal alors que la demande de pétrole en 2020 devrait chuter en moyenne de plus de 9 millions de bpj (projections Opep), et que l’impact du coronavirus sur l’économie mondiale reste toujours difficile à évaluer. À noter que l’évolution des cours du pétrole ce week-end dépendra donc du niveau d’engagement convenu par l’Opep+ à l’issue de sa rencontre. Si la Russie et l’Arabie saoudite plaident pour la poursuite de ces quotas, d’autres Nations, comme l’Irak et encore une fois le Mexique, seraient moins disposées à poursuivre les efforts consentis depuis le début du mois de mai. En cas d’échec, le niveau de réductions de production devrait repasser à 7,7 millions de bpj à partir de juillet et jusqu’à la fin décembre, comme le prévoit l’accord convenu en avril. Celui-ci fixe ensuite une coupe de 6 millions de bpj jusqu’à la fin avril 2022. La perspective d’un prolongement de l’accord de l’Opep+ sur leurs quotas de production de brut a renforcé la tendance : sur cinq séances glissantes, le baril de brut américain (en données cash) a bondi de plus de 14%, et celui du Brent européen de 7,8%. S’exprimant jeudi, à propos de cette rencontre, le ministre de l’Énergie Mohamed Arkab, a fait savoir qu’elle portera sur l’évaluation des engagements de chaque partie concernant l’accord de réduction de la production et la poursuite de cette coopération fructueuse. Il a relevé, à cet effet, des indicateurs positifs concernant le niveau d’application des parts de réduction convenus pour tous les pays dans le cadre du groupe Opep+, soutenus par des réductions spontanées de la part de la Russie, de l’Arabie saoudite, des Émirats arabes unis et du Koweït, débouchant ainsi sur « des résultats positifs ressentis récemment dans le redressement des cours ». Comme prévu, le déconfinement dans plusieurs pays en Asie et en Europe, outre l’application stricte de l’accord de réduction (9,7 millions de barils/jour en mai et juin) ont grandement contribué à la tendance haussière des cours, a ajouté le ministre qui prévoit la poursuite de ce redressement en parallèle avec la reprise progressive des activités économiques notamment dans le secteur des transports. À une question sur l’impact des difficultés financières sur les projets du secteur, le ministre de l’Énergie a affirmé que leur réalisation se fera en fonction de la priorité accordée à chaque projet, soulignant que le secteur «ne rencontre aucun problème en matière de parachèvement des projets en cours de réalisation ». Il a ajouté que le ministère avait reprogrammé ses projets en fonction des capacités financières disponibles, en accordant la priorité aux projets à valeur ajoutée à l’image des trois raffineries de Hassi Messaoud, Tiaret et Biskra, devant propulser pour la première fois l’Algérie dans les marchés mondiaux des produits pétroliers.
Ania N.ch.