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Amateurisme et bricolage dans certains chantiers : Des travaux d’aménagement créent la pagaille à Alger

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Nids-de-poule, crevasses, fossés, dos-d’âne anarchiques, tel est l’état de nos routes aujourd’hui. Un constat amer vécu avec amertume par la population et les usagers en particulier. Les automobilistes notamment trouvent du mal à supporter le calvaire que leur offre l’état de certains chantiers, lancés depuis plus de six mois pour certains, voire une année pour d’autres, et dont les travaux ne sont pas menés à terme et dans les délais impartis.

Reportage réalisé par Mehdi Isikioune

À Souidania, par exemple, des travaux d’aménagement et de réfection ne finissent pas, les routes menant à l’entrée de cette agglomération sont pratiquement cabossées et les automobilistes font face souvent à une chaussée dégradée. De même, l’état des chemins et autres ruelles à « Kantina » laisse à désirer : « Comme vous le voyez, l’état des routes est déplorable à cause des chantiers qui n’en finissent pas et la surcharge des camions qui dégrade les routes », nous fera savoir Brahim, 26 ans, résidant à Souidania. Il ajoutera: « Comme vous le savez, la surcharge de véhicules accélère le vieillissement et l’usure des chaussées » : « Nous craignons le pire, notamment durant la période des grandes averses où la plupart des routes deviennent impraticables», s’interroge un habitant de la région. Et de poursuivre : « Cette détérioration de la chaussée cause des embouteillages des plus harassants ». Du côté de la route menant vers « Reouadja », aussi des travaux d’installation de conduites d’eau effectués par des propriétaires et des dos-d’âne encastrés ont carrément défiguré les ruelles, a-t-on constaté sur place, en empruntant ces ruelles.

Routes dégradées : l’éternel problème !
Des habitants rencontrés dans certains quartiers à Souidania livrent leurs impressions immédiates. Ils ne cachent pas leur désarroi, soulignant que : « l’abondance des pluies qui se sont abattues ces derniers temps a fortement perturbé le trafic routier de la région ». Ils ont également signalé certains dérapages de véhicules et qui auraient pu être catastrophiques pour la vie des personnes à bord.
D’autre part, certains habitants estiment qu’aucun boulevard, aucune avenue, aucune rue, aucune ruelle à Alger n’est épargné par ces travaux d’aménagements à la traine : « Parfois on trouve des voies d’accès dépourvues de trottoirs ou bien on trouve de la saleté généralisée et des conduites d’eau et d’assainissement éclatées, c’est un énorme gâchis !», ont-il regretté.
Également sur la route de Douéra, nous avons constaté, lors de notre virée en voiture, des crevasses et des nids-de-poule et autres fossés caractérisant cet axe routier. La chaussée est totalement délabrée, pleine de trous et de crevasses, notamment à la sortie des chantiers. Aussi, les dernières pluies qui se sont abattues, sur cet axe ont détérioré encore plus cet accès, nous dira, Bachir, 68 ans, un ouvrier dans une ferme agricole à côté d’un chantier d’aménagement. Et de poursuivre : « Les pluies torrentielles qui se sont abattues, dernièrement ont entraîné une élévation du niveau d’eau sur les routes, et toutes les crevasses ont été remplies d’eau », a fait savoir notre interlocuteur.
À la sortie de la commune d’Ouled Fayet, les travaux portant rénovation des installations d’électricité agacent également les automobilistes passant par cet axe routier. Ils dénoncent, en effet, l’amateurisme et le bricolage de ces travaux, s’ajoute à cela la présence de trous laissés à l’abandon depuis plusieurs jours. Un résident de la ville s’indigne, à ce propos, en disant qu’il fallait procéder à la réhabilitation des routes pour assurer une meilleure circulation du trafic et réduire les dangers au lieu d’entamer des chantiers qui se démarrent et qui n’aboutissent jamais.

Une horloge arrachée et des trottoirs confisqués
À la place « Fouara » à Belouizdad, nous avons constaté que cette dernière était complètement défigurée par les travaux. Selon un habitant du quartier, cette placette était ornée, auparavant d’une horloge appelé « Les quatre horloges » : « Malheureusement les autorités l’ont arrachée, ils nous ont laissé un cratère pour l’admirer à sa place », a-t-il fulminé. De même, lors de notre passage, avant-hier à Belcourt, nous avons remarqué que les trottoirs ont été confisqués, défoncés et laissés à l’abandon : « Un défi à relever », estime Kader, 38 ans, un pharmacien, résidant à Belouizdad, précisant, ainsi que « les dalles sont arrachées, les personnes ne peuvent pas passer  », a-t-il regretté. Avant d’ajouter : «comme vous le voyez, les trottoirs sont dans un état déplorable, il faut que les autorités entament une opération de réfection de ces lieux».
Les habitants du quartier, incommodés par cette situation, nous précisent, dans ce cadre, que les surfaces consacrées aux piétons ont été pratiquement décapées, déplorant, d’autre part, que les rues et les trottoirs soient jonchés aussi de sacs d’ordures, de débris et d’objets personnels : « C’est vraiment une catastrophe ! », ont-ils dénoncé. Et de poursuivre: « La vétusté des immeubles et le délabrement des trottoirs sont devenus une empreinte descriptive de la ville ».
Rencontré, avant-hier, à la placette de Belouizdad, un vieux qui voulait marcher sur le trottoir pour aller au marché Tnach (Midi) en évitant le passage des voitures, nous dira qu’il a rencontré énormément de difficultés pour passer de l’autre côté de la rue  : « Comme vous le voyez, ce trottoir est impraticable, je ne peux même pas marcher, tellement il est dans un état lamentable ! », s’indigne-t-il , tout en affirmant, d’autre part, que les trottoirs, dans certains quartiers sont quasi inexistants. Notre interlocuteur répliquera d’emblée, que certains automobilistes ont tendance, aussi à rouler sur les trottoirs : « Ce qui les dégrade encore», fera-t-il encore remarquer.

Rouler ou marcher entre LES échafaudages ou la véritable corvée
Le cœur de la capitale, notamment à la rue de Bab Azzoun, continue d’être un chantier ouvert ; y circuler est une véritable corvée devant un ensemble d’échafaudages qui font, désormais, partie du paysage urbain de la ville, installés depuis plusieurs mois. Selon les habitants de ce quartier, ces chantiers avancent à un rythme très lent : « Cette situation pénalise les piétons et les conducteurs d’automobiles », a indiqué un commerçant interrogé, tout en soulignant : « d’autant plus que les ruelles sont étroites et très fréquentées par et passants ».  « Ces chantiers n’en finissent pas ! », peste un passant. Un autre citoyen, qui ne cache pas son étonnement par rapport à cette situation, affirme carrément que certains chantiers sont abandonnés, donnant une image mortelle de la place, s’ajoutent à cela les travaux de creusement sur les trottoirs, a-t-il martelé encore. Toutefois, il dénonce la pollution qui règne dans les lieux : « On ne peut pas ouvrir la fenêtre tellement la poussière est omniprésente », a-t-il ajouté, ce dernier nous fera savoir, par ailleurs, que : « dans ces chantiers on trouve de tout , des grillages, des tubes de fer, du sable, des matériaux de construction, des morceaux de bois, des cartons, jetés en dessous de ces échafaudages encombrant, par conséquent, les placettes et les ruelles ».
D’autres citoyens dénoncent, entre autres, la situation cauchemardesque générée par ces chantiers, disant à ce sujet : « Nous demandons aux autorités de faire vite pour l’achèvement de ces projets ».
En effet, au même endroit, plusieurs bâtisses sont défigurées par des tubes métalliques) servant à tenir les échafaudages. Selon des témoignages recueillis sur les lieux, ces chantiers qui prennent en charge des bâtisses, ont été installés depuis plusieurs semaines, voire plusieurs mois. Un des commerçant, rencontrés à Bab Azzoun, nous affirmera, dans ce sillage, qu’il ne peut pas pratiquer son activité commerciale comme il le faisait auparavant. Aussi, certains habitants, apostrophés, ne comprennent pas l’utilité de ces travaux, d’autant plus que ces chantiers empêchent parfois les citoyens de circuler librement, tout en exprimant leur ras-le-bol de voir des placettes entièrement assiégées avec des panneaux de zinc ou avec des bâches noires en nylon.
En conséquence, des milliers de passants, de véhicules et de commerçants ne peuvent pas circuler librement. Il faut, souligner, dans ce contexte, que certains boulevards et ruelles à Alger, notamment à Bab El-oued, sont inaccessibles aux passants à cause de ces échafaudages, comme : le front de mer (Boulevard Mira), les arcades au Boulevard «Abderrahmane Taleb», du côté du marché « Nelson » et de la mosquée Ketchaoua.
M. I.

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