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AMAR BELANI AVERTIT RABAT ET ALERTE L’ONU : Le Maroc « alimente dangereusement » l’escalade de la tension dans la région

L’Envoyé spécial chargé de la question du Sahara occidental et des pays du Maghreb au ministère algérien des Affaires étrangères et de la Communauté nationale à l’étranger, Amar Belani a déploré, hier, l’entêtement du Maroc à persévérer dans sa fuite en avant et son aventurisme, une démarche qui «alimente dangereusement » l’escalade de la tension dans la région.

Pour le diplomate algérien, le royaume marocain, qui ne rate pas une occasion pour dire qu’il est attaché au processus politique et son soutien aux efforts des Nations unies visant à trouver une solution pacifique au conflit du Sahara occidental. Dans la réalité, notamment depuis le 13 novembre 2020, «  les autorités marocaines violent quotidiennement les accords militaires signés par les deux parties au conflit, (Front Polisario et Maroc : ndlr) et endossés par le Conseil de sécurité ».
Dans sa fuite en avant, ses tergiversations et manœuvres pour faire perdurer son occupation illégale au Sahara occidental, le royaume marocain use d’armes sophistiquées pour commettre des crimes en dehors de son espace géographique reconnu par l’ensemble des pays à travers le monde. Pour l’ex-ambassadeur de l’Algérie à Bruxelles, « les autorités marocaines conduisent des actes de guerre à l’est du mur de sable et commettent des assassinats extrajudiciaires ciblés, visant des civils », par l’utilisation, poursuit-il dans sa déclaration, hier, «  de systèmes d’armes sophistiquées en dehors de leurs frontières internationalement reconnues », a dénoncé Amar Belani.
Persistant dans sa politique de fuite en avant, non sans conséquences gravissimes sur la région et dont sur la paix et la sécurité internationale, il souligne que Rabat excelle dans sa politique de répression et de violation des droits de l’homme des sahraouis, des territoires occupés du Sahara occidental, dernière question de décolonisation en Afrique, inscrite sur l’agenda de l’ONU et de l’Union africaine (UA).
En plus de son refus à se plier à la légalité internationale pour le règlement du conflit qui oppose Rabat a Front Polisario, sur le Sahara occidental, pour Amar Belani « les autorités marocaines durcissent, à l’extrême, leur politique planifiée de répression et de violations systématiques et massives des droits de l’homme dans les territoires sahraouis occupés » non sans manquer de rappeler le dernier rapport, qu’il qualifie d’« accablant » de Human Rights Watch qui met, a-t-il poursuivi, « à nu le caractère brutal et illégal » des méthodes employées par la puissance d’occupation marocaine, dans sa féroce répression des militants sahraouis, à l’instar du calvaire quotidien du blocus infligé à la militante Sultana Khaya et sa famille, à titre d’exemple. Un système colonial marocain d’oppression et de violations des droits des Sahraouis, que Rabat tente de cacher aux yeux du monde en vain, par le blocus médiatique et diplomatique qu’elle impose, par son refus de permettre à des ONG, avocats, députés, juristes, journalistes… etc. de se rendre aux territoires sahraouis sous occupation marocaine.
Conscient de son bilan sinistre en matière de respect des droits de l’Homme et de l’opposition fondamentale entre un système politique d’occupation et les droits de l’Homme, pour l’ex-ambassadeur de l’Algérie à l’ONU, « le royaume du Maroc est le seul État membre de l’Union africaine qui refuse de ratifier la Charte africaine des droits de l’homme, et des peuples ». Une posture marocaine qui vise, affirme Amar Belani, « à bloquer l’envoi d’une mission d’établissement des faits dans les territoires sahraouis sous occupation marocaine », et ne pas avoir, poursuit-il, « à rendre compte des violations préméditées, planifiées, flagrantes et systématiques à l’encontre des citoyens sahraouis».
Pour Belani, cette situation dramatique qui prévaut dans les territoires sahraouis occupés,  pose, avec acuité, la question de « l’élargissement du mandat de la Mission des Nations unies pour le référendum au Sahara occidental (Minurso) » pour permettre à la mission onusienne, à l’instar de toutes les autres missions de l’ONU, déployées dans le monde de suivre, de superviser et de documenter la situation « catastrophique » en matière de respect des droits de l’Homme dans les territoires sahraouis occupés. Rappelant que le SG de l’ONU, Antonio Guterres, « ne cesse d’appeler, en vain dans tous ses rapports successifs, qu’une surveillance indépendante, impartiale, complète et soutenue de la situation des droits de l’homme est nécessaire pour assurer la protection des habitants du Sahara occidental », il déplore que ces appels restent sans suite, à ce jour. S’agissant de la question de décolonisation du Sahara occidental, et les allégations « éculées »que ne cesse de recycler l’appareil grippé de la propagande de ce pays quant à un prétendu « conflit régional ». Le SG de l’institution onusienne a brisé définitivement, lors de sa dernière conférence de presse, « cette fiction » marocaine en singularisant clairement la responsabilité des « deux parties » au conflit, en l’occurrence le royaume du Maroc et le Front Polisario, que l’envoyé personnel pour le Sahara occidental, Staffan De Mistura a rencontré, lors de son déplacement, à Rabat, où il a rencontré le MAE Nasser Bourita avant de se rendre aux camps des réfugiés sahraouis, et où il a rencontré les responsables du Front Polisario, à leur tête son Secrétaire général, Brahim Ghali. L’ex-ambassadeur de l’Algérie auprès de l’ONU rappelle que les allégations marocaines ont encore une fois été battues en brèche, déclarant que « le porte-parole du SG de l’ONU a enfoncé le clou, en démentant catégoriquement l’existence d’enfants soldats dans les camps sahraouis », objet de campagnes de presse récurrentes véhiculées, a poursuivi Amara Belani «à l’international, par certaines ONG et supports électroniques à la solde des chancelleries marocaines», a rappelé l’Envoyé spécial chargé de la question du Sahara occidental et des pays du Maghreb au ministère de Ramtane Lamamra.
Karima Bennour